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 We are all special cases | ft. Aislinn

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Clarence Birdwhistell
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : Nao.
CREDITS : ava. (c) DΛNDELION| icons (c) vocicus | signa (c) endlesslove
FACE : Tom Hiddleston
DOLLARS : 305
SACRIFICES : 70
PORTRAIT :
ANNEES : La quarantaine frappe, mais il ne la rejette ni ne la craint. La crise du quart de siècle a fait ses ravages, mais celle de la quarantaine ne vient pas. Forty is the new thirty, they said.
CŒUR : La solitude, l'abandon soudain. Veuf d'une femme trop douce pour lui. En grève d'amour depuis, la culpabilité le rongeant, il est marié à son travail, dévoué à ses enfants.
DIVINITÉ/CRÉATURE : {Gwydion} Trickster celtique. Dieu de la magie, de la science et de la poésie. Puissant sorcier, maître des illusions.
TALENT(S) : Illusions (visuelles, auditives, olfactives) + vérité occulaire
OCCUPATION : L'homme à la caméra. Amant des mots.
GENÈSE : Primus. Troisième phase.
TALON(S) D'ACHILLE : Ses enfants ; qu'il protège, qu'il craint toujours de perdre. Deuil ; qui s'éternise, qui paralyse.
JUKEBOX : Zenith (Ghost) | Knights of Cydonia (MUSE) | Ballad of a Poet (Our Lady Peace)
RUNNING GUN BLUES :
« I solemnly swear that I am up to no good. »
MessageSujet: We are all special cases | ft. Aislinn   Sam 12 Mai - 9:52



we're all special cases
Clarence & Aislinn

«When I was young I asked more of people than they could give: everlasting friendship, endless feeling. Now I know to ask less of them than they can give: a straightforward companionship. And their feelings, their friendship, their generous actions seem in my eyes to be wholly miraculous: a consequence of grace alone. »
Un bac en plastique bleu sous le bras, tu parcours le salon en ramassant chacun des jouets qui traînent encore. Pour que personne ne marche sur un lego abandonné et ne meurt donc dans d’atroces souffrances, tu t’improvises fée du ménage. Sans vraiment t’en rendre compte, tu sifflotes le générique d’un dessin animé abrutissant. Ça t’emmerde ces trucs-là ; c’est que ça te reste toujours coincé dans la tête. Les enfants dorment – et tu n’as aucune idée d’où est passé Timothy, il ne répond pas à tes SMS incessants. Tu soupires. C’est le calme plat dans l’appartement et tout ce qu’on peut entendre, c’est la télévision qui murmure les informations. Un camion jaune entre les mains, tu jettes un œil à l’écran pour lire les sous-titres. Les sourcils froncés, un grommellement qui s’échappe de ta bouche. Rien ne va plus dans le monde. Ça ne t’étonnerait pas de te réveiller un matin en pleine troisième guerre mondiale. Tu jettes le camion avec ses compagnons made in China ; le bruit du plastique qui se heurte est agressant, sur le coup. En passant à côté du téléviseur, avant d’escalader deux par deux les marches de la mezzanine pour aller y déposer le bac à jouets, tu l’éteints.

Désormais, le silence règne en vainqueur. Il t’écrase, t’oppresse.
Dieu merci, il ne reste plus grand temps avant que ton amie n’arrive. Tes épaules sont plus légères, tes muscles se décontractent. Elle te manque, cette époque où le silence était une compagne agréable. C’est toujours pire lorsque tes journées t’ont épuisé, qu’elles ont été ponctuées par des interventions d’imbéciles ou des trucs qui ne se sont pas passés comme tu les avais prévus. Après, tu ne peux pas te défiler ; faut que tu rentres, que tu gères les devoirs, les disputes, l’ado insolent…  Une fichue médaille, c’est ce que tu mérites. Ou un cookie, au moins. C’est bien, un cookie.
Bref, aujourd’hui s’était passé comme ça. T’as l’air épuisé, on ne peut pas le nier. T’as dénoué ta cravate pour mieux respirer, t’as les cheveux en bataille parce que t’as d’autres problèmes auxquels penser, en ce moment. Genre le SMS qui fait vibrer ton portable : « c pa de t affair ou je sui ».  Qu’il se réjouisse, cet enfant du malheur, que tu ne saches pas où il se trouve, sinon il aurait vite compris que ce sont effectivement de tes affaires tant et aussi longtemps qu’il sera mineur.
Lève les yeux au ciel, inspire un bon coup ; t’es dans la cuisine, le nez dans ton armoire à vin pour déterminer lequel – ou lesquels, soyons réalistes – irait le mieux avec les fromages que t’as choisi. Quelques secondes passent, t’en tires deux du porte-bouteilles et tu vas les déposer sur la table en refermant la porte avec ton pied.

Alors que tu t’occupes de sortir deux verres à vin de l’armoire, la sonnette te fait sursauter. C’est un miracle que tu n’aies rien échappé, mais tu n’as pas l’esprit tranquille. Probablement parce que tu t’attends à devoir faire de la discipline si c’est ton fils qui a encore oublié ses clés. Dieu sait à quel point t’as envie de tout sauf de te prendre le chignon avec lui. Tu traînes des pieds jusqu’à la porte, jettes un œil au petit écran qui te montre qui est de l’autre côté. Un vague sourire étire tes lèvres. T’es rassuré, un peu.
Quand t’invites Aislinn à entrer, ta moue est un peu désolée. T’aurais peut-être dû arranger tes cheveux ou renouer ta cravate, mais tu n’avais pas la tête à ça. Habituellement, tu ne te montres à personne dans ce genre d’état, ça piétinerait ton orgueil. Mais elle connaît ta situation et ce n’est pas la première fois que tu lui ouvres la porte l’air aussi fatigué. « Tu m’excuseras pour le désordre. », ricanes-tu en faisant référence à ton allure. Parce qu’évidemment, ton appartement est vraiment impeccable. T’as ton propre gang de cinq nains pour gérer ça.  Même si elle aurait très bien pu se débrouiller toute seule, tu la guides jusqu’au salon. « Installe-toi, je reviens dans cinq minutes. »  Lâches-tu en coup de vent alors que tu retournes dans la cuisine. Le chat se charge à ta place de tenir compagnie à la dame pendant que tu te dépêches à rassembler le nécessaire. Quelques minutes plus tard, tu reviens avec un plateau sur lequel reposent quelques fromages, des raisins, des craquelins, deux couteaux à fromage et les deux verres à vin. Sous le bras, t’as la bouteille. Tu déposes le tout sur la table de salon. « Rassure-moi : ta journée a mieux été que la mienne ? »  Là, maintenant, t’aimerais penser que demain c’est le week-end. Mais le week-end n’existe pas vraiment dans ton métier. Demain, tu te lèveras, tu rentreras au boulot et tu gèreras les mêmes putains de problèmes qu’aujourd’hui.  Si t’étais un jouet en plastique ou un môme, t’aurais couiné. Un sourire à nouveau brodé sur le visage, tu t’assieds sur le canapé.

(c) DΛNDELION

_________________


Your zenith fades into eternity.
Clarence ☽ We conquered a magic, we counted the stars. Deciphered the clockwork, enacted this farce. Devoured by shadows, we cling to the light. Deluded by wisdom, the bringer of night.
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Aislinn O'Reilly
- GODS BLESS AMERICA -
BLAZE : honey.moon
CREDITS : lux aeterna (avatar), eylika (icons), atlantis (bann), rex corvus (awards)
FACE : jessica chastain
DOLLARS : 506
SACRIFICES : 594
PORTRAIT :
ANNEES : 40
CŒUR : pris dans les flots de l'Océan
DIVINITÉ/CRÉATURE : airmed, déesse celte des plantes médicinales ; guérisseuse, empoisonneuse, enchanteresse
TALENT(S) : phytokinésie / superphysionomie
FACTION : neutre
OCCUPATION : herboriste - fleuriste - produit des drogues divines (propriétaire d'Emerald Garden)
GENÈSE : primus - stade 4
TALON(S) D'ACHILLE : la tarte au citron - ned - les enfants
JUKEBOX : Coldplay - Always in My Head
RUNNING GUN BLUES :


THE ONLY EXCEPTION
And up until now I had sworn to myself that I was content with loneliness. Cause none of it was ever worth the risk, but you are the only exception. Ive got a tight grip on reality but I can't let go of what's in front of me here. I know you're leaving in the morning when you wake up ; leave me with some proof its not a dream.


ANGER AND TEARS
Is that all that's left us after hating all these years? In a house full of anger and a heart full of tears


JOLINN
I'm begging of you please don't take my man. Please don't take him just because you can ♫

Je t'aime Jojo:
 


FAMILY PORTRAIT
Can we work it out, can we be a family?


POISON IVY
They used to call me Poison, like I was Poison Ivy. 'Cause I was filled with poison, but blessed with beauty and rage


EMERALD GARDEN

MessageSujet: Re: We are all special cases | ft. Aislinn   Sam 19 Mai - 9:11

we're all special cases.

Clarence Birdwhistell & aislinn o'reilly.

Sa journée de travail achevée, la tombée de la nuit la porte vers des projets autrement plus plaisants. Pas d’heures supplémentaires au magasin jusqu’à minuit. Pas de production hâtive jusqu’au petit matin pour tenir les délais. Juste la satisfaction de retrouver un ami véritable, fait suffisamment rare pour le noter sur un calendrier.
Et l’ami en question, il lui semble justement ne pas l’avoir revu depuis longtemps. Trop occupée, trop fatiguée, et toujours la tête accaparée par les ennuis, les problèmes à résoudre, les plans à échafauder.
Ce soir, elle s’est refusée à dire non. Acceptant de lâcher prise, et craignant que ses rejets d’invitation ne se transforment en habitude. C’est qu’il est trop précieux pour prendre le risque de le perdre. Tout comme leurs moments privilégiés, ponctués de confidences, de rires et de passions partagées.

Les bras chargés d’offrandes et de victuailles, elle emprunte l'ascenseur de l’immeuble qu’elle connaît trop bien. Et repense aux soirées précédentes, plus fréquentes ici qu’à l’extérieur, où ils tâchent de ne pas s’afficher à outrance en raison des allégeances contradictoires. Quelques fois un spectacle, de temps en temps un opéra. Jamais plus de restaurant depuis qu’elle est de retour dans sa ville de naissance. Mais ils n’ont pas besoin de ça pour se détendre et passer les meilleurs des moments. Chez elle ou ici, quelques fois loin d’Arcadia, sans ou avec les enfants, ils sont toujours les bienvenus et toujours salvateurs. L’index pressé sur la sonnette, elle pousse un soupir de soulagement.

Malgré sa respiration saccadée, la sueur qui perle à son front d’avoir tant porté de charge jusqu’à l’appartement, il fait bon revoir ce visage convivial sur lequel s’ouvre la porte d’entrée. Chaleureusement invitée, elle franchit la limite du palier et dépose ses paquets pour libérer ses bras jusqu’alors occupés. Vient la traditionnelle embrassade, les mots d’usage échangés, et la quiétude qu’elle ressent juste de se savoir à ses côtés pour les heures à venir. Et elle se félicite intérieurement d’avoir mis ses obligations de côté pour s’autoriser ces retrouvailles dont elle compte bien profiter.

« Tu m’excuseras pour le désordre ». Elle n’a pas l’insolence de regarder tout autour d’elle pour détailler la maisonnée, mais elle se permet de noter l’apparence quelque peu débraillée de Clarence. « Lequel ? ». Un sourire taquin ornant ses lèvres, elle libère une de ses mains encombrées par le dernier boulet - une boîte en carton blanc joliment ficelée - et tapote gentiment la cravate dénouée. Elle se moque bien de sa tenue et il le sait, préférant peut-être même le voir à l’aise et détendu plutôt que tiré à quatre épingles en sa modeste compagnie. Du reste, si elle est toujours impeccable - dans sa robe-fourreau bleu électrique, les cheveux flottants sur les épaules et le visage encore discrètement maquillé, c’est bien parce qu’elle a filé droit depuis l’Émeraude jusqu’à chez lui. Et que sa journée s’est vue remplie de rendez-vous clients et fournisseurs, ponctuée de longues heures de comptabilité, plutôt que des séances de jardinage habituelles.  

Elle le suit jusqu’au salon, impatiente et légère, puis lui tend l’écrin ivoire  qu’elle a pris soin de ramener intact jusqu’à destination. « Le dessert ». Tarte au citron meringuée, pêché-mignon de leur duo burlesque, préparée par la déesse entre deux factures à honorer. Ils en avaient déjà trop mangé, tout comme ils avaient bu de vin. Mais la nourriture et la boisson faisaient partie de leur histoire, partenaires indispensables de leurs rendez-vous récréatifs.

Enfin débarrassée, elle prend place sur le divan comme intimé. Elle est presqu’aussitôt saluée par le félin outré de ne pas encore avoir reçu de caresses de sa part, et se prend à le cajoler, l’invitant dans son giron pour mieux le câliner. Elle ne peut s’empêcher de le comparer au sien, et de le noter autrement plus svelte et sympathique. Il a grandi depuis la dernière fois, et elle sourit en revoyant les chérubins de son hôte extasiés devant la boule de poils.

« Besoin d’aide ? » Tant pis pour le chat qui roule de ses genoux jusqu’aux coussins du canapé ; elle se redresse en voyant débarquer le poète, festin tout disposé sur un plateau brillant. Les provisions sont déposées entre eux sur la table basse, et les protagonistes se rassoient presqu’aussitôt. Les yeux rieurs devant tant d’efforts et d’application, elle ne peut s’empêcher de sourire. C’est qu’ils se ressemblent un peu trop, dans leurs loisirs ou leurs travers, et qu’il est amusant de le noter. « Rassure-moi : ta journée a mieux été que la mienne ? » Ils se contemplent un long moment d’un regard entendu. Elle haussant les épaules, lui quelque peu perdu dans ses pensées. Il n’y a rien à en dire, de cette fameuse journée. « Ennuyante à mourir », répond-elle en croisant les jambes, au grand dam du matou affectueux. « Je suis contente d’être là ». Elle est sincère et lui peut le lire sur ses traits. Et voir son front soudain plissé par le regard froncé qui le détaille subitement « Tu as l’air épuisé ». Bourreaux de travail, encore un point commun. Mais sa question veut s’assurer qu’il n’a pas d’autres ennuis que les habituels.

« Oh, j’allais oublier ». Cette fois elle bondit de sa place et l’animal choisit de décamper. Elle se presse jusqu’à l’entrée puis farfouille dans les sacs délaissés, en extirpe une bouteille en coffret et une boîte de caramels artisanaux nord-irlandais. « Je ne sais pas si ça suffira à te remonter le moral, mais au moins, j’aurais essayé ». Les offrandes sont délicatement déposées sous le nez du maître de maison, dont elle vient effleurer l’épaule d’un geste confortant. « Un blanc français », précise-elle en coulant une oeillade au casier en bois que le new-yorkais observe. « Tu me diras s’il est bon. Ou tu peux m’attendre pour le goûter ». L’air faussement innocent, les joues rosies par la malice, elle reprend place à nouveau sur le canapé. « Il y a des friandises pour les enfants et des bricoles. Avec leurs noms dessus » ; elle désigne les paquets encore pleins et de nouveau abandonnés. Des chocolats et pour chacun, un cadeau personnalisé, qu’elle avait pris le temps de choisir le week-end écoulé. « Comment vont-ils ? »


_________________
before you

you could be the one who listens to my deepest inquisitions. you could be my unintended choice to live my life extended. you should be the one I'll always love. I'll be there as soon as I can, but I'm busy mending broken pieces of the life I had before. before you. © endlesslove.
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CŒUR : La solitude, l'abandon soudain. Veuf d'une femme trop douce pour lui. En grève d'amour depuis, la culpabilité le rongeant, il est marié à son travail, dévoué à ses enfants.
DIVINITÉ/CRÉATURE : {Gwydion} Trickster celtique. Dieu de la magie, de la science et de la poésie. Puissant sorcier, maître des illusions.
TALENT(S) : Illusions (visuelles, auditives, olfactives) + vérité occulaire
OCCUPATION : L'homme à la caméra. Amant des mots.
GENÈSE : Primus. Troisième phase.
TALON(S) D'ACHILLE : Ses enfants ; qu'il protège, qu'il craint toujours de perdre. Deuil ; qui s'éternise, qui paralyse.
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MessageSujet: Re: We are all special cases | ft. Aislinn   Lun 28 Mai - 0:11



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«When I was young I asked more of people than they could give: everlasting friendship, endless feeling. Now I know to ask less of them than they can give: a straightforward companionship. And their feelings, their friendship, their generous actions seem in my eyes to be wholly miraculous: a consequence of grace alone. »
Lorsque t’as rangé la tarte au citron dans le frigo, un baume s’est posé sur ton cœur et ne l’a pas quitté. Aislinn, tu ne la connais pas depuis plus de six ans, mais quand tu la revois, c’est ce sentiment proche de la nostalgie qui t’anime et te réconforte. Une certaine innocence presqu’adolescente qui se fait de plus en plus rare au fur et à mesure que les années s’enfilent. Et puis, ça t’a calmé et t’as compris que t’avais le droit de te reposer un peu. Que le monde ne s’écroulerait pas si tu prenais quelques heures à toi, sans penser ni au boulot ni à tes responsabilités. Du temps pour respirer, tout simplement.  Ça fait longtemps, déjà, que tu n’as pas mangé de tarte au citron. Non seulement puisque t’attends toujours Aislinn pour le faire – comme une superstition ; quelque chose pourrait peut-être mal tourner si tu ne respectes pas cette coutume –, mais parce que tu n’as pas vraiment le temps de cuisiner autrement que pour les repas et que tu ne penses pas toujours à passer à la pâtisserie. Au creux de toi, une joie un peu enfantine sommeille doucement et ne demande qu’à être évacuée.
Alors que sagement tu observes ton amie précieuse, tu te souviens à nouveau que t’as de la chance d’avoir dans ta vie une femme magnifique comme elle. Même si tu n’as pas l’occasion de la voir très souvent, les circonstances jouant en votre défaveur, tu chéries chacun de vos moments ensemble. Tu voudrais lui dire qu’elle a manqué aux enfants, mais loin de toi l’idée de risquer de la faire se sentir coupable, alors tu garde ces mots à l’intérieur de toi et tu te contentes de t’imaginer leur joie s’ils se réveillaient et descendaient dans le salon à ce moment-là.

« Ce n’est pas qu’une impression. Tout va trop vite en ce moment, je ne vois pas le temps passer. » Quelque chose de presque tragique vibre dans ta voix. Cette constatation sur le temps, ce n’est pas celle de la jeunesse invincible qui n’attribue de valeur au temps. C’est celle de l’homme qui vieillit, lentement mais sûrement. Tu voudrais attraper le temps et l’attacher pour qu’il ne s’envole pas comme vient de le faire ton amie qui revient aussitôt. Pour l’instant, tu te contentes de prendre entre tes mains le vin qu’elle dépose devant toi. Les friandises te font aussi de l’œil, mais elles attendront. « Ils seront contents, Ais’. », lâches-tu en un presque murmure en désignant d’un geste de la tête les paquets de douceurs. Tu lui aurais proposé qu’elle leur donne elle-même à la fin de la soirée, mais tu te sentirais mal de les réveiller en pleine nuit. Délicatement, tu ouvres le boîtier de bois pour lire l’étiquette de la bouteille.  « Tu n’étais pas obligée, tu sais, mais c’est gentil. Merci. » Un rire léger qui s’éteint lentement, mais dont ta voix s’imprègne, fend le silence qui s’installait.  « Je te propose qu’on la garde pour la prochaine fois qu’on se verra. On se fera un souper ; ça fait longtemps. » Avec une attention qui t’es propre, tu refermes la petite caisse avant de la remettre sur la table et de prendre la bouteille que tu as apportée plus tôt, puis le tire-bouchon.

« Les enfants vont bien. », donnes-tu finalement en réponse à cette question que tu as faillit ignorer. T’as la tête ailleurs, ce soir. Tout en camouflant tant bien que mal une maladresse honteuse, tu entreprends de déboucher la bouteille. « Mais je m’inquiète pour Maisie. C’est toujours difficile pour elle quand on approche de la période durant laquelle sa mère est morte. » Sa mère ; des mots au goût un peu amer, un euphémisme protecteur pour ne pas dire « Eleanor », pour ne pas te blesser encore trop en prononçant les syllabes précieuses. T’évites, tu contournes, mais la plaie se creuse toujours. Tu tires une petite moue alors que tu voudrais t’excuser à Aislinn de mettre tes problèmes sur la table, mais tu sais très bien que lorsque ce sera terminé, le reste de ta soirée sera épuré de toutes tes plaintes. « Elle a fait une grosse crise de panique à l’école et ma sœur est allée la chercher d’urgence. Ils avaient une enseignante de substitution dans sa classe d’anglais et elle leur a fait écouter un film dont l’enjeu risquait de la déranger.  L’enseignante a refusé de la laisser sortir malgré les indications concernant les triggers… » Un soupir, entre l’exaspération et la colère, se perd. Habilement, tu verses le vin dans chacune des deux coupes et tu en tends une à Aislinn. La tienne, tu la portes tout de suite à tes lèvres pour en boire une gorgée. T’essaies généralement de ne pas aller chercher trop de réconfort dans l’alcool, mais ce soir tu t’en fiches. « Lundi je dois rencontrer le directeur de l'école, son psychoéducateur et la remplaçante en question ; on m’a dit qu’elle s’est moquée de Maisie et je ne compte pas laisser passer ça sans rien dire. » Et c’est clair que tu vas devoir te retenir pour ne pas la faire pleurer – t’es une maman ours, en vrai.  Finalement, tu te donnes la permission de te caler contre le dossier du canapé, de t’asseoir de manière à pouvoir mieux observer ton amie. T’as toujours aimé ses cheveux roux qui lui confèrent l’air espiègle d’un renard et, comme à chaque fois, tu te retiens de passer tes doigts dedans et de laisser les mèches couler entre eux.  « Sur une autre note, Timothy n’est pas encore rentré et refuse de me dire où il est. D’après moi, il doit être à l’école pour une répétition ou en train d’essayer un nouveau jeu à la boutique, je ne m’inquiète pas trop, mais c’est le principe qui m’embête. » Tu croises les jambes et appuie ton coude sur ta cuisse. Sans t’en rendre compte, tu te ronges l’ongle du petit doigt, signe que, en vérité, tu t’inquiètes quand même un peu.


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MessageSujet: Re: We are all special cases | ft. Aislinn   Sam 16 Juin - 10:34

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Clarence Birdwhistell & aislinn o'reilly.

Les mains posées à plat sur ses genoux rapprochés, la posture encore droite, la divine retrouve tout son sérieux alors qu’elle écoute, attentive au discours préoccupé de son hôte pour la soirée. Ses yeux détaillent les traits tirés, lisent l’angoisse et l’air maussade que son compagnon peine à masquer. Elle le sait confiant et confident à ses côtés, et c’est peut-être ce qu’elle se félicite le plus d’avoir su lui inspirer après toutes ces années.

Clarence est l’ami véritable, celui qu’elle aura attendu d’avoir trente quatre ans pour se faire. Rencontrés par le plus grand des hasards, rapprochés par des malheurs semblables, ils s’étaient aussi découverts de nombreux points communs, et le partage de certains loisirs avait renforcé l’alchimie qui les unissait. A sa connaissance, il n’y avait jamais eu d'ambiguïté entre eux. Les enfants et leur bien-être à tous occupaient souvent l’espace et leurs conversations, tout comme à l’instant présent. Et ça ne la dérangeait pas le moins du monde. Avec eux, elle avait parfois l’agréable impression d’être partie d’un tout, presque de faire partie de la famille. Le retour à la réalité était souvent douloureux, car elle était seule contrairement à eux, mais la pensée de les retrouver tous et surtout lui, suffisait à la réconforter, à la faire patienter jusqu’au moment prochain. Elle ne s’était jamais sentie jalouse du new yorkais sur ce point, seulement parfois un peu envieuse, et ça s’envolait vite. Dernièrement, il n’y avait que sa proximité avec Annalisa, l’amie commune, qui l’avait bercée de sentiments douteux qu’elle jugeait pitoyables. Auxquels elle préférait ne pas penser, ni maintenant, ni jamais.  

Portant la coupe désormais pleine à ses lèvres rosées, la déesse fronce un peu les sourcils, réceptive aux messages délivrés. « Je vois ». Elle a de l’admiration pour lui, pour sa dévotion à l’égard de ses enfants. Et se prend à songer, qu’elle aurait souhaité un père semblable pour les siens si la vie avait bien voulu lui en donner. « Je crois que ça vous ferait du bien de prendre des vacances ». Elle repose délicatement le verre sur la surface lisse, et se décale de quelques centimètres sur le canapé, pour se rapprocher de lui, assis sur le divan d’à côté. « Tu te rappelles de la semaine au bord du lac ? Ca leur a fait du bien, et ils étaient heureux ». Elle évoque des souvenirs passés, des moments lointains vécus hors de la ville, avant que leurs emplois du temps respectifs ne soient chargés comme aujourd’hui. Et que les obligations ne les tiennent éloignés l’un de l’autre, par souci de sécurité, et de bien d’autres choses. « Tu devrais prendre quelques jours et partir avec eux. Prendre du temps pour vous. Et penser à autre chose ».

Elle reprend une gorgée de vin, finit par se lever. Louvoie entre les deux sofas, vient se poster derrière le dossier, et incite doucement son hôte à se pencher en arrière. Les mains posées sur ses épaules, elle est loin d’être experte, mais elle s’emploie à le détendre, massant délicatement la nuque offerte et puis les omoplates. « Tu es beaucoup trop sur les nerfs ». Elle le sent sous ses doigts, et ça fait la sourire de se voir lui dire ça. Parce qu’ils sont similaires, qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre sur ce point, et qu’elle pourrait bien suivre ses propres conseils. « Passe me voir à la boutique dans la semaine. Je te donnerai des plantes pour Maisie. Et ça vaut pour toi aussi ». Des infusions pour aider à mieux dormir la nuit, des baumes à respirer pour calmer les angoisses, et sortis de chez elle, tous ces remèdes étaient autrement plus efficaces.

Lentement, elle finit de dénouer la cravate qui la gêne, et la dépose sur le bras du canapé. Elle réfléchit longtemps, poursuivant ses manoeuvres délicates, hésitant à lui faire la proposition venue lui trotter dans la tête. « Tu sais... » Ca n’a rien de raisonnable, pourtant elle sait qu’il sera réticent à l’idée de partir seul avec toute sa marmaille. Il est très occupé, le moment de l’année est mal choisi, et il est aussi débordé, émotionnellement parlant. Ca lui ferait du bien de pouvoir compter un peu sur quelqu’un, du moins de partager. Aussi, elle finit par murmurer ; « Je pourrais vous accompagner quelques jours si tu veux ». Elle stoppe alors son massage, et revient s’installer près de lui, l’œillade un peu gênée. « Si ça peut t’aider à partir plus serein, et à t’organiser. On pourrait faire comme autrefois. Je peux t’aider à gérer ça ». Elle ne veut pas s’imposer, mais le souhait de l’aider est sincère. Elle n’a aucune idée du moment qu’elle pourra trouver pour se laisser aller à cette folie, sans voir sa propre vie s’effondrer par la suite. Mais elle préfère se dire qu’il ne s’agit que d’une parenthèse, qui par ailleurs pourra lui faire du bien à elle aussi. Et que bien préparée, elle peut sûrement s’échapper quelques jours, au pire surveiller ses affaires à distance.

Attendant sa réponse, sa main se crispe à nouveau sur son verre, et elle observe le liquide grenat tourbillonnant contre les parois. Machinalement, elle va piocher dans les mets présentés sur la table, qu’elle avale sans même les savourer.
Ses propres soucis ont l’art de s’envoler quand elle est avec lui. Elle se refuse à les confronter, préfère reporter l’attention sur lui, parce qu’elle est de ceux qui sont ainsi ; plus forts pour leurs proches et la famille.  


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you could be the one who listens to my deepest inquisitions. you could be my unintended choice to live my life extended. you should be the one I'll always love. I'll be there as soon as I can, but I'm busy mending broken pieces of the life I had before. before you. © endlesslove.
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We are all special cases | ft. Aislinn
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