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Sorrow and decay

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Sorrow and decay - Mar 6 Nov - 2:14

Dernier étage d'un grand building. Vue imprenable sur la ville. Position dominante, intimidante, phare d'arrogance dans mer de misère. Tableaux de maîtres aux murs, fines soieries aux fenêtres, mobiliers design dernier cri. Ça pue le fric, partout, sur chaque dalle de carrelage, chaque plateau d’apéritifs, et les gens. Ces gens là, ces vermines, tiques, punaises, venus pour se montrer, inonder leurs réseaux de preuves qu'ils sont en ce moment même chez l'héritier Lazarre. Pour la plupart, ils ne sont rien, que des fils de personnes influentes, pourries gâtés, inutiles, dépravés, rongés par l'orgueil et l'ignorance. Pourquoi est-ce qu'ils sont là, déjà ? Allen ne s'en souvient plus vraiment. Un rapport avec les affaires de l'empire, une soirée sous le signe de la diplomatie, où tout le monde parle fort et donne son misérable petit avis sur tout. Impossible d'y survivre sans revêtir un masque, celui du bourgeois bien éduqué, bon hôte, attentionné, au langage à la fois chic, soutenu et étrangement moderne. Il joue le gendre idéal auprès de mères, le fiston volontaire et courageux auprès des pères, laisse entrevoir une pointe de folie à ceux de son âge, comme un faux clin d’œil laissant entendre qu'il reste jeune. Mais au fond de lui, Allen bout, explose, s'effondre dans un vacarme sourd. Il les tuerait tous s'il le pouvait, en les balançant du balcon, en les éventrant avec des couteaux en argent, en les étouffants avec les rideaux à deux-miles dollars. Il finirait certainement par le faire, un jour, quand les derniers piliers de son esprit se seront écroulés et que la folie aura finalement détruit tout ce qu'il avait pu être. Pas encore, cependant. En attendant, il continue de sourire, d'acquiescer en hochant la tête, de se fendre d'un rire tonitruant à la moindre blague ridicule, de saouler ses convives à grands coups de champagne et à les gaver de toasts au saumon, caviar, foie gras et autres mets délicats comme les porcs qu'ils sont.

_______________


Plus que quelques heures avant l'aube. Ils sont tous partis, enfin. Le dernier invité quitte la pièce, et le masque s'effrite en voyant la porte claquer.

« Je sors. Qu'il n'y ait aucune traces de leur passage à mon retour. », souffle-t-il froidement à l'une de ses employées. Son visage ne véhicule plus aucune expression, ses traits sont fermés, sombres. Seul son regard fit comprendre à la jeune fille qu'il valait mieux que l'endroit soit parfaitement nettoyé avant qu'Allen Lazarre ne rentre. Elle fut témoin d'une de ses colères, une fois. Si son salaire n'était pas si élevé, et surtout si elle ne craignait pas tant de possibles représailles, elle aurait déjà fichu le camp depuis longtemps. C'est ce qui les fait tous rester, l'argent ou la peur, mais aucunement l'amour, l'amitié ou l'admiration. Et le jeune homme le leur rendait bien. S'il ne les méprisait pas vraiment, car il n'avait que faire du statut social, du métier ou des revenus d'une personne, il n'éprouvait rien pour eux. Sa seule attente, qu'ils fassent ce qu'il ordonne. Bien, et vite. Et qu'ils frémissent d'épouvante si ce n'était pas le cas.

Son envie de quitter sa propre soirée était telle qu'il en oublia de se changer. Costume de la dernière élégance aux subtiles notes bleutées, chaussures en cuir italien, chemise de couturier, il était encore en accord avec le paysage quand il ordonna à son chauffeur de quitter Elysium Heights pour le quartier industriel où sa tenue détonnerait nettement plus. Pas de portable dans les poches, pour ne pas être pisté, seulement une liasse de billets, de quoi crocheter les serrures communes, et un couteau à la lame plus longue qu'une main dans les replis de sa veste.

Le chauffeur jeta un regard discret dans le rétroviseur intérieur. Son angoisse faisait perler d'épaisses goûtes salées qui courraient de son front jusqu'à son cou rasé de frais pour finir dans le col de sa chemise. Ce n'était pas la première fois qu'il emmenait « le patron », comme appelaient les employés Allen. Il savait très bien ce qu'il allait se passer. Au meilleur des cas, il rentrerait complètement ivre, ou défoncé, ou les deux, crierait mile jurons dans la voiture, fracasserait ses poings contre les sièges, frustré de ne pas avoir assouvi ses pulsions de violence, fou de ne pas avoir calmer sa colère constante. Mais la plupart du temps, le scenario était bien plus sombre. Couvert de sang, le sien ou celui d'autres, les mains noircies d'ecchymoses. Et ce sourire, et ce rire, cette démence qui lui déforme les traits, cette laideur profonde qui transforme son visage en celui d'une bête inhumaine. C'était à chaque fois un spectacle à figer le sang.

« Stop. », lança Allen d'une voix glaciale. La berline s'arrêta près d'une ruelle peu éclairée, propice aux pires crasses possibles, jonchée de clodos marmonnant des paroles inaudibles à la face de la pleine lune. Il quitta la voiture et s'enfonça dans les ténèbres sans un mot de plus. Le chauffeur savait quoi faire, attendre un signe de vie, un appel, un message, attendre ici, jusqu'à la fin des temps s'il le fallait.

_______________

C'était l'un des innombrables squattes de ce quartier rongé par la pauvreté. Murs jaunies par la crasse, la poussière, sol couvert de vieux prospectus ou de cartons moisis, un lieu de ruine où il régnait un silence morbide qui n'était fracassé de temps en temps que par les cris délirants d'un sans-abri défoncé au crack. Allen se dirigea vers la plus grande pièce, où s'agglutinaient comme des larves les junkies. Qui étaient-ils ? Avaient-ils seulement un nom ? Ils n'étaient plus personne, ils n'étaient même plus vraiment là. Personne ne fit attention à lui, à ses habits, il passait auprès d'eux comme une ombre dans les enfers. Les yeux de ces pauvres esprits n'entrevoyaient plus que leur propre damnation.

« Comme d'habitude. », cracha-t-il vers un clochard un peu moins attaqué que les autres, le fournisseur. Ce dernier sortit un sachet de cocaïne et une bouteille de whisky qu'il tendit à Allen, avant de cogner une cuillère sur une casserole rouillée.

« Vous avez entendu ! À la soupe ! », gueula le marchand aux autres en enfonçant l'épaisse liasse de billets qu'il venait de recevoir dans les poches de son pantalon humide. Et ils se levèrent tous, courant, boitant, rampant vers lui pour prendre leurs doses.

Le voilà, son véritable peuple, sa vraie famille. Il détestait les gens de la haute, non pas pour l'argent ou leurs manières. Tout comme il aimait ces junkies, ces clochards, non pas par pitié ou pour leur simplicité. Il les aimait simplement parce qu'ils avaient choisi l'auto-destruction. Ils se rendent aveugles, nient ce qu'il se passe dehors, s'enferment dans leurs rêves, leurs illusions, leurs défonces. Ils ne sont rien, ils ne laisseront rien, aucune trace de leur passage. Visages ternes et sales, petites âmes de rien, Allen était le seul témoin de leur existence, de leur vaine lutte, ridicule, misérable. Là, parmi les êtres ravagés à l’héroïne, affalés contre un mur ou étendus sur le sol, il se tenait droit, assis sur un canapé poussiéreux et ravagés par les mites, vomissant son rembourrage à certains endroits. Là, sur ce trône de misère, Allen se tenait comme un roi regardant ses sujets. Qu'ils se délectent de mourir, c'est lui qui leur offre ce luxe. Mourez maintenant, mourez demain, vous mourez chaque jours de vos rêves étouffés, de vos avenirs qui furent possibles. Vous mourez de douleur, de regrets, de remords, toutes ces sensations tortionnaires qui passent par la drogue ou l'alcool. Et tout ceci, c'est Allen qui l'offre, seigneur d'une contrée stérile, ravagé par l'épidémie moderne, gardien d'un troupeau malade. Toute cette peine, toute cette rage, ils n'ont plus la force de les combattre. Qu'ils dorment tous, qu'ils meurent tous, car il veille sur eux, il se fait gardien de leur affliction, il s'en délecte, il l'absorbe, pour qu'elle puisse un jour s'exprimer au travers de sa furie.
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Szymon Kasprzyk
Szymon Kasprzyk
- MORTAL WARRIORS -
BLAZE : ourson
CREDITS : KARMA JOLIE
FACE : timofei rudenko
DOLLARS : 571
SACRIFICES : 120
PORTRAIT : Sorrow and decay IL0hpwM
ANNEES : 23 ans depuis décembre 2018 jpp
CŒUR : et caetera
RÉINCARNATION : deirdre
TALENT(S) : beauté; ils disent "tu es si beau" la bouche en cœur, n'y voient rien de surnaturel et pourtant, il ensorcèle et méprise, d'un regard, un seul - discorde; il sera si beau que beaucoup de sang sera versé par sa faute
FACTION : sans-faction
OCCUPATION : vendeur à la sauvette; il attend à la sortie des métros, à l'entrée des magasins, pour revendre des tours eiffels miniatures, des roses, des stylos, des boules à neiges et bref, quelques dollars pour pouvoir manger et éventuellement trouver un abri pour la nuit
TALON(S) D'ACHILLE : le vide, celui qui s'étend lorsque le sol se dérobe sous ses pieds et puis qui ne se termine jamais, jamais, tomber, tomber lui fait si peur en réalité qu'il dort en s'accrochant de toutes ses forces à un pan de mur, ou un morceau de carton
JUKEBOX : ta marinière x hoshi
RUNNING GUN BLUES : Sorrow and decay K6MF6Dk
Charlie; 1-2 (fin)
Dahlia; 1
Allen; 1(fin)
Lulu 1 (fin)
Aurelio 1 (fin)
Brónach; ?
Ayato; ?
Maciej; 1 (hiatus)
Tsukiyo 1
Event Gala
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Sorrow and decay - Mer 7 Nov - 18:00

Elle n’était pas très âgée elle non plus. Peut-être plus âgée, peut-être plus jeune, il n’en avait pas la moindre idée, mais son visage émacié n’aurait pas pu appartenir à une vieille dame, c’était certain. De toute façon, c’est le piège avec les malheureux, les plus habitués semblaient tous extrêmement âgés,  comme si les rides avaient décidé de creuser de plus gros sillons que sur les autres, pour bien les démarquer du reste du monde. Et ceux qui sont jeunes le semblent toujours extrêmement plus, comme si, au contraire, la misère leur offrait une jeunesse éternelle, généralement ont les imagine pas capables de vieillir, comme s’ils étaient épargnés et c’est naïf de le penser, alors qu’en vérité ils finiront crevés avec le même visage rond. Trop jeunes pour expirer et pourtant.

Jules, elle se fait appeler Jules, un faux prénom, de toute façon, entre eux, ils préfèrent s’en dire des faux, au cas où. Et Szymon ne connaît pas réellement Jules, non, tout ce qu’il sait d’elle c’est qu’elle n’est pas une habituée de la rue, comme lui. Qu’elle est sympa aussi parce qu’elle a bien voulu partager un repas frugale avec lui, un sourire aussi et un petit mot. Et ça, ça n’arrive pas souvent. Puis Jules l’a persuadé de la suivre pour la journée et Szymon n’a pas plus hésité.

Très franchement ils se sont bien amusés, ils ont parcouru les rues, effrayé ou attendri les passants – parfois c’est dur à dire, couru comme des damnés, à s’en éclater le gosier, elle a même fait comprendre à Szymon qu’elle était un il déguisé, qu’il devait oublier le féminin et ça ne l’a pas plus dérangé. Puis quand la nuit est venue ils ne se sont pas quittés, parce que Jules avait promis de montrer à Szymon quelque chose d’extraordinaire, de lui offrir un peu de bonheur aussi, pour le remercier ou simplement terminer la  journée en beauté. Et lui, il s’imaginait un repas ou pourquoi pas quelques baisers, une nouvelle parenthèse éthérée.

Puis lorsqu’ils se sont approchés du bâtiment branlant, les choses étaient devenues plus incertaines pour l’un, plus excitante pour l’autre. Et peut-être que c’était marqué sur son visage depuis le début,  dans sa façon de renifler, dans sa façon hagarde d’examiner le monde, mais Szymon n’avait pas vu, ou alors avait refusé de voir, quelque chose comme ça, de toute façon c’est bien pareil quand on se berce d’illusions. Alors il a suivi, sans plus rien laisser paraître, sans rien protester non plus, peut-être pour ne pas lâcher cette main ou pour ne pas avoir à se demander s’il aura bien survécu à la nuit. Ou pour le contempler et s’assurer que Jules ne sera jamais oublié. Mais c’est aussi un peu faux, parce qu’il est certain, quelque part, de s’y risquer pour ne pas rester seul la nuit tombée.

Ils ont monté les marches tranquillement, l’un débitant des récits incroyables qu’il était certain d’avoir vécu au lieu d’imaginer, des visions idylliques de bonheur et de légèreté, quelque chose qu’il ne connaîtra jamais. Soucieux d’expliquer les sensations, de faire flamber ses yeux d’envie un peu pour que le sans-abris daigne lui aussi s’y risquer le nez. En réalité il parlait plus que Szymon ne le faisait, ce qui n’arrivait jamais, mais surtout parce que le polonais avait besoin de cette main plus qu’il ne le disait, alors pour ça il était capable de mentir un peu, de jouer le jeu, de se taire pour cette fois.

En arrivant à l’étage ils ont trouvé de nombreux corps recroquevillés, des fredonnements extatiques, ça et là, ce n’était pas des clochards – pas tous, la plupart étaient justes des camés qui étaient bien décidé à tout sacrifier pour un peu de poudre, ou alors des opiacés et certains pourraient dire que c’est la même chose, mais en réalité, c’est différent, extrêmement. Szymon observe, passe au-dessus des gens sans avoir l’air plus affligé. Plus désolé. Un peu marginal dans tout ce beau monde, mais il n’ignore pas non plus qu’il pourrait finir par faire parti de ces gens là un peu aussi. Ça fait blanchir ses phalanges, mais il suit toujours aveuglément.

Jules s’arrête près d’autres gens, un mélange assez éclectiques de haillons et de jolis vêtements, piqués ça et là, il le présente aux autres avec chaleur et chacun se présente aussi. Ils discutent un moment, s’échangent des regards un peu étoilés, proposant aux autres de quoi s’éclater eux aussi, ne s’offusquent même pas lorsque le nouveau venu refuse poliment, sauf peut-être Jules qui relâche sa main et hausse les épaules.

***


C’est un bruit sourd qui les éveille tous, un code secret qu’ils semblaient tous saisir avec facilité. Szymon émerge de son tas de couverture, difficilement, peut-être parce qu’il est encore partiellement endormi et qu’il a rêvé avec brutalité du vide inexistant sous ses pieds. Jules – ou peut-être pas, il ne sait plus qui se trouve devant lui, tout est tellement différent à présent, lui tire la main, avec un sourire engageant et ça l’effraie un peu Szymon. Parce qu’en y réfléchissant on dirait la vision d’un futur incarné, lui qui sait si bien entraîner les autres.

Tous convergent vers un point. Un seul. Une silhouette trop sombre pour être clairement distinguée, mais ils y avait devant lui tout un amas grouillant, comme s’il était dieu et puis, c’est peut-être le cas, pour ce qu’il en sait. Au lieu de rejoindre le cortège, c’est lui cette fois qui lâche la main qui le tenait jusqu’à présent, mais qui ne semble pas en être tellement affecté. Il est spectateur encore, mais là personne ne semble plus faire attention à personne. Comme si les corps avaient réellement cessés d’exister pour ne faire qu’une seule entité au cerveau éclaté. Une vision un peu saisissante du monde qu’il n’aurait jamais cru exister, avant, ou alors pas comme ça.

Alors Szymon détourne la tête sur le point de s’en aller, jusqu’à ce que son regard tombe sur une autres silhouette. Peut-être la même, à ce point, rien ne le surprendrait. Il s’avance, peut-être par curiosité, ou par incompréhension. Comme s’il était un invité indésiré et plus il s’avance plus il lui apparaît comme une contradiction à tout cet univers-là, à tous ces gens-là, lui compris. Alors sans rien demander, il s’installe à côté, en ignorant superbement la notion d’espace personnel, son genou cognant le sien simplement parce que. Il ne pose pas de questions, pas encore, se contente de regarder ce qu’il regarde, ou du moins, d’imaginer ce qu’il regarde, ses bras soutenant sa tête.

Long silence, seulement souligné par la cacophonie des excès devant lui, qui soulève encore plus de questions dans sa tête. Alors Szymon s’affale contre le fauteuil qui grince un peu, puis il tourne la tête et tend la main: Et moi ? Qu’il demande, en baillant. Drogue à moi chocolat. Qu’il précise, avec désinvolture, se doutant qu’il ne transportait pas ce genre de choses. En réalité il n’avait même pas l’air d’un dealer, alors il ne s’attend à pas grand-chose. Non, décidément, il se dit qu’il n’obtiendrait ni de quoi apaiser son estomac, ni ses doigts frêles.
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Sorrow and decay - Mer 7 Nov - 20:48

Agglutinés comme des veaux à qui on vient de servir la bouillie, ils se vautrent dans leur défonce. Allen s'en délecte et communie avec eux en s'envoyant un rail de blanche sur une vieille table de chevet crasseuse disposée à côté de son trône. Même si on pouvait penser le contraire, sa démarche n'avait rien de cruelle, on pourrait même dire que c'était une sorte de compassion exacerbée qui le poussait à agir ainsi. Ces gens, ces pauvres gens, ont connu la douleur, la vraie douleur qu'inflige la solitude. La peur aussi, celle de ne pas être à sa place, celle de ne pas avoir de place. Lui aussi, il avait caressé le même rêve qu'eux, celui de trouver un jour sa voie, d'être accepté tel qu'il était. À travers la drogue, ces malheureux se rapprochent de ce rêve, ils peuvent l'étreindre, sans penser à la réalité. Et c'est précisément à ce moment là que coule le pire des poisons dans leurs veines, non pas l'héroïne ou le crack, mais l'espoir. Espérer, c'est attendre, capituler, remettre son destin entre les mains du sort. Espérer, c'est dériver, c'est devenir spectateur, absent. Pour la plupart des gens, c'est le moteur le plus puissant. D'autres choisissent l'amour. Allen a découvert le plus grand d'entre eux, la rage. Ce feu qui brûle les entrailles et chauffe les poings, qui donne envie de croquer, mordre, dévorer, qui empêche de rester à terre ne serait-ce qu'une seconde.

Mais tous ne sont pas fait pour combattre, c'est pourquoi certains doivent le faire pour eux, c'est pourquoi Allen doit le faire pour eux. Il est l'expression de leurs douleurs, celui qui lutte pour ceux qui abandonnent, messie autoproclamé de leurs souffrances, leur roi magnifique, leur dieu terrible, leur sauveur inattendu.

Un contact vint le tirer de ses délires mégalos, le frottement d'une cuisse contre la sienne. Il n'avait pas remarqué que l'un de ses agneaux s'était assis auprès de lui sans rien dire, comme s'il voulait timidement sentir la protection qu'offrait l’œil de la tempête, le réconfort d'être sous l'aile d'un dragon. Non, ce n'était pas un camé celui-là, pas vraiment un clochard non plus. Ses traits d'une beauté implacable n'étaient pas rongés par l'alcool ou la drogue, et si Allen sentait une certaine mélancolie dans les yeux clairs du jeune homme, ce dernier irradiait de candeur, de joie légère.

« Un ange en enfer. » lança d'une voix rauque le costard aux haillons. C'était comme si sa colère s'était apaisée l'espace d'un instant, presque fasciné par son charme. Mais les remous de sa haine se remirent très vite à tourbillonner en son âme, et il détourna le regard. « J'ai rien pour toi mon gars, rien à part la mort à petit feu. Qu'est-ce que tu fais là, d'ailleurs ? »

Le malaise s'installa rapidement en son cœur, si bien qu'il se leva brusquement et se dirigea vers la fenêtre à quelques mètres. Ce n'était pas habituel, ce n'était pas normal, ce mec là, il n'était pas des siens, il n'était pas à sa place. Allen sentait qu'il n'aurait aucun pouvoir sur lui, qu'il ne le verrait jamais ramper à ses pieds comme les autres pour l'implorer comme on implore le dieu des morts d'épargner un proche malade. Une grosse gorgée de whisky, la main si serrée sur le goulot que la bouteille aurait pu éclater, les nerfs remontent. Il lui jeta un regard froid transpirant la violence et le dégoût. « Tu n'as pas besoin de moi, alors je n'ai pas besoin de toi. Ici c'est un mouroir, pas de place pour la joie. Toi, toi... », s'arrêta-t-il pour scruter les moindres reliefs de son visage parfait. « Toi, tu pues la vie. Putain j'ai oublié mes clopes. »

Il se passa les mains sur le corps dans l'espoir d'y sentir la forme de son paquet de cigarettes, en vain. Sa main s'arrêta un instant sur la lame qu'il dissimulait dans sa veste, et ses yeux brillèrent soudainement d'une lueur malsaine. Après tout, il l'avait cherché, oui, il le méritait bien. Venir déranger les morts comme un rire dans un mausolée. Et pourquoi ne pas lui crever ses yeux de biches, lacérer ses joues gourmandes, éclater son cœur ? Détruire quelque chose de beau, de pur, détruire l'illusion de la vie, c'est ce qu'Allen s'était juré de faire. Et pourtant, quand il regarda une nouvelle fois le jeune homme, sa main glissa, vide, ballante. Il ne pouvait s'y résoudre, quelque chose l'en empêchait, quelque chose d'inexplicable, comme une barrière invisible. Rageur de se sentir si impuissant, il ne put qu'avaler une autre lampée de whisky, les yeux saisis d'incompréhension et les poings fermés.
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Szymon Kasprzyk
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Sorrow and decay - Mer 7 Nov - 23:23


Il n’avait donc pas de chocolat. Mais bien sûr, c'était assez évident, l'endroit ne s’y prêtait pas. La déception passe après un soupir lassé. Peut-être qu’il n’en mangerait jamais vraiment. Que c'est plus facile de trouver de quoi faire circuler un peu de magie chimique dans ses veines que du cacao. Et pourtant il avait l’air de pouvoir en manger autant qu’il le désirait, lui, c'était écrit sur le couture des son joli costume. Szymon n'insiste pas, il pouvait encore se permettre de se passer de mort en petite dose, de poison douceâtre.

Lorsque que l'autre se lève il ne bronche pas plus, il essaie de reconnaître Jules, parmi toutes ces personnes devant lui. Sans y arriver. Il détourne le regard quand il entend qu’on l’apostrophe avec hargne, plantant ses iris dans celles de l'inconnu. Inédites et surtout habitées par quelque chose d'abyssale qui met mal à l’aise un peu, puis qui disent qu’il ne mérite même pas ces quelques secondes d'attention. Szymon esquisse un semblant de sourire, par habitude, parce qu'à la force des années il s’y est un peu habitué, bien que depuis l’éclipse les choses avaient un peu changé.

Ou peut-être qu’elles ne changent jamais réellement. Un instant il a l'impression d’être l'étranger, là, alors qu’il y a été invité, alors qu’il voulait y trouver… Il ne sait plus vraiment. De quoi épancher quelque chose, certainement. Szymon ne sait pas ce qu’est un mouroir, mais certainement, cet endroit y ressemble dans la nuit, quand les esprits ne sont pas éclairés qu’ils ne pulsent plus réellement, qu’ils s'éternisent d'unanimité, inanimés. Mais effectivement il est d’accord sur un point. Lui il n'a besoin de rien. Ni de personne. C’est ce qu’il aime clamer pour se montrer fort c'est vrai. Seulement quelque part il sait qu’il ne serait pas là. Maintenant. Si c’était réellement le cas. Alors il fourrage son nez dans ses fringues, c’était bien la première fois que l’on disait qu’il sentait la vie. Les gens ont tendance à penser que la sueur et le manque d'hygiène étaient synonymes de maladie.

Nouveau silence au royaume de la non-vie, du désastre imminent et de la souffrance inouïe. Quelque chose de presque inédit quand on y pense, il devrait y avoir des rires à l'agonie. Des sens et puis aussi des gens qui se perdent et disparaissent pour une existence expirée. Szymon se relève va chercher sur sa couche son sac et son manteau, rapidement, avant de revenir sur le sofa, plus alerte cette fois. Il passe même par le dossier, manque finalement de tomber la tête la dernière sur le plancher. Et ça le fait rire un peu, mais il se rattrape vite. Il dépose son manteau sur le côté et extirpe du sac un paquet de cigarettes tout juste tombé sur le sol alors qu’il se promenait. Quelque chose d’utile, quand on manque d’argent et qu’on les fait payer un dollar pièce. Les gens n'hésitent pas réellement. Il en récupère un tube pour le poser sur la table basse, précédemment utilisée pour … et bien. Se défoncer. Sans doute n'a-t-elle jamais servie à rien d’autre.

- Je suis là pour suivre …. Opportunité. Il désigne les ombres chinoises devant eux, des contrefaçons d'humanité, pour le moment et peut-être à jamais. Mais je me suis trompé. Il hausse les épaules, le nez vers la table et l'index en train de balayer d'éventuelles traces de poudre simplement par curiosité et ennui aussi. Quelque chose comme ça. Ignorant peut-être tout de la tempête qui agite les tempes de son vis-à-vis. Si tu veux je peux faire semblant d'avoir besoin de toi. Szymon se redresse tend la main, minaude un peu : Moi aussi j’ai soif parfois, s’il te plaît ! Je te prie ! Ses yeux papillonnent gracieusement, implorent presque véritablement, jusqu’à ce qu’ils disparaissent sous ses paupières. Et qu’il s’écroule sur le canapé en se tortillant, hilare, la tête sur son sac et les jambes repliées dans un rire sincère, extrêmement. Puis qui s'évapore presque immédiatement. Il n'est pas simple de savoir quand il commence à rire pour de vrai.

Alors c’est ça que toi tu fais. Faire en sorte que les gens ont besoin de toi ? Il souffle, tourne la tête s'imaginer des milliers de corps en train de demander à Joli Costard s’il daigne leur accorder un peu de cette dose tant réclamée. Moi j’ai besoin personne. Pas toi. Même pas opportunité. Pas même d’une main pour s’en sentir moins esseulé. Et c'est bien les illusions. C’est beau, c'est vrai. Ah oui. C’est sans doute ça qu’il était venu chercher.

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Sorrow and decay - Jeu 8 Nov - 23:10

Qui était-il vraiment ? Sous ses faux airs de clown et sa façon ridicule de parler, on pourrait penser que le jeune homme était simplet, mais Allen ne pouvait le croire. Il y avait certainement une grande douleur tapie au fond de ces immenses yeux. Le pauvre gars était plus jeune, il venait dans ce genre d'endroit certainement faute de mieux, et non pas pour un égo trip comme lui. Il ne devait pas posséder plus d'une vingtaine de dollar, pas d'autres fringues, pas d'endroit à lui, et pourtant. Il se roule, s'esclaffe, fait les yeux doux. Sa légèreté, son ignorance, quelle bénédiction !

« Attrape. », le prévint-il un peu au dernier moment avant de lui lancer la bouteille de single-malt. « T'es quoi au final, une pute, hein ? Bah, laisse, on s'en branle, file m'en une. »

Le paquet passe d'une main à l'autre sans qu'il n'ait vraiment attendu le moindre consentement. Aspirer, expirer, se détendre. Un poison de plus, une délivrance de plus. « Fais semblant une seule fois avec moi et je t'arrache ta gueule parfaite, t'entends ? Pas de mensonges, pas de promesses, pas d'illusions. Tu parles, tu te tais, tu profites, tu t'en vas, tu fais ce que tu veux. Mais continue d'user de ton charmer sur moi et ce sera la dernière fois que tu pourras le faire. Bouge. »

Aucune méchanceté dans la voix, étonnement, simplement un avertissement glacial. Quand on doit passer ses journées à agir en bon fils, en bon chef d'entreprise, quand on doit sourire à tout, rire, feindre d'être agréable à longueur de temps, il est un moment où l'esprit doit revenir dans le réel. Et ce réel, Allen le trouve en ces soirées oniriques où les substances, bien qu'hallucinatoires, n'autorisent plus aucun masque. Les sensations sont pures, non filtrées, elles arrivent en plein visage sans prévenir, on ne peut que les encaisser, les laisser nous posséder, courir, sauter sur nous, jusqu'à ce qu'elles se fatiguent de jouer avec nous. C'est ici, dans ce genre d'endroit lugubre, sale à vomir, qu'il a trouvé la seule vérité. Alors voir cette dernière être salie par un ridicule jeu de charme, Allen ne pouvait y consentir.

Il était revenu sur le canapé et avait repris son whisky pour en boire une autre goutte avant de poser la bouteille entre eux deux, comme une invitation à se servir quand il le désirait. « Quel sort peut-il nous avoir amené dans un lieu pareil, toi et moi ? Tu es le soleil, je suis la lune. Tu es le feu, je suis la glace. La lumière immaculée, les ténèbres enchevêtrés. Tu fais tout pour vivre, je fais tout pour mourir. Et l'un comme l'autre, on y arrive pas vraiment, hein ? Tu survies à peine, et moi j'erre encore ici alors que je suis mort à l'intérieur. »

Sa première cigarette est à peine éteinte qu'il en allume une seconde. Il réalisait l'absurdité de l'instant. L'autre, là, il devait pas avoir compris la moitié de ce qu'il venait de dire, et quand bien-même aurait-il réussi, qu'est-ce-qu'il pouvait bien en avoir à foutre ? Pas grand chose, c'était visiblement pas le genre de type à avoir des discussions métaphysiques, encore moins à une heure pareille, dans un endroit pareil. Mais au final, Allen se parlait à lui-même, comme s'il répétait son discours pour la fin du monde. Après tout, la grandiloquence, ça se travaille.

Un des camés rampa avec une lenteur terrifiante jusqu'à ses pieds pour tirer et gratter le bas de son pantalon en bredouillant des choses incompréhensibles. L'homme avait une cinquantaine d'années, même si la barbe hirsute qui lui dévorait le visage lui faisait paraître dix de plus. « Là, là. Tout va bien mon enfant. », lui chuchota Allen en lui faisant poser sa tête sur son genou tout en lui caressant d'une main et d'un air paternel ses cheveux crasseux. Il brandit son autre main en l'air, et le fournisseur arriva en grande hâte pour lui tendre garrot et seringue prête à l'usage.

« Tout va bien se passer maintenant. Voilà, dors, dors. Rejoins les ténèbres ». L'héroïne fit vite effet et le vieux repartit dans ses songes sans lumière sous le regard bienveillant de son sauveur. « Ils ne peuvent plus voir la réalité, la léthargie est leur seul salut. Mais toi, t'es différent, n'est-ce pas ? Pourtant, y'a bien un truc qui te fait tenir. Ne me répond pas l'espoir, tu sais comme moi que ce n'est qu'un autre mensonge. »
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Szymon Kasprzyk
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BLAZE : ourson
CREDITS : KARMA JOLIE
FACE : timofei rudenko
DOLLARS : 571
SACRIFICES : 120
PORTRAIT : Sorrow and decay IL0hpwM
ANNEES : 23 ans depuis décembre 2018 jpp
CŒUR : et caetera
RÉINCARNATION : deirdre
TALENT(S) : beauté; ils disent "tu es si beau" la bouche en cœur, n'y voient rien de surnaturel et pourtant, il ensorcèle et méprise, d'un regard, un seul - discorde; il sera si beau que beaucoup de sang sera versé par sa faute
FACTION : sans-faction
OCCUPATION : vendeur à la sauvette; il attend à la sortie des métros, à l'entrée des magasins, pour revendre des tours eiffels miniatures, des roses, des stylos, des boules à neiges et bref, quelques dollars pour pouvoir manger et éventuellement trouver un abri pour la nuit
TALON(S) D'ACHILLE : le vide, celui qui s'étend lorsque le sol se dérobe sous ses pieds et puis qui ne se termine jamais, jamais, tomber, tomber lui fait si peur en réalité qu'il dort en s'accrochant de toutes ses forces à un pan de mur, ou un morceau de carton
JUKEBOX : ta marinière x hoshi
RUNNING GUN BLUES : Sorrow and decay K6MF6Dk
Charlie; 1-2 (fin)
Dahlia; 1
Allen; 1(fin)
Lulu 1 (fin)
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Sorrow and decay - Ven 9 Nov - 21:20

Il n’a pas le sens de l’humour, sans doute le sens de rien, cet inconnu et dans ses prunelles, il ne ressemble à pas grand-chose, si ce n’est qu’il est bien trop tiré à quatre épingles pour ce genre d’endroit. Szymon récupère la bouteille et sans qu’il ait le temps d’en placer une, Joli costard s’approche pour dérober de ses presque mains le paquet de cigarette qui perd de nouveau un peu de son contenu alors que sa dignité palpite dans ses tempes et qu’il jure un peu avant d’esquisser : Pas p- Mais, à quoi bon, Szymon, son esprit est parti et puis ne l’a-t-il pas dit ? On s’en branle. Pas sûr qu’il dirait la même chose s’il connaissait le quotidien d’une prostituée. Oh, d’ailleurs, c’est sûr qu’il y connaît pas grand-chose, suffit de l’entendre parler, lui promettre l’enfer s’il se met à faire semblant ou s’il recommence à minauder, alors que tout le monde sait que les putes excellent dans la simulation, le mensonge parfait esquissé pour les plus naïf. Alors Szymon se tortille vers l’avant pour lui laisser un peu de place – non mérité, mais quand il exige il s’attend fatalement à ce que l’univers s’exécute. Devrait pas être un problème si tu regardes plus mon tête ou mes yeux. Parce qu’il est plutôt certain de pas réellement arriver à ne plus être aussi beau, surtout quand ça émane plus réellement de lui, ou peut-être que c’est juste lui, une coïncidence cosmique avec l’éclipse et tout ça, mais il n’y croit pas.

Szymon ramasse ses genoux et se relève juste un peu pour les ramener contre lui, les pieds sur le fauteuil et le dos contre l’accoudoir pour le regarder lui vivre, évoluer, respirer, alors que l’attention de l’autre est tournée vers Jules et les autres. Chacun son spectacle. Il tendit la main pour subtiliser la bouteille en boire une gorgée et toussoter comme un diable, mais c’est toujours comme ça à la première. Il la repose là où il l’a trouvé et ne dévie pas son attention. Il essaie de comprendre sans vraiment pouvoir le faire complètement. Les sortilèges et les images sont trop hors d’atteinte pour lui, pourtant il acquiesce quand il entend qu’il veut vivre et c’est vrai. Lui il doit vivre au moins jusque cent ans, il a promis qu’il le ferait. Et pour le reste… Eh bien, il ne peut pas non plus comprendre ce qu’il entend par mourir, parce que c’est trop loin, ça aussi, la mort, elle se cache dans des repères trop sombre comme cet endroit et il s’il devait l’incarner alors sans doute choisirait-il de la représenter comme lui. Bien habillé, autoritaire et sombre.

Et pourtant, il y avait une certaine tendresse dans les yeux de Joli costard, ou du moins, c’est ainsi que Szymon s’imaginait qu’il regardait ses ouailles, surtout lorsque l’un d’eux s’approcha de lui. Il n’en perdit pas la moindre miette, juché qu’il était, ses mains en train de jouer avec la capuche de son manteau. Il essayait de comprendre si c’était le sort de ces particules d’humanité qui le préoccupait tant. Ou leur survie. Sans doute que ce n’était pas ça. C’était trop obscur pour lui, quel besoin avait-il de les voir ramper de cette façon ?

Il ne commente pas l’échange, pour autant, non Szymon ne se contente que de rire lorsqu’il promet que tout va bien à un homme qui pourrait être son père. Qu’il le borde aussi de manière plus sinistre, sortant d’où il ne savait de nouvelles drogues, de nouvelles façon d’y rester. Oh, non, tout n’irait pas et ça, il pouvait le promettre.

Les yeux du vagabond se lassent pour aller se perdre sur le visage contenté de l’homme sur le sol, pâle, presque offert à il ne savait quel dieu ténébreux, une grimace fichée sur la bouche. Il y avait tout un monde entre lui et les junkies du coin. Et ça se voyait à cet instant précis, alors qu’il y a quelques heures ils étaient alertes et parfaitement disposé à discuter trop fort avec lui. Ou alors peut-être que ces instants là n’ont jamais réellement existé ? Et quand on le hèle de nouveau il détourne la tête. Il écoute la question sérieusement, y consacre quelques secondes vraiment, avant de finir par hausser les épaules. Pourquoi était-il si curieux qu’il désire tant s’accrocher ? Qu’il ne se laisse pas aller à son tour, comme tous ces autres ? Pas de mystère finalement. Tu dis pas aimer mensonge, pas aimer promesse, mais tu fais ça, tu fais que leur donner illusions. Plein de gens comme toi dans le monde. « Faire ce que je dis, pas ce que je fais. » Et le plus incroyable dans l'histoire c'est peut-être même qu’il croit sincèrement en ce qu’il dit.

- Moi je… Moi j’aime bien réalité. Même si elle suinte, même si elle fait mal aux yeux, puis parfois aux oreilles, quelle donne des mal de crâne et qu’elle se venge en lui laissant des coups sur le torse, la tronche, les phalanges et puis qu’elle essaie de le tuer parfois. Il ferme les yeux attrape la bouteille de nouveau pour boire une nouvelle. Même s’il n’a pas réellement soif ou qu’il n’aura jamais soif. Peut-être c’est dur, mais être ici c’est mieux que ailleurs. Ici c’est libre de vivre et mourir comme je veux. Ma vie, mes choix, mon corps, mes erreurs, c’est luxe que tu dois même pas avoir toi. Il le dit sans arrière pensée, sans même dénigrer quoi que ce soit, dans le fond, c’est juste un constat. Pourquoi tu cherches mourir toi? Parce qu’il doit bien avoir des raisons.

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Sorrow and decay - Lun 12 Nov - 15:43

Allen reposa la tête du camé sur le sol, il gisait inanimé, beauté figée servant de prisme à la rencontre entre la non-mort et la non-vie. Le troisième état, l'absence du corps, l'explosion de l'esprit, la vraie liberté. Et l'autre pouvait bien se gausser de ce spectacle, cela n'avait pas d'importance. C'est l'ignorance qui riait, rien d'autre. « Tu ne sais pas de quoi tu parles. Où est la réalité ? En toi, en moi ? Sur ce plancher ? La réalité, c'est ce qu'il reste quand on a détruit tous les mensonges, quand on accepte ce qu'il se passe sans juger, sans se morfondre, sans jouir. Ils sont tous enfermés dans des corps pourrissants, marginaux sans toits, esprits trop libres pour se conformer. Je leur offre l'ultime luxe, le bonheur sans attente de retour. Je ne les aime ni les déteste, ils font parti d'un autre monde, un monde de lumière aveuglante qui brûle et juge et montre et dénonce. Mon cadeau, c'est le réconfort des ténèbres, le repos dans l'ombre. La fin d'une conscience formatée, bafouée, rouée. Regarde, regarde le. ». Il pointa du doigt le vieil homme à qui il avait précédemment administré une dose. Il respirait encore, de manière sporadique, les yeux fixés sur le plafond et les doigts crispés qui se tordaient lentement.

« N'est-il pas magnifique ? Il n'est plus qu'émotions, sentiments. C'est ça, la seule réalité, où plus rien n'entrave l'âme, pas même l'esprit. Il se fiche de savoir comment il s'appelle, il n'a plus à s'inquiéter pour son repas du soir, de l'endroit où il devra trouver refuge pour dormir. Il ne sent plus le regard des autres, il ne sent plus son propre corps. Libre, comme rares ont pu l'être. »

Il n'avait pas regardé le garçon un seul instant durant sa tirade, ses yeux sans émotions étaient restés cloués sur le visage du clochard. Allen ne tirait absolument aucun plaisir de tout ce cirque, il se sentait simplement obligé de le faire, comme investi d'une mission divine. Messie des enfers, héraut de la fin des temps, il rassemblait les derniers errants pour la dernière marche qui arriverait bientôt. Son regard froid et impérieux se posa à nouveau sur son interlocuteur. « Tu te dis libre ? Es-tu libre de manger une entrecôte ? Libre de dormir dans un palace, de conduire la dernière Ferrari ? Allons encore plus loin. Es-tu libre d'aimer qui tu veux, de te faire aimer par qui tu veux ? Te sens-tu libre quand la colère t’envahit, quand la peine te submerge ? Tu n'es pas plus libre que moi, nous sommes esclaves à tous les niveaux. La société, nos sentiments, nos besoins, sont autant de cages qui nous enferment. ». Il désigna de l'index l'assemblée macabre qui se tordait de plaisir à même le sol, à leurs pieds. « Ils n'ont plus aucune chaîne. Je comprends maintenant ce qui te fait tenir. L'arrogance. De te croire libre, autosuffisant. Rien de réel là-dedans. »

Nouvelle gorgée de whisky, nouvelle cigarette. Le paquet du pauvre gars allait y passer, mais Allen lui filera largement de quoi le rembourser. Il ne veut rien devoir à personne, car la seule fois où c'est arrivé, il a hérité de l'empire maudit de son damné de père. « Je suis déjà mort, à l'intérieur, lorsque l'ignorance est devenue une étrangère. La froide réalité, le vrai sens des choses sont entrés dans mon cœur comme un poignard glacial. Mais je ne peux pas partir car je suis un messager. La liberté ne me sera offerte qu'en dernier, lorsque j'aurai guidé assez d'âmes errantes vers les jardins de la plénitude, lorsque la flamme brûlera dans assez de cœur et que quelqu'un sera capable de remplir mon rôle. En attendant, je rôde comme un fantôme, une pensée éthérée, à la recherche d'esprits à libérer, sans plaisir ni joie, sans peur ni angoisse. En cela, je suis mort. »

Tâche besogneuse, peut-être, mais il s'agissait de la seule qui méritait vraiment d'être accomplie à ses yeux. Fou, dérangé, délirant, son esprit suivait pourtant une certaine logique, morbide s'il en est, et pourtant terriblement solide. Aucun dieu n'allait sauver ces gens, aucun diable n'allait les accueillir dans les flammes infernales. Seulement l'éternité de la non-conscience, le repos du néant, dont ses brebis pouvaient se délecter quelques instants grâce à ses présents princiers. « Tu peux me juger, tu peux ne pas me comprendre. Mais un jour, tu seras peut-être confronté à une douleur si intense, à une peine si terrifiante que ton effroi te poussera jusqu'à la folie. À cet instant précis, tu auras un choix à faire : lutter ou t'abandonner à une errance sans but. J'ai choisi de me battre pour tous ceux qui n'ont pas eu la force de le faire, c'est aussi simple que ça. »
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Sorrow and decay - Lun 12 Nov - 23:01

Spectateur du pire, il s’exerce, affalé comme il le peut, en réalité le sommeil semblait s’évanouir à présent de ses tempes, comme si le whisky était déjà en train de faire son piètre office et déjà le rire gagne sa bouche comme des soupirs énamourés pour l’univers et puis. Son esprit décortique faiblement le flot de paroles ininterrompus, comme une vieille chanson grésillante qui filtre de la pièce d’à côté. Trop loin pour être vaguement fredonnée, trop proche pour être véritablement recyclée quelque part, peut-être que c’est ce qu’il perçoit, de son coin de fauteuil. Un bruit de fond particulièrement audible, particulièrement inintelligible. Et Joli Costard enfile les mots comme un grand sage enfile des nouilles sur une chaîne d’argent, ils défilent, implacables, comme s’il était capable de refaire l’univers à coup de dénégations et d’arguments sophistiqués ou plutôt sophismisés, mais ça n’existe pas vraiment et puis vous savez pour un polonais le dictionnaire anglais non plus alors il se contente d’extirper ça et là des mots et puis des thèmes aussi. Il essaie de regarder, pour faire plaisir, l’air toujours plus hilare, même s’il n’y comprend rien et de la peine et des sentiments, de la liberté qu’il proclame et suggère offrir comme on offre des madeleines aux sans-abris à noël. C’est insensé pourtant, comment peut-on posséder la liberté et prétendre la donner ? C’est comme des contradictions stellaires ses mots à lui, c’est vrai, quand on y réfléchi, c’est bête, terriblement bête.

Bête de se dire si mort en paraissant tellement en vie et puis d’expirer des mots sans teinte particulière pour parler de la petite mort qu’il offre de ses doigts et puis, ce voyage final qu’ils finiront tous par emprunter, tôt ou tard, visiblement tôt. Szymon trouve ça monotone comme une branche cassée, un disque rayé. Il trouve ça prétentieux aussi, mais quelque part Joli Costard lui semble être bien habillé en gucci tissé de suffisance, ça lui va bien qu’il se dit, même que ses yeux brillent plus de vitalité que sa langue ne laisse présager. Et peut-être qu’il joue au mort plus qu’à l’être vivant, alors qu’elle émane de ses pupilles et qu’elle fait trembler ses paumes. Oui celles-là même qui se réinventent guérisseuses des maux et des plaies. Les sept comme celles de l’Égypte.

Dernière tirade, qui ne fait que faire dodeliner sa tête d’incompréhension,  s’étirer ses deux bras vers la bouteille comme une supplique, il préfère encore se noyer dans l’ambre que d’écouter encore des tirades trop complexes et bien trop ourlées d’erreurs en plaqué. Or, les richesses de son vocabulaires ne sont que des accessoires que Szymon aimerait balayer d’un mouvement de la paume. Au lieu de cela, il tient bon, vraiment, jusqu’à la dernière lettre prononcée avec suffisance et puis.

Et puis il s’élance vers l’avant, pour plaquer le bout de ses doigts contre sa bouche et murmurer : Chhhhhh. Il détourne les yeux, récupère bien vite sa main pour lui montrer les murs déglingués et puis le monde qu’il semble oublier. Liberté c’est silence. Szymon essaie de se rappeler un instant de ce qu’il a bien pu énumérer, mais tout ce qu’il lui reste ce ne sont que des bribes, parce que les discours ne se gravent jamais bien longtemps dans sa tête. C’est pas… mots. Ferrari, entrecôte et … Chocolat. Même si ce serait bien. Bon, d’accord, il n’a pas réellement parlé de chocolat. Tout ça… Pft. Conneries. Oh, ça, il les connaît les jurons, sur le bout de ses doigts, c’est bien plus équivoque qu’une phrase bien construite.

Sans attendre il lève la main pour glisser ses doigts dans les cheveux de son vis-à-vis, les ébouriffer et dire : Liberté c’est cheveux dans le vent ! Le monde ouvert ! Il fait de grands signes, parle avec force et se met à rire. Liberté c’est éclat de rire tout le temps ! Partout !!! Tristesse aussi et des larmes, plein de larmes ! Et il en dessine sur des joues qui n’ont rien demandé, surtout pas qu’on les agresse avec des doigts crasseux. C’est colère, c’est envie de tout casser et de tout foutre dans l’air ! Et pas besoin d’illustrer ça, il se dit, que, de toute façon, il n’arriverait pas à la singer aussi bien que Joli Costard le ferait.

Szymon s’éloigne, enjambe le clochard sans se laisser perturber un seul instant, désinvolte et plein de cette arrogance qui lui servirait à s’accrocher à la vie, aux dernières nouvelles. C’est ici, c’est ailleurs, c’est partout, sans personne pour hanter ton épaule. Et les siennes ne semblent jamais avoir connu le moindre fardeau, surtout lorsqu’il se tient droit, parmi des corps grouillants comme à la recherche d’un semblant d’humanité. C’est faire des choix aussi, jamais oublier. Il s’accroupie près d’un corps vaguement inconnu, vaguement familier, caresse ses cheveux une bonne minute en murmurant des mots en polonais qui ne voudront rien dire pour ceux à qui ils ne sont pas destinés.

Mais toi tu sais pas. Toi tu vis dans cage d’or, avec entrecôtes et ferraris puis la poudre comme de la neige que tu jettes comme des paillettes magiques. Tu joues la clochette des pauvres. Ses doigts redessinent les contours, comme s’il pouvait créer une idylle de son index, les mots sortent décousus, comme s’ils n’étaient plus vraiment les siens. Eux ils savent la supercherie. Mais toi t’es Peter Pan qui veut pas rester seul dans pays imaginaire. Sa tête dodeline un peu, les joues rouges et la gorge asséchée du whisky désormais trop loin de lui, ou peut-être pas, mais il est bien, ici, à contempler le carnage que la solitude peut faire aux hommes. Ils jouent bien, dociles pour le moment. Et puis, après tout devient flou, comme si son esprit palpitait d’une raison qui n’était pas la sienne et pourtant qui dit d’une même voix : Mais je pourrai demander à eux de mourir pour moi et ils le feraient. Et puis ils te laisseraient pour toujours. Peu importe combien de poudre tu peux offrir. Pas facile d’être un vrai roi. Sa lèvre tremble de suffisance, mais alors que la sentence s’extirpe de ses lèvres et meurt dans l’oreille de la pauvre créature gisant à ses côtés il se redresse. Mais je ferai pas. Bien sûr qu’il ne le ferait pas. Szymon ferme les pupilles, un instant, un seul instant ce n’était plus vraiment lui ou peut-être qui si. Parfois il a l’impression d’avoir un étranger dans sa tête, son corps, qui voit avec ses yeux, qui mange avec sa bouche, qui marche avec ses pieds. C’était blague. Sais plus ce qu'on disait. Et il se met à rire, bien que ce soit plus nerveux que naturel.

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Sorrow and decay - Mer 21 Nov - 2:53

Les doigts scellent ses lèvres, courent sur ses joues puis mettent la pagaille dans ses cheveux. Allen laisse faire, non sans éliminer sa colère sur les accoudoirs qui couinent d'être étouffés par des mains furieuses. N'a-t-il rien compris de ce qu'il venait de dire ? Peut-être qu'il joue à l'énerver, peut-être qu'il fait exprès, cet insolent. Et pourtant on ne pouvait remettre en doute la sincérité de son discours, pas devant ces yeux, cette grâce, cette légèreté virevoltante. L'espace d'un instant, le jeune homme paraissait autre chose, il écrasait la pièce de son charme terrassant, alors Allen garda le silence, vaincu le temps d'un moment éphémère. Mais quand l'autre eût terminé son manège, une colère froide l'envahit.

« Je retire ce que j'ai dit, à propos de ton arrogance. »lança-t-il d'un ton glacial en se relevant. « Tu n'es pas arrogant. Tu es naïf. Non, pas naïf... ». Il s'approcha de lui comme une ombre massive, silhouette menaçante engloutissant toute chaleur, toute joie. Ses doigts tendus attrapèrent la mâchoire du garçon et l'obligèrent à fixer ses yeux tandis que son visage s'approchait inlassablement du sien. À quelques centimètres à peine, il se figea comme une statue antique au regard noir, méprisant. « Tu es un enfant. »

L'emprise s'envola, Allen se redressa et enjamba les clochards pour se diriger vers la porte. « Puisque tu sais ce qu'est la vraie liberté, alors je te les confie. Te voilà gardien des enfers. Nous verrons comment tu vas te débrouiller, toi qui viens de les priver de leur salut. Peut-être apprendras-tu qu'on ne peut sauver les gens d'eux-mêmes. »

L'héritier ouvrit la porte et quitta la pièce, puis l'appartement, ivre de colère d'avoir perdu son temps. Dehors, de longs traits tombent d'épais nuages noires, la rue abandonnée est percée de flaques. On y voit pas grand chose, et le boucan assourdissant de la pluie sur les vieux pavés termina de lui faire vriller l'esprit. Droite, gauche, droite, gauche, ses poings furieux s'abattent sur les briques pourrissantes du bâtiment croulant. Ces gens ne l'amèneraient nul part car personne n'était témoin de leur passage, il n'y avait aucune gloire à en tirer. Une seule personne consciente, il n'en avait rencontré qu'une seule durant ces nuits obscures et elle était passée totalement à côté du message. Comment avait-il pu croire un instant que ce gars serait capable de comprendre ? Allen se sentait tellement idiot. Il lui fallait détruire quelque chose, quelque chose de vivant, capable de souffrir, dont la vision de sa destruction glacerait d'effroi ceux qui en seraient témoin. Dans la nuit noire et sous la tempête naissante, il s'enfonce encore plus loin dans les ténèbres de ce quartier malfamé, dans cette folie mégalomaniaque, à la recherche de violence alors que de ses poings ruisselle son sang écarlate.
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