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Saule Cogneur [Patient Jones]

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Brónach E. Mooney
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : Koalau'
CREDITS : Fox (bazzart)
FACE : Freja Heda Erichsen
DOLLARS : 498
SACRIFICES : 523
PORTRAIT :
ANNEES : Trente dit le passeport. Parfois plus, souvent moins. Ce n'est qu'un chiffre après tout
CŒUR : Il bat. Trop vite. Trop lentement. En total décalage avec la réalité. Il attire. Il murmure. Il susurre. Vilain petit canard ...
RÉINCARNATION : Badb
TALENT(S) : Frénésie (big - bada - boom!) // Charisme céleste (sirène des temps modernes)
FACTION : Courtisane de l'An Riocht
OCCUPATION : Psy
GENÈSE : Primus - stade 3
TALON(S) D'ACHILLE : Aodha // Badb le parasite
JUKEBOX : Poison (ft. Tarja Turunen) ~ I think I'm paranoid (ft. Garbage)
Saule Cogneur [Patient Jones] - Ven 16 Nov - 9:04

    Quatre murs pourvus de cadres vintage et un diplôme de médecine. Quelques grandes fenêtres aux rideaux tirés. Un bureau qui semble dater de la guerre quatorze-dix-huit. Un canapé à look moelleux pour autant qu’on ne cherche pas à découvrir quelle espèce de petit mammifère y a élu domicile avec sa progéniture. Une gigantesque horloge murale dont les aiguilles semblent avaler le temps plutôt que de le battre.
    C’est l’image évoquée par la plupart quand on parle d’un cabinet psychiatrique. C’est tellement cliché que cela en devient ridicule. Ô certes, fut un temps l’infrastructure ressemblait en tout point à cette description presque idyllique. Mais les temps sont désormais révolus. Les murs revêtent la même couleur que toute autre pièce de l’hôpital. Un diplôme y est forcément toujours perché, mais cela relève uniquement d’une petite ligne absurde qui figure dans le règlement d’ordre intérieur. La déco dépend de médecin en médecin. Pour ma part il y a quelques affiches signées de la main d’un artiste peu connu. Il s’agit d’une représentation abstraite de quelques pathologies qui sont, si pas soignées au moins abordées, dans l’enceinte de cette pièce. Il y a aussi un clin d’œil à notre ami Rorschach – un incontournable dans le monde torturé de la psyché humaine.
    Le canapé est également du voyage. Il en va de soi qu’il a évolué au fil des années. Il est tantôt confortable, tantôt thérapeutique. En plissant les yeux et en penchant légèrement la tête, certains diront même qu’il s’agit d’un ustensile de massage. Qu’à cela ne tienne, pour ma part je n’ai jamais essayé. Du moins pas avant un patient. Mais ne changeons pas de sujet, voulez-vous.
    Le fauteuil est bel et bien présent, mais il n’est pas le seul représentant de sa fonction primaire. Le choix se pose également sur une chaise ergonomique, un tabouret rond à l’assise légèrement rembourrée, un ballon de gym (oui oui, comme ceux pour les exercices de grossesse) ou encore un amas de coussins quelque peu disproportionnés disposés en parfaite symétrie autour d’une table basse. J’avoue, la disposition est de mon ressort. Elle ne restera pas bien longtemps ainsi. Mais j’aime à les remettre en place avant chaque entrevue. Même si la plupart des patients (Appelons un chat, un chat.) est plutôt réticent à l’idée d’une telle proximité. Les enfants y sont plus réceptifs. Allez comprendre.

    L’évolution tout ça tout ça. Créez un climat de confiance. Ne pas donnez l’impression d’être chez le médecin. Flouez et floutez les préjugés. Détendre l’atmosphère. Bref, tout est mis en place pour optimaliser les chances de réussite. Pour encouragez l’autre à s’ouvrir, à se confesser.
    Blah, blah, blah – un vrai speech de vendeur au porte à porte. Je n’irai pas jusqu’à prétendre que c’est une mauvaise idée. Qu’il n’y a pas un potentiel latent à exploiter. Que les résultats ne sont pas probants. Que du contraire. Mais fait est qu’envers et contre tout … nous restons enfermés. Autant cela peut convenir à la plupart des consultations ; parfois il faut être un peu plus inventif et laisser place à l’improvisation du moment. Et c’est exactement ce que j’ai fait.
    J’ai donné rendez-vous à monsieur Jones à l’extérieur de l’enceinte hospitalière. Nous resterons à proximité du bâtiment. Histoire de sécurité, d’assurances et toute une ribambelle d’autres justifications sur lesquelles je ne m’approfondirai aucunement ; mais il me rejoindra bel et bien à l’extérieur. Nous poursuivrons la thérapie normalement. Il n’y a jamais que le décor qui changera de ses habitudes. Il est parfois nécessaire de les bousculer pour découvrir ce qui se cache derrière. Rien de bien méchant en soi. Et vachement moins agressif, et donc contre-productif, que des petites gélules de couleur bien trop voyantes que pour ne pas ériger certains points d’interrogation pour le moins pertinent.

    Ce n’est pas la première fois que j’applique cette méthode de travail. Même si cela reste occasionnel et que tout cas de figure ne s’y prête pas. Encore une fois, il faut savoir s’adapter tant au patient qu’à sa pathologie. Et croyez bien que niveau appellation, ou encore stigmatisation pour certains, cela n’a rien de péjoratif ou dégradant. Il s’agit là simplement de terminologie unilatéralement approuvée par la majorité. Là encore, l’évolution a fait des bonds de géant en ce qui concerne l’acceptation de soi.

    Tout ça pour expliquer pourquoi je me retrouve à l’extérieur. En ce début d’après-midi ensoleillé aux températures plus qu’agréables pour la saison. Je suis assise sur un banc planté sous un arbre plusieurs fois centenaire. Une brise agréable vient me frôler le visage. Elle repart aussitôt en quête, et conquête, de nouveaux territoires. Elle m’arrache un semblant de sourire tandis que je gribouille quelques annotions abstraites sur mon calepin. Rien à voir avec l’homme à qui j’ai donné rendez-vous ici. Ce ne sont-là que quelques pensées volages qui me traversent l’esprit et que je prends la peine d’immortaliser sur le papier. Cela m’aide à me concentrer sur l’instant présent. Non pas à faire taire la petite voix qui me poke sans cesse les tympans, mais plutôt à l’apaiser. À lui accorder une audience de décompression. Parfois j’ai comme l’impression que ce n’est guère moi qui rédige ses mots. Que je ne suis autre qu’un vecteur charnel. Un pont, si vous voulez, entre mes deux moi.

    *Une psychiatre qui fait dans le dédoublement de personnalité … n’est-ce pas là une douce ironie du sort ?

    Je L’ignore volontairement. Répondre serait donner raison à la partie adverse. De toute évidence, sa question était purement rhétorique. Nous connaissons toutes les deux la réponse à la plupart des questions avant même qu’elles ne se posent.
    Du bout de mon crayon naît un dessin plutôt qu’un mot. Je laisse faire, me contenant ainsi d’un rôle de spectatrice lambda. Même s’il est clair que jamais Elle ne m’autorisait une telle dégradation. Quelle pire humiliation pour une narcissique de la sorte que d’avoir à se contenir du bas de l’échelle graduelle ? Et si je poussais le vice jusqu’à parler oméga ? …

    *Il est là.

    Sauvée par le gong …

    Je me redresse lentement et lui tend une main aussi professionnelle que le léger sourire qui l’accompagne.

    - « Monsieur Jones, bonjour. »
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Maldwyn Jones
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : BLACK SUN.
CREDITS : PBF + Asra.
FACE : Dan Stevens.
DOLLARS : 1307
SACRIFICES : 1146
PORTRAIT : Bullshit to this amen
ANNEES : 36 ans.
CŒUR : En pleine souffrance, sentiments radioactifs et brûlure profonde de cette affection qui le torture. Le jour ou la nuit, indécis. Alors il préférerai encore rester seul qu'accompagné d'un amour qu'il ne croit pas mériter.
RÉINCARNATION : ⌠Arawn⌡ Celtic welsh god of the dead, keeper of the lost souls. King of the otherworld of peace and plenty and master of the wild hunt.
TALENT(S) : ❛ Charisme cabot ❜ maitre absolu de la gente canine, à l'oeil et aux crocs prêts à le servir (actif) ❛ Poltergeist ❜ médiumnité et télékinésie spectrale (inactif) ❛ Memento Mori ❜ instant de mort revisité, porter le visage des fantômes du passé (inactif) ❛ Doppelganger ❜ camouflage et énergie dupliquée (inactif) ◈ Savoir mythologique et religieux ◈ Résistance à la douleur et aux drogues ◈ Mémoire photographique ◈ Talent pour la diversion et la discrétion.
FACTION : ⌠Aucune⌡ mais il n'est plus complétement aveugle sur ce qui se trame réellement autour de lui. Sa rencontre récente avec son frère thaumaturge à commencé à lui ouvrir les yeux sur les possibilités terrifiantes qui se cachent dans l'ombre. Sa réalité se désagrège petit à petit maintenant que son sang n'a plus rien d'humain.
OCCUPATION : Prof d'histoire des idées et de théologie, chercheur spécialiste en paganisme celte et proto-religions.
GENÈSE : ⌠Novum⌡ encore ignorant des dieux, humain jusqu'à il y a peu, divinisé dans le mystère le plus absolu et réincarné à l'occasion d'un été pas comme les autres.
TALON(S) D'ACHILLE : Le contact physique lorsqu'il n'est pas en contrôle ◈ Les relents d'addiction à la coke ◈ Son caractère extrêmement borné ◈ Son chien qui fait autant de conneries que son maître ◈ Sa psy qui lui retourne le cerveau ◈ Sa relation avortée avec Delilah Sulwyn ◈ Son crush pour Lise Rowan ◈ La violence de son demi frère.
JUKEBOX : ♫ Everything in its right place (Radiohead) ♫ Animal impulses (iamx) ♫ I am the others (Son Lux) ♫ Pa pa power (Dead Man's Bones) ♫ nfwmb (Hozier) ♫ Wires (The Neighbourhood) ♫ Ghost of mine (Kailee Morgue) ♫ Something I can never have (nin)
RUNNING GUN BLUES :
I am tainted, and happiness and peace of mind were never meant for me.


AS A MORTAL

« May 2018 - The knight of swords, chap. 1 »
¬ Mal & Célestine

« May 2018 - The high priestess, chap. 1 »
¬ Mal & Lise

« May 2018 - The fool, chap. 1 »
¬ The Jones brothers

« June 2018 - The page of wands, chap. 1 »
¬ Mal & Sinead

« June 2018 - The high priestess, chap. 2 »
¬ Mal & Lise

« July 2018 - The fool, chap. 2 »
¬ The Jones brothers

« July 2018 - The lovers, chap. 1 »
¬ Mal & Delilah


***

AS A GOD
« September 2018 - The temperance, chap. 1»
¬ Mal & Brónach


***

PREVIOUS LIVES
« August 1692 - The Salem witch trials »
¬ Arawn & Loki


***

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Saule Cogneur [Patient Jones] - Jeu 29 Nov - 23:55

Je peux les entendres malgré la musique, malgré décibels qui tentent d'accaparer mon esprit de leurs basses et leurs aigus rythmés. Comme un chorus malsain de murmures distordus, un parasite imperceptible dans l'enregistrement, un message lourd de sens derrière les paroles d'une chanson innocente. C'est tout ce que j'ai trouvé de mieux pour les faire taire. Couper le bruit par encore plus de bruit. C'est fou ce que les choses changent en deux mois, troquer une addiction récréative pour finir avec l'impératif de gober des pilules pour survivre. Vouloir être solitaire et se retrouver victime d'une cacophonie invisible. Je crois que cette fois à force de vouloir foutre ma vie en l'air j'ai réussis. Quelques lignes sur un bout de papier, un diagnostic qui me donnerait encore plus raison de vouloir éviter les autres. Peut être que c'était déjà là, que c'est ce que je refusais de voir toutes ces années, que j'essayai de fuir. Ce qui était tapis dans le noir, dans ces nuits d'insomnies à tenter d’éviter les cauchemars. Une réalité de plus qui tombe en cendres entre mes doigts. Clemens me reproche ma normalité, mais je crois que même lui s'est trompé sur mon compte. On ne comprends ce que l'on n'a eu qu'une fois perdu. C'est comme revoir le soleil pour la première fois, réapprendre à se brûler la rétine en le regardant en face. La seule vérité c'est qu'il n'y a que la douleur, la seule certitude peu importe les frontières tangibles de ma perception. Plus rien ne sera jamais comme avant pourtant, en chute libre dans un monde qui ne tourne plus rond. Seul et pourtant multiple, et pourtant seul. Lise, Sinead et Delilah, je n'entends de leur souvenir plus que les commentaires de consciences qui ne sont pas la mienne. Enfin c'est ce dont j'essaie de me persuader. Tu es une belle épave, Maldwyn avait-elle dit. Si elle me voyait maintenant. Échapper à la mort de justesse et pourtant regretter d'être en vie ainsi. Repartir de zéro mais j'ai perdu à la roulette renaissance, disparaissant petit à petit dans les limbes de mon propre cerveau. Claustrophobie corporelle, mais je ne peux plus m'échapper comme avant. Deux mois sobre, paraît que c'est décisif pour un ancien addict. Que si je ne replonge pas demain alors peut-être que je ne replongerai jamais. Les tremblements incessants de mes mains me trahissent, l'envie encore présente dévore toute mon énergie. Moi qui redoutait le sommeil, il occupe maintenant une grande partie de mes journées. Je ne sors presque plus de chez moi, auparavant fuyard de ces quatre murs intimes mais où les voix se font inexplicablement plus silencieuses. Comme si elles n'avaient rien à redire, rien à observer, comme si la monotonie était le traitement le plus efficace. Une vie encadrée, programmée à la minute près, les recommandations des médecins pour ne pas replonger. Pour ne pas me laisser guider par des chimères. Merde, le simple fait de les nommer me rends fou. Fou. Un mot qu'on utilise sans y penser, vidé de son sens premier. Qui a perdu la raison. Je ne l'ai pas perdue pourtant, j'ai toutes les intentions du monde de rester le même. Je n'ai pas envie d'abandonner. Après tout le danger n'a pas changé, je suis toujours l'ennemi dans le miroir; pour le meilleur et surtout le pire. Moi qui me pensait incarcéré à cette existence, je comprends maintenant le vrai sens d'en être un prisonnier.

Alors c'est mon seul point d'ancrage, ce casque sur mes oreilles au volume dangereusement fort. L'unique barrière contre le monde, mon esprit et la foule dont j'essaie de me détacher tant bien que mal. La musique me donne le vertige, privé d'un sens j'en deviens encore plus maladroit. Les coudes qui érraflent les murs, les épaules qui se cognent contre celles des passants. J'aurais dû appeler un taxi, comme les autres fois. Mais la vérité c'est qu'avec un arrêt de travail forcé et sans couverture santé, je ne pourrais pas dépendre de ce luxe bien longtemps. Alors j'essaie de me hâter tant bien que mal, maintenant le compte régulier des notes de musique comme un mantra au fil de mes pas. Quatre. Six. Quatre. Huit. Le trajet jusqu'à l'hôpital m'est familier,mais je ne peux plus faire confiance à mon sens de l'orientation, pas lorsque la lumière de ce début d'après midi embrase dangereusement les vitrines des magasins et les phares des voitures. Un chatoiement qui perturbe ma vision et me fait cligner des yeux pour l'ignorer. C'est le son d'un klaxon par dessus la mélodie qui me fait sursauter d'un bond sur le côté. Le bout de mes chaussures se cogne de justesse contre le bitume du trottoir alors que le feu est déjà passé au vert. Je rassemble bien vite ma carcasse qui a manqué de finir à l'hôpital par la voie express, longeant les murs sous les insultes du conducteur indigné. Le cœur qui bats un peu fort malgré tout, l'apathie choquée d'un accident à peine évité. J'en viens à me demander si cela ne serait pas mieux ainsi, les côtes brisées sont plus facile à quantifier que des synapses endommagés. De l'autre côté de la rue un joggeur et son chien se sont arrêtés. Mon regard passe sur le maître qui se désaltère puis sur l'animal. J'ai l'impression qu'il me regarde lui aussi, les oreilles dressées sur la tête et la langue pendante. Collier autour du cou et laisse fermement tenue par la main qui nourrit, liberté à prix mérité. Le parallèle me fait tristement sourire. Comme un animal se rendant à l'abattoir. Comme un animal en cage. Je grimace au son de la voix qui commence à devenir un peu trop familière. Je n'aime pas celle-là, elle trouve toujours les bons mots pour me faire chavirer. Un peu comme Dr Mooney, ses questions compatissante et pourtant intrusives, son attitude frôlant le passif agressif. Le chien tire avec force sur la laisse, son maître rangeant en hâte son téléphone pour en reprendre le contrôle à deux mains. Peut-être que si j'obéis, que si j'agis comme elle le souhaite alors peut être serais-je un jour délivré de ces tourments. Je regarde l'animal se calmer sous l'autorité de l'homme, non sans un dernier grognement d'avertissement. Je peux faire confiance à ce bon docteur pour m'aider, pour guérir. Après tout, c'est tout ce qu'il me reste. Alors il est l'heure de prendre le chemin de l'abattoir.

Je ne m'attendais pas à la retrouver à l'extérieur, la secrétaire de son cabinet m'ayant laissé un mot pour me prévenir de ce cadre inattendu. Les pas incertains, l'anxiété grandissante au fil des minutes et du silence à peine perturbé par le vent dans les branches. Le parc de l'hôpital, dernier refuge d'air frais au milieu de ce monde aseptisé. La nervosité à fleur de peau, une forme de détermination pourtant pesante sur mes épaules. Il me faut quelques enjambées de plus pour la rejoindre, l'ombre conséquente de l'arbre au pied duquel elle est assise m'arrachant un instant de pause. Peut-être que dans un cadre pareil j'arriverai à faire le vide, à dissocier le vrai du faux de ce bourdonnement de pensées. Je vois les mots se former sur ses lèvres et il ne me faut pas beaucoup d'efforts pour les deviner. Une main qui se tend, une invitation au contact physique que je ne peux que refuser. Mon regard fuit aussitôt sur le tronc avant de détailler les racines tordues at mes pieds. La musique s'est tue dans mes oreilles depuis plusieurs minutes déjà, mais j'aime prétende. Parfois ça m'aide à les combattre. Elle manigance quelque chose. Je soupire. Et si elle veut juste nous aider. - Personne ne veut aider Maldwyn. Je retire le casque jusqu'alors vissé sur ma tête, fermant les yeux. Elle est docteur, c'est son travail. - Soit pas naïve. Je laisse tomber mon sac sur le sol. Un loup déguisé en agneau. « Bonjour docteur Mooney. » J'insiste sur l'intonation en tentant de reprendre le dessus sur le brouhaha, la cacophonie qu'elle n'entend pas. « Je ne m'attendais pas… à me trouver ici. » Je lève une nouvelle fois la tête vers l'énorme arbre. Il suit le chemin parce qu'il n'y a pas d'autre issue. « Je pensais qu'une répétition rigoureuse des mêmes lieux et des mêmes activités était… » Les mots de perdent sur mes lèvres alors que j'évite toujours son regard. J'essaie de sourire tant bien que mal alors que je m'assois contre l'écorce, la rejoignant non sans une certaine distance. Les mains sur les genoux, les lèvres légèrement pincées, je ne sais pas à quoi m'attendre dans ce cadre qui a tout de celui d'un rite de passage. « Est-ce que c'est un test ? » La question m'a échappé malgré-moi. Je suis obsédé par l'idée d'être mis à l'épreuve, toujours sur la défensive de me voir forcé de jouer à un jeu dont je ne connais pas les règles. J'ai du mal à me laisser évaluer, à me remettre en question. Peut-être est-ce pour cela que je n'en suis pas à mon premier psy. Je secoue doucement le visage non sans une grimace avant d'enfin plonger mon regard dans le sien. « Désolé docteur, je suis juste un peu… tendu ces jours-ci. » Et juste ainsi je l'incite à se saisir de la laisse, un semblant de corde au cou.

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Saule Cogneur [Patient Jones]

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