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 you've been hit by a smooth criminal » alfonso

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AuteurMessage
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Alfonso Brazzi
ADMIN + L'(HORNY)THORYNQUE DIT VIN
BLAZE : rex corvus (mama)
CREDITS : les roses noires (ava), astra (sign), nessie jtm (gif), lyra bb (edit)
FACE : taika waititi
DOLLARS : 1125
SACRIFICES : 601
PORTRAIT :
ANNEES : quarante-deux ans et des cheveux blancs
CŒUR : célibataire ; pansexuel
DIVINITÉ/CRÉATURE : dionysos, dieu de la vigne, du vin et de ses excès, de la démesure, de l'extase ainsi que de la fertilité et du théâtre
TALENT(S) : un jeu d'acteur aux propriétés divines ainsi qu'une vision qui s'étend jusqu'aux yeux de ses représentations
FACTION : la nuova camorra, depuis toujours
OCCUPATION : propriétaire du piada bar, situé dans le quartier italien d'arcadia. un titre façade, qui cache ce qu'il est en réalité : second dans la hiérarchie officielle de la nuova camorra, alfonso occupe la place de consigliere
GENÈSE : primus
TALON(S) D'ACHILLE : son hédonisme démesuré ainsi que son genou droit qui l'handicape légèrement (vieille blessure par balle)
JUKEBOX : i feel good (james brown); left hand free (alt-j); don't threaten me with a good time (p!atd); wanted man (royal deluxe)
RUNNING GUN BLUES :


(fini) one more night (yuliya) ; link
who are you, really? (amyntas) ; link
let's drink ourselves to oblivion (sinead & amyntas) ; link
peur aux tripes (malkina) ; link
put your hands up, darling (azalée) ; link
chill and relax (nerissa) ; link
goosebumps (lyra) ; link
free your mind (julius) ; link



he is a hustler, he's no good at all
he is a loser, he's a bum, bum, bum, bum
he lies, he bluffs, he's unreliable
he is a sucker with a gun, gun, gun, gun




MessageSujet: you've been hit by a smooth criminal » alfonso   Mer 20 Déc - 1:09

alfonso brazzi aka arlecchino

i'm sorry to interrupt, it's just i'm constantly on the cusp of trying to kiss you

ft. taika waititi (by saturn)
The story of gods and men
Identité alfonso brazzi, originellement alfonso waipuka. l'homme a adopté le nom de sa grand-mère dès sa majorité. il est connu parmi les rangs de la nuova camorra sous le pseudonyme d'arlecchino. les gangs rivaux ont tendance à lui en donner d'autres plus avilissants.
ÂGE quarante-deux ans, il est né le 23 mai 1975 à Arcadia.
NATIONALITÉ & ORIGINES nationalité américaine, origines très mixtes, dont italienne (majoritaire), maori et ashkénaze.
STATUT CIVIL divorcé, célibataire.
ORIENTATION SEXUELLE you got a pulse and you are breathing? well, you're just my type. il est l'amant de tous, s'entiche des personnalités singulières sans jamais s'arrêter à un genre particulier. En contrepartie, il n'est presque jamais l'amoureux, le compagnon de toujours. Loin de le rebuter, l'idée de s'enticher d'une seule et même personne l'effraie.
OCCUPATION il est le propriétaire du piada bar, situé dans le quartier italien d'arcadia. un titre façade, qui cache ce qu'il est en réalité : second dans la hiérarchie officielle de la nuova camorra, alfonso occupe la place de consigliere. d'abord arnaqueur né à ses débuts, il est devenu l'homme aux multiples contacts, le porte-parole, l'entremetteur entre l'adversaire, l'allié et la mafia à laquelle il jure allégeance. alfonso est aujourd'hui le petit diable et l'ange sur l'épaule d'alcide bellandi, un grain de jugeote en plus, un regard excentrique et nouveau, en somme, il est l'un des rares à pouvoir remettre en cause la parole du don.
TRAITS DE CARACTÈRE
(+) excentrique, perspicace, séducteur, rusé, énigmatique, intuitif, franc (à l'occasion), comique, curieux, observateur, réfléchi, magnétique, organisé (au travail, pas trop dans la vie privée), audacieux, patient, doux, bon acteur.
(-) peut paraître arrogant, fallacieux, parfois insensible (maladresse), aérien, supporte mal la solitude, caustique, démesuré, complexe, douteux, dissimulateur, véreux, bluffeur, manipulateur, critique, parfois indolent.
STADE DE CONSCIENCE ACTUEL stade n°3
HYBRIS syndrome post-hallucinatoire persistant (HPPD); d'une minute à l'autre et sans même avoir consommé quoi que ce soit, il peut se retrouver avec tous les inconvénients d'un bad trip. psychoses angoissantes, hallucinations visuelles et auditives désagréables. physiquement, ses hallucinations intempestives s'accompagnent de tremblements, de sueurs, de palpitations et parfois même de vomissements.
FACTION la nuova camorra
THEME SONG feel it still (portugal. the man); poetica (cesare cremonini); tatoue moi (mozart opera rock).
GROUPE LUNGS

Gods of Violence
Récurrence je suis un [x] primus [] novum
Réincarnation dionysos, dieu de la vigne, du vin et de ses excès, de la démesure, de l'extase ainsi que de la fertilité et du théâtre.
Attribut un masque vénitien évoquant par ses motifs losanges aux couleurs dorées, pourpres et verdâtres, le personnage d'arlecchin. Il porte souvent sur lui un étui à cigarettes en loupe de bouleau orné avec les initiaux U.B gravés. Son contenu dépend des jours.
Facultés
pouvoir n°1 (illusions théâtrales) - actif - le dieu du théâtre peut faire gober à n'importe qui qu'il est quelqu'un d'autre, que le rôle qu'il interprète soit celui d'une personne existante, ou d'un personnage qu'il a inventé de toute pièce. la puissance/durée de son pouvoir est cependant compromise si la personne sur laquelle il l'exerce fait partie de son quotidien/le connaît bien. elle est aussi légèrement réduite sur les créatures et les divinités. son environnement, son "déguisement", son attitude et un niveau d'intoxication (alcools ou drogues) élevé de la personne trompée peuvent jouer en sa faveur et rehausser son efficience. le pouvoir ne fonctionne que sur la personne visée ou le groupe de personne visé. il s'agit davantage d'un jeu d'acteur aux propriétés magiques/illusoires qui trompe la totalité des sens que d'une transformation/métamorphose à proprement parler. Les symptômes de fatigue dû à une utilisation excessive du pouvoir se manifestent sous la forme d'intenses migraines ou de remises en question de sa propre identité (par exemple, il pourrait voir le reflet d'un de ses personnages plutôt que le sien dans une vitre)
pouvoir n°2 (délire hallucinogène) - inactif - réalité déformée, des délires hallucinogènes semblables à s'en méprendre à ceux associés à la consommation de drogues. un pouvoir qui fait écho à son premier, une illusion qui peut fonctionner de pair avec ce dernier. il prend effet sur la ou les personnes de son choix et sur un rayon de 15 mètres maximum. un pouvoir presque inoffensif dont il se servira surtout pour contrer les attaques ou bien pour amuser la galerie. le problème avec ce pouvoir, c'est qu'il consomme énormément et qu'il est le plus susceptible de déclencher son hybris et donc de lui rendre la pareille de manière intense. trop de touchés à la fois l'indisposerait rapidement pour une journée. il ne pourra pas modifier la réalité des touchés dans son entièreté et ces modifications n'existeront pas dans la réalité des autres. dans l'illusion, la personne visée se croit maîtresse de ses sens et mouvements. cependant, les spectateurs externes non-piégés dans l'illusion remarqueront qu'il n'en est rien : les gestes sont réduits, lents, détournés, quasi-inoffensifs. Le touché est entre la transe, l'extase et l'ivresse. une divinité sera davantage en mesure d'ignorer les illusions qu'un humain et donc son état de transe sera amoindri (pourra se déplacer, s'éloigner, même si très "engourdie"). une fois sortie de l'illusion, le/a piégé reprend rapidement possession de ses sens.
pouvoir n°3 (substitutions dionysiaques) - inactif - déité des excès avant tout, il peut, avec ce pouvoir transformer n'importe quel liquide en alcool et n'importe quelle forme de nourriture en drogue. la limite se joue sur la quantité. plus la quantité est conséquente, plus alfonso sera affaibli.
faculté complémentaire (projections iconiques) - active - Il peut voir à travers les yeux de ses représentations (photos, statues, etcaera). En contrepartie, il rentre dans une sorte de transe pendant ce court instant, rendant son corps vulnérable aux attaques.
Offrande(s) les offrandes de la nuova camorra sont siennes et il en tire profit comme tous les membres de l'organisation criminelle. mais le dieu a aussi sa propre devise qu'il met à exécution dès qu'il en a l'occasion ou l'envie, davantage pour bénéficier des plaisirs de la chair que de puissance bonus : "to give is to receive".
Rumeurs
➙ il aurait eu des rapports sexuels avec au moins un(e) homme/femme de main de chaque gang.
➙ il aurait comploté avec la bratva pour couler la nuova camorra et sa blessure ne serait que du cinéma.
➙ son apparence quotidienne serait en réalité une illusion permanente pour cacher son réel visage et passer inaperçu.
➙ il serait polyglotte.

Gods of Violence
Pseudo rex corvus
Âge (ou plat préféré) 19 ans snif
Comment j'ai connu le forum je me baladais tranquillement dans un parc avec mon coq en laisse, coku, que j'ai dressé spécialement pour flairer des trésors, quand tout d'un coup quelqu'un qui chantait le poussin piou pour tenter d'embrouiller mon coq sourd m'a frappée au visage avec un ordinateur portable. je me suis réveillée trois heures plus tard, attachée des mains aux pieds et entourée du staff de fwtt. le deal c'était que je devais bosser pour elles parce que j'avais accidentellement cassé l'ordinateur portable qu'on m'a balancé au visage (tu m'étonnes), sinon "kfc" (je n'ai pas compris tout de suite, c'est les cris de coku qui m'ont alertée). j'ai pas pu refuser, je tenais trop à coku pour l'abandonner, puis j'ai pas passé dix années de ma vie à en faire un coq flaireur de trésors pour qu'il finisse en hot wings. depuis je bosse pour elles. parfois elles me laissent voir coku, et tous les deux on prépare secrètement un plan d'évasion (en langage des signes car, je le rappelle, coku est sourd). je n'en dirai pas plus car les murs ont des oreilles (contrairement à coku).
Questions, suggestions j'aime pas trop le poisson mais s'il fallait que je me roule dans du saumon fumé pour plaire à popo, je le ferais sur le champ  tong


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i'm a scholar and a gentleman and i usually don't fall when i try to stand.

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TALENT(S) : un jeu d'acteur aux propriétés divines ainsi qu'une vision qui s'étend jusqu'aux yeux de ses représentations
FACTION : la nuova camorra, depuis toujours
OCCUPATION : propriétaire du piada bar, situé dans le quartier italien d'arcadia. un titre façade, qui cache ce qu'il est en réalité : second dans la hiérarchie officielle de la nuova camorra, alfonso occupe la place de consigliere
GENÈSE : primus
TALON(S) D'ACHILLE : son hédonisme démesuré ainsi que son genou droit qui l'handicape légèrement (vieille blessure par balle)
JUKEBOX : i feel good (james brown); left hand free (alt-j); don't threaten me with a good time (p!atd); wanted man (royal deluxe)
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(fini) one more night (yuliya) ; link
who are you, really? (amyntas) ; link
let's drink ourselves to oblivion (sinead & amyntas) ; link
peur aux tripes (malkina) ; link
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MessageSujet: Re: you've been hit by a smooth criminal » alfonso   Mer 20 Déc - 1:23

WHO ARE YOU REALLY AND WHERE ARE YOU GOING ?

take you down to the early days, when the champagne flow like a river stream

i. tatoue-moi sur tes murs un futur à composer.


  Sa vie, il l’avait choisie modeste dès sa plus tendre enfance. Des parents aisés d’un côté, une grand-mère attachée à sa petite maison croulante de l’autre, demeure qui renfermait des histoires bien plus captivantes que la nouvelle villa de la famille Waipuka. Des deux options, il avait choisi celle qui lui garantissait le plus de liberté et le plus d’amour, d’attention et d’épanouissement. De toute manière, il n’avait qu’à remonter la rue les jours où il changeait d’avis.

Sa relation avec ses parents n’avait jamais été très folichonne. Les rares moments où lui et ses aïeuls avaient partagé la même pièce apparaissaient aujourd'hui d’avantage comme une contrainte parentale, un minimum prérequis pour sauver les apparences que d’une véritable tentative de rapprochement. Évidemment, quand on avait huit ans, c’était des choses qu’on ne remarquait que partiellement, qui ne nous traversait véritablement l’esprit qu’une fois confronté à la réalité, au monde extérieur et par extension, aux autres. Il n’y avait pas eu beaucoup d’autres à l’aube de la vie d’Alfonso Waipuka. Il y avait bien évidemment Beni, son terrier de Boston hyperactif, qui n’était autorisé entre les murs de la villa qu’en hiver mais qu’il faisait tout de même dormir dans sa chambre quand les employés de maison avaient le dos tourné. Puis il y avait Gina, sa grand-mère et tutrice officieuse, sage dame au grand cœur avec qui il avait passé la plupart de son temps, qui incarnait tout ce que madame Waipuka n’avait jamais été et qui avait tenté en vain de rattraper les années perdues pour donner à l’enfant ce qu’il lui manquait malgré les préoccupations que lui causaient déjà la vieillesse. Elle avait toujours représenté l’équilibre dans la vie du garçon, l’autorité de quelqu’un qui avait fait des erreurs, la générosité de quelqu’un qui avait donné, les conseils de quelqu’un qui avait longuement regretté et pleuré. Elle ne parlait quasiment pas l’anglais, mais ça ne l’empêchait pas pour autant d’être une captivante oratrice dans sa langue maternelle, l’italien. Qualité d’oratrice dont le jeune Alfonso avait d’ailleurs hérité et qu’il mettait en pratique au quotidien, que ce soit pour se présenter en spectacle devant un public imaginaire, habillé des costumes coûteux et trois fois trop grands pour lui de son paternel ainsi que du rouge à lèvre pétant de sa génitrice ou pour se tirer du pétrin lorsque Beni (ou lui) cassait malencontreusement du mobilier. Toujours est-il que le mystère qui tournait autour de sa grand-mère avait toujours attisé sa curiosité. La première fois que le jeunot avait posé pied sur le parquet grinçant de la maisonnette, il n’avait pu s’empêcher de demander qui étaient ses hommes et ses femmes qui apparaissaient sur les sépias encadrés dans la pièce à vivre. Aujourd’hui, il mettrait sans difficulté un nom sur les plus importants d’entre eux.

Lorsque la fièvre avait jalousement arraché ladite aux bras de son petit-fils, la balance avait penché d’un côté plus que de l’autre. Et pour cette raison, Alfonso l’avait détesté. Sa petite vie s’écroulait pour la première fois, en même temps que la vieille demeure et tous les secrets qu’elle protégeait jadis. Ou quasiment tous puisqu’il avait pris soin de voler l’un des cadres du séjour avant que la démolition n’ait lieu. Il n'avait eu que quelques secondes pour faire un choix et c'est celui qui renfermait un cliché du mariage de sa grand-mère qu'il avait choisi. Même si le papier s'était abîmé au cours des années, rien au monde n'aurait dénaturé le sourire rayonnant de la belle femme accompagnée de son mari, bras dessus, bras dessous, et de ses proches, fantômes du passé qu'il n'avait connu qu'à travers les récits parfois vrais parfois altérés de la vieille femme.

en bref:
 

ii. allons chez les bourgeois, siffler leur vin, taquiner leur conscience.


  Elle lui en avait de nombreuses fois parlé dans son jeune âge, mais à aucun moment il ne l’avait prise au sérieux. De toute manière, Gina Brazzi était connue pour raconter des bobards, des histoires farfelues qu'elle relatait sous forme de charades, alors pour lui qui héritait de ce trait de personnalité romanesque, l’idée que parmi des humains se cachaient des êtres bien plus puissants encore apparaissait comme une fantaisie de plus qu’il avait volontiers ingurgitée à l’époque et qui avait sustenté son imagination mais qui, sous son œil critique d'adolescent, ne lui tirait des lèvres qu'un sourire vaguement nostalgique.

Son scepticisme n'avait duré qu'un temps, plus exactement jusqu'à ce qu'en fouillant maladroitement dans ses affaires, il brise le cadre qui renfermait la photo de mariage de ses grands-parents, révélant sur le dos du cliché une déchirante inscription : quando il cielo piange, penso a te amore mio. Une déclaration d’amour émouvante et anodine pour les autres mais une énigme quand on connaissait Gina Brazzi qu’il se mettait au défi de relever avec pour seule piste un cliché vieux d’au moins cinq décennies ainsi que ses malhabiles souvenirs.

Son premier réflexe avait été de rendre visite à miss Giovana, grande directrice d’une chaîne d’hôtels cinq étoiles répartis sur l’ensemble du territoire américain, importante dame qu’il aurait volontiers appelé « maman » si elle avait au moins une seule fois dans sa vie mérité ce titre. Il avait toujours éprouvé un sentiment étrange en présence de sa maternelle, du moins, ce fut le cas les rares fois où les deux avaient partagé la même pièce et ce fut encore le cas lors de leur décevante et brève rencontre. Occupée, pas spécialement encline à converser au sujet de sa mère, Gina Brazzi, il n’avait pu lui extraire de la bouche que quelques informations : le prénom de son grand-père et la confirmation qu’il avait disparu avant qu’elle puisse se souvenir de l’homme qu’il était. Informations qu’Alfonso avait d’abord pensé superflues jusqu’à ce qu’il apprenne via les vieilles archives de police de la bibliothèque d'Arcadia que le nom de son grand-père était bien connu des services de police de la ville. Ugo Brazzi avait été tué par balle à l’âge de trente-deux ans alors qu’il essayait d’échapper à l’APD. Sa fuite l’avait condamné à l’ultime sentence, mais son casier judiciaire, lui, lui promettait un séjour qui s’étendait bien plus loin que l'âge de décès d'un homme moyen. Monsieur Brazzi était un criminel, un trafiquant de stupéfiant, d’armes, un corrupteur et blanchisseur d’argent et le tout pour le compte d'une seule et même organisation : la Camorra, que tout le monde y compris lui connaissait à Arcadia.

À partir de cette découverte, tout était allé très vite. Il avait d’abord tenté d’ignorer sa curiosité, de ne pas se mêler à des affaires qui ne le regardaient en rien et surtout de se concentrer sur sa scolarité. Sa vie de lycéen avait ressemblé à celle des autres, à la seule différence qu’il passait ses nuits à l'hôtel, qu'il faisait souvent l'école buissonnière et qu'il participait à des cours du soir de théâtre. Mais évidemment, lorsque vous étiez -en plus d’un facétieux fêtard petit fils caché d’un grand gangster- sujet à des manifestations étranges, il y avait de quoi remettre en question l’entièreté de son existence. Son seizième anniversaire marquait la fin de son statut d’étudiant, de son passe-temps (qui avait déclenché sa faculté, l’exposant trop à d’autres manifestations de cette faculté) et le début d’une longue et périlleuse descente aux enfers. Cette fois, au lieu de se tourner vers Giovana Waipuka, il s’était tourné vers ses propres contacts : tout avait fonctionné d'une personne à l'autre, en commençant par la connaissance qui lui fournissait des stupéfiants en soirée, le dealer de ce même ami, l’intermédiaire entre le dealer et le trafiquant et enfin, comme il s’y attendait, un représentant de la Nuova Camorra. Bien sûr, cette promenade hiérarchique avait pris son temps, temps qu’il avait usé pour s’habituer à la bizarrerie de sa capacité, et surtout pour apprendre à la maîtriser un tant soit peu afin de mettre en place le plan qui se profilait dans sa tête.

Le plan en question ? Bluffer tout le monde, littéralement. Puis soutirer des informations sur Ugo Brazzi et sa femme et enfin s’en aller, le tout si possible sans se faire tuer. S’infiltrer avait été un jeu d’enfant. À force d’observer les allées et venues de certains hommes de main, il avait pu enregistrer leur attitude, leurs mimiques dans un coin de sa tête afin de jouer de son illusionnisme et de se faire passer pour eux. Les choses s’étaient cependant compliquées lorsqu’il avait compris -seulement trop tard- que son pouvoir avait des limites. Il se souvient encore de la sensation étrange et de la peur qu’il avait ressentie malgré le ton étrangement calme et la clémence du vieil homme qui l’avait démasqué et interrogé. Quel âge as-tu, petit ? Qui es-tu ? Que veux-tu ? Sais-tu ce que tu es ? Incapable de formuler une réponse claire sans balbutier, il avait extrait le cliché de mariage de Gina de sa poche et l'avait tendu à l'imposante figure.

en bref:
 

iii. j’apprendrai ta langue et ton accent pour te comprendre.


  Sous les banquets, les mélodies festives, les serveurs élégants et les cocktails alcoolisés se cachait l’officieuse grande réunion des patrons du crime. Pas tous, seulement ceux qui se toléraient et qui avait quelque-chose à gagner de l’autre. Du haut de ses vingt-ans, Alfonso avait joué son rôle un moment, discutant avec qui voulait l’entendre, jouant de son charme et de son jeu d’acteur pour soutirer aux intoxiqués et moins futés la moindre information, le moindre mécontentement. Drôle, un peu trop malin au goût de certains, il avait réussi à se propulser au rang de « fouine » personnelle du fils du don, récemment de retour parmi les siens. Son étiquette dégradante ne l’empêchait pas de se faire apprécier et de jouer un rôle majeur. En plus de ça, il avait comme les autres dû se former à l’utilisation d’armes à feu, choses dangereuses qu’il redoutait et dont il se passait la plupart du temps. Cette soirée, il avait rencontré Lupita Jurado. Un regard intéressé, un regard rendu, une invitation silencieuse et une petite excursion passionnelle du duo dans les toilettes plus tard, le pacte était scellé. Un an plus tard, ils étaient mariés. Trois ans plus tard, la belle s’en allait, son allégeance à la Calavera maquillée depuis le premier jour. Elle laissait derrière elle un Alfonso maturé, en proie à sa propre culpabilité et aux regards médisants de ses supérieurs. Pour un dieu, il s’était fait avoir comme un bleu. Mais ça n’arriverait plus. Ou presque.

en bref:
 

iv. que m'importent les rires et les regards sur mes travers.


  Les comparaisons entre lui et les autres caporegimes de la Nuova Camorra fusaient. C’était lui versus les autres, son fonctionnement contre celui plus violent, féroce, animal des autres. Qu’est-ce qu’il y pouvait ? Il n’était pas un dieu de la guerre, et encore moins un dieu de la mort. Non, lui, c’était juste un ivrogne. Pas qu’il picolait tellement, mais il agissait avec l’attitude et l’aise d’un gentleman éméché. Puis être la réincarnation du dieu du vin n’aidait pas. Il n’avait d’ailleurs pas été un poil surpris en prenant conscience de quelle déité avait fait de lui son hôte, même si d'après lui, Hermès collait davantage à son personnage que Dionysos. D’ailleurs, ce jour-là, il avait fait ce qui lui semblait le plus judicieux : fêter ça. Avec beaucoup d’alcool, pour ceux qui pouvaient encore en consommer, et de substances divines pour les autres.

En mission, le spécimen privilégiait l'adresse à la prudence. Ses trois mots d'ordre ? Intelligence, confiance et connivence. Un plan commun ? Il n'en avait pas besoin. Tout était enregistré dans un coin de sa tête et même si son plan restait le plus souvent à l'étape de brouillon à peine façonner lorsqu'il quittait la demeure d’Alcide Bellandi, il possédait les compétences et les informations nécessaires à sa construction une fois confronté à son objectif. La plupart du temps, ses « soldats » à lui ne comprenaient ses intentions qu'une fois sur place. D'autres, plus familiarisés avec le spécimen, traduisaient ses regards, ses gestes, ses sourires. C'était ainsi qu'il fonctionnait et qu'il formait les nouveaux ou ses cadets. Pour être un bon homme de main, il fallait être réactif, connaître les risques et savoir improviser. C'est entre-autre pour cette raison qu'il aimait s'entourer, lors des missions périlleuses, de personnes efficaces auxquelles il promettait un avenir stable au sein de la Nuova Camorra, même si, en réalité, ce n’était pas à lui d’en décider. La singularité de son fonctionnement faisait sa popularité, bonne ou mauvaise d'ailleurs. Il n’était ni un dur à cuir ni un tueur. Il était stratège, ruse et intelligence. Un pion de choix dont la Nuova Camorra ne pouvait se passer.

Mais comme tout le monde, il faisait des erreurs, et son erreur cette fois-ci lui avait coûté bien plus qu’une tape sur les doigts et le pire dans tout ça, c’est que même s’il était évident que quelqu’un qui agissait dans l’ombre avait commandité son échec, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même, la blessure et cicatrice indélébile à son genou témoint et souvenir cruel du jour où tout avait dérapé. Dans sa rencontre fortuite et sanglante avec la Bratva, il avait perdu des amis, des hommes et femmes de main à la loyauté indéfectible. De toute son équipe, il était le seul survivant. Son raisonnement faussé par la culpabilité, le chagrin et ses antécédents avec les femmes, il avait d'abord blâmé Yuliya Vassilieva, femme de la Bratva avec qui il avait sympathisé des années auparavant et qui partageait ses nuits la plupart du temps. Pourtant, il n’en était rien, la jeune femme avait tout comme lui été prise par surprise et les actes de l’organisation à laquelle elle appartenait avait été décidé par quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui cherchait à le renverser lui, et par extension Alcide Bellandi et la Nuova Camorra. Quelqu’un qui, par son grade, son pouvoir ou ses atouts, avait pu transmettre la position d’Alfonso Brazzi et de ses soldats à l’organisation adverse. Quelqu’un qui se cachait entre les murs, protégé, quasi-irrenversable.


en bref:
 

v. chantons pour les bienséants les délices de l’indécence.


  Son rétablissement physique avait pris son temps et n’était pas sans séquelle. Pourtant, on lui avait conseillé mainte fois de faire appel à des thaumaturges, ces derniers ne manquant pas parmi les rangs de la Nuova Camorra. Mais il avait préféré préserver sa blessure et la porter comme un fardeau plutôt que s’en débarrasser d’un claquement doigt.  Pour lui, un tel acte revenait à rayer de sa mémoire la boucherie à laquelle il avait impuissamment assisté, à effacer la mort de ses camarades. La douleur occasionnelle, elle, le ramenait sur terre, lui rappelait sa condition de mortel, le châtiait. Puis ça l’arrangeait : un capo infirme était un capo dispensé, et un capo dispensé avait de grande chance d’être licencié (ou liquidé, dans certains cas). Les premiers jours n’avaient pas été de tout repos. Les affreuses douleurs qui se répandaient dans l’intégralité de sa jambe l’handicapaient au point qu’il passait parfois des journées entières à ne rien faire. On ne le voyait plus tellement à la Camorra. C’est Alcide qui lui avait donné le feu vert pour aller voir ailleurs le temps que les choses se tassent, du moins c’est ainsi qu’Alfonso interprétait ses silences.
 
Mais l’inactivité fut bientôt trop pesante, trop intime pour qu’il s’y abandonne. Alors, au bout d’un mois, il refit surface assisté d’une canne qui lui donnait davantage l’air d’un dandy que d’un infirme, accoutumé à ses maux de la même façon qu’il s’était habitué à cheveux grisants et aux murmures désapprobateurs de certains : avec un grain d’eau-de-vie et d’antalgiques. On l’avait évidemment réassigné, et bien que les plus sceptiques semblaient s’opposer à son nouveau grade, la parole d’Alcide ne pouvait être remise en question que par ses plus proches associés, et il se trouvait justement qu’Alfonso faisait partie du cercle restreint. Au fond, ça le faisait bien rire : en complotant contre lui, ses ennemis l’avaient propulsé à la seconde place du podium. 

Au fil des missions, il avait fini par prendre goût à son nouveau post. Pas de fusillade, pas de danger direct et la liberté encouragée de contredire Alcide afin de perfectionner ses plans et ainsi renforcer la stratégie de l’organisation. Son boulot l’encourageait à communiquer, domaine dans lequel il excellait, mais aussi à aller à la rencontre de l’autre quand le don ne pouvait pas se déplacer en personne. C’est ainsi qu’il avait fait la rencontre d’Amyntas et c'est aussi de la même manière qu'il avait pu lui sauver la vie.

en bref:
 


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DOLLARS : 428
SACRIFICES : 72
PORTRAIT :
ANNEES : elle est figée dans sa vingt neuvième années
CŒUR : les souvenirs envolés. le mariage oublié. les yeux couleur orage hantent parfois ses nuits
DIVINITÉ/CRÉATURE : oupyr au visage poupon que jamais on ne soupçonne. les lèvres peintes de carmin
TALENT(S) : hypnose + camouflage
FACTION : bravta malgré elle
OCCUPATION : propriétaire de l'inferno - elle intimide et interroge pour le compte de la bravta
TALON(S) D'ACHILLE : ses " enfants ", ses créations nées lors de nuits cruellement solitaires / gourmandise, envies incontrôlées et faim insatiable
RUNNING GUN BLUES :
MessageSujet: Re: you've been hit by a smooth criminal » alfonso   Dim 7 Jan - 16:45

On fait comment si on n'est pas bilingue ?? quoua

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Hey little sister what have you done ?

Hey little sister who's the one you want ?

Hey little sister shot gun !

It's a nice day to start again.
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ADMIN + L'(HORNY)THORYNQUE DIT VIN
BLAZE : rex corvus (mama)
CREDITS : les roses noires (ava), astra (sign), nessie jtm (gif), lyra bb (edit)
FACE : taika waititi
DOLLARS : 1125
SACRIFICES : 601
PORTRAIT :
ANNEES : quarante-deux ans et des cheveux blancs
CŒUR : célibataire ; pansexuel
DIVINITÉ/CRÉATURE : dionysos, dieu de la vigne, du vin et de ses excès, de la démesure, de l'extase ainsi que de la fertilité et du théâtre
TALENT(S) : un jeu d'acteur aux propriétés divines ainsi qu'une vision qui s'étend jusqu'aux yeux de ses représentations
FACTION : la nuova camorra, depuis toujours
OCCUPATION : propriétaire du piada bar, situé dans le quartier italien d'arcadia. un titre façade, qui cache ce qu'il est en réalité : second dans la hiérarchie officielle de la nuova camorra, alfonso occupe la place de consigliere
GENÈSE : primus
TALON(S) D'ACHILLE : son hédonisme démesuré ainsi que son genou droit qui l'handicape légèrement (vieille blessure par balle)
JUKEBOX : i feel good (james brown); left hand free (alt-j); don't threaten me with a good time (p!atd); wanted man (royal deluxe)
RUNNING GUN BLUES :


(fini) one more night (yuliya) ; link
who are you, really? (amyntas) ; link
let's drink ourselves to oblivion (sinead & amyntas) ; link
peur aux tripes (malkina) ; link
put your hands up, darling (azalée) ; link
chill and relax (nerissa) ; link
goosebumps (lyra) ; link
free your mind (julius) ; link



he is a hustler, he's no good at all
he is a loser, he's a bum, bum, bum, bum
he lies, he bluffs, he's unreliable
he is a sucker with a gun, gun, gun, gun




MessageSujet: Re: you've been hit by a smooth criminal » alfonso   Dim 7 Jan - 18:22

:moustachio: :moustachio: :moustachio: on meurt

plus sérieusement, je vais mettre en français stare

_________________

classy gangster

i'm a scholar and a gentleman and i usually don't fall when i try to stand.

spoiler:
 
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MessageSujet: Re: you've been hit by a smooth criminal » alfonso   

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