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And you think I'm crazy ?

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Scipio Quincy
Scipio Quincy
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : Jet
CREDITS : tag
FACE : Colton Haynes
DOLLARS : 277
SACRIFICES : 98
PORTRAIT :
ANNEES : 30 ans
CŒUR : Célibataire
RÉINCARNATION : Melas Oneiros, le Rêve Noir, détesté des Hommes, rejeton de Nyx, créature de la nuit, il est Epiales, maître des cauchemars
TALENT(S) : Glacial Kiss - ACTIF / Awoken Nightmares - INACTIF / Sleep Paralysis - INACTIF / Perception Karmique - INACTIF
FACTION : Associé de la Nuova Camorra, à contre-coeur
OCCUPATION : Acteur
GENÈSE : Novum, complètement inconscient de son statut
JUKEBOX : Hold Me Down - Halsey
And you think I'm crazy ? - Mar 27 Nov - 22:43



And you think I'm crazy ?
ft. Bronach & Scipio
Je pense à faire demi-tour. Tout le long du trajet. Depuis la maison jusqu'à ce que la voiture atteigne le feu rouge qui précède l'hôpital. Il est encore temps de demander au chauffeur de changer de destination. Il y a plein de choses à faire par cette après-midi ensoleillée. Un nouveau costume pour le gala de demain soir à trouver, une promenade sur Historic Distric à faire, un verre sur la terrasse d'un café quelconque à prendre, n'importe quoi plutôt que de devoir me rendre à l'hôpital, en fait... Plusieurs fois, je me sens flancher, sur le point d'ouvrir la bouche, mais je me ravise jusqu'à ce qu'il soit finalement trop tard et que la voiture se gare devant l'entrée du grand bâtiment. Bon, je ne vais pas faire demi-tour maintenant, j'aurais l'air parfaitement ridicule étant donné que tout le monde m'a vu.

Je sors du véhicule et m'engouffre à la hâte dans l'édifice. Je ne marque pas de stop pour demander mon chemin, me fiant aux panneaux. Je suis perdu dans mes pensées, réfléchissant à l'ampleur de ce que je suis en train de faire : si quelqu'un me voyait, quelle réputation j'aurais ?! On n'y pense pas assez, mais avec la renommée, j'ai une réputation à entretenir, et un acteur dans un hôpital, ça a de quoi faire les choux gras de la presse... Je suis inquiet, ce qui ne me ressemble pas. Il faut dire que l'endroit n'est pas non plus des plus accueillant. Au détour d'un couloir, je passe une infirmière qui porte un plateau avec du matériel médical et je ne peux pas m'empêcher de frissonner en me collant au mur. Ok, j'avoue, je déteste les hôpitaux... C'est glauque, ça a une odeur désagréable et c'est tout de même l'endroit où on trouve le plus de personnes sur le point de passer l'arme à gauche, remplis de virus, et de germes et je ne sais quelle autre bactérie. Rien qu'à l'idée, je presse le pas pour me réfugier dans l'ascenseur qui heureusement est au bon étage. Je presse le bouton '3' plusieurs fois et guette nerveusement l'arrivée d'un passager surprise en fin de vie qui serait la cerise sur le gâteau mais personne ne vient.

Soulagé, je respire un peu, protégé par cet espace clos à la fois des maladies et du regard d'autrui. Il faut que je me ressaisisse. Je me regarde droit dans les yeux dans le miroir de l'ascenseur et délivre un de mes fameux speech moralisateurs : C'est bon, Scipio, ça va aller. T'es là pour une séance, sur requête spéciale du psy de Maman. C'est pour son bien. Voilà. Si c'est pas toi, personne ne le fera. Montre l'exemple. T'as rien à craindre. Les portes de l'ascenseur s'ouvrent sans que j'ai pu remarquer que j'étais arrivé au bon étage et je coupe court à mon discours. Je reprends ma recherche de panneaux, plus lentement cette fois-ci, et fini par arriver dans la salle d'attente du Dr. Mooney.

Je ne peux pas me résoudre à m'asseoir sur une des chaises, bien trop conscient du nombre de cas désespérés qui se sont assis là avant, et je reste debout bien que la salle soit vide. Le pire, maintenant, c'est d'attendre sans avoir rien à faire qu'on s'occupe de moi. Mon esprit divague et je dresse dans ma tête le portrait robot du docteur qui va me recevoir, tout en fixant un point sur le mur. Un homme, la quarantaine, bien bâti mais avec des lunettes, pour le côté intelligent du métier. Je ne sais pas pourquoi c'est l'image qui me vient. Un fantasme peut-être ? Si ça se trouve, je vais tomber sur un vieux rabougri chevrotant... En fait, avec le karma que je me tape, je vais sûrement tomber sur un vieux rabougri chevrotant.
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now here I go again I see the crystal visions, I keep my visions to myself
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Brónach E. Mooney
Brónach E. Mooney
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : Koalau'
CREDITS : Fox (bazzart)
FACE : Freja Heda Erichsen
DOLLARS : 513
SACRIFICES : 1315
PORTRAIT :
ANNEES : Trente dit le passeport. Parfois plus, souvent moins. Ce n'est qu'un chiffre après tout
CŒUR : Il bat. Trop vite. Trop lentement. En total décalage avec la réalité. Il attire. Il murmure. Il susurre. Vilain petit canard ...
RÉINCARNATION : Badb
TALENT(S) : Frénésie (big - bada - boom!) // Charisme céleste (sirène des temps modernes) + Carence sensorielle (kado de Nowel)
FACTION : Courtisane de l'An Riocht
OCCUPATION : Psy
GENÈSE : Primus - stade 4
TALON(S) D'ACHILLE : Aodha // Badb le parasite
JUKEBOX : Poison (ft. Tarja Turunen) ~ I think I'm paranoid (ft. Garbage)
RUNNING GUN BLUES :

~ My hear is, where my triskel is ~
And you think I'm crazy ? - Jeu 6 Déc - 8:45

    Je mâchonne distraitement l’embout de mon stylo bille tandis que je parcours pour la énième fois le document imprimé qui se trouve sur mon bureau. Oh rien de bien folichon, si ce n’est le rapport détaillé d’un de mes patients qui doit passer devant le Conseil pas plus tard que demain. Je plisse un peu les yeux. Penche la tête quelque peu vers le côté. La mise en page est parfaite. Pas un mot qui dépasse de l’autre. Pas un espace vide qui déformerait un paragraphe. Pas la moindre poussière à l’horizon. Pourtant quelque chose vient à manquer à l’appel. Quelque chose cloche. Et ce n’est certes pas dans le contenu. Je l’ai édité, complété, fignolé – et j’en passe – pas moins de quatorze fois en tout et pour tout. C’est ça aussi être minutieuse dans l’expression de son art. Ô croyez bien que le doux métier de psy en est un au même titre que n’importe quel artiste qui se proclame comme tel. Après tout, ce n’est pas uniquement de mon analyse que dépend la liberté (certes conditionnelle) de cet homme. C’est, si pas plus encore, ma manière de vendre le concept à mes confrères – et, accessoirement, le dirlo de l’hosto – qui déterminera le qui, du quoi, du comment. En d’autres termes, la date exacte et les conditions dignes d’un agent de probation. J’ai beau estimer que mon patient est fin prêt à reprendre sa vie de l’autre côté de la barrière fictive ; n’en convient à l’hôpital qu’il y a des précautions à prendre en cas de rechute. Histoire que la famille, ou les autorités locales tant qu’à faire, ne puisse se retourner contre nous pour une faute grave tel la négligence.

    Je lève les yeux au ciel à ce mot. Cela démontre un tel manque de confiance dans le personnel. Then again, je peux comprendre. Un de mes prédécesseurs a eu la merveilleuse et lumineuse idée de relâcher dans la nature un prédateur sexuel en sursis. Il n’aura pas fallu quarante-huit heures pour qu’il rechute. Ça a fait les unes de tous les journaux du coin. La direction a vu débouler une armée de journalistes, hashtag terroristes-des-médias. Il y a eu percussion, répercussion et toute une autre ribambelle de mots terminant par la même exten-sion.
    Il en va de soi que l’erreur est humaine. Profondément même. Mais là il s’agissait clairement d’une erreur du débutant. Et avec plus de seize années d’expérience dans les dents … eh bien ça ne passe pas. Adieu le job. Adieu la réputation. Bonjour le conseil de l’Ordre. Bonjour la dépression. Ce qui est un peu le comble pour un psy … ou pas.
    C’est le lot de tout un chacun qui un jour se prend la folle envie d’exercer une profession pareil. La seule variable reste la date d’échéance. Combien de temps son propre psyché peut-il tenir la cadence avant de flancher ? La question mérite autant réflexion que débat.

    Mais revenons à nos moutons. Plus précisément l’agneau qui s’apprête à rencontrer son berger. Je range le dossier dans la farde prévue à cet effet et remballe le tout dans un tiroir de mon bureau. À l’écran j’appelle les informations de mon prochain patient. C’est la première fois. Tant pour lui que pour moi. Il est vrai que je n’ai pas coché l’option pédo-psychiatre dans la liste, mais mon confrère a mis tellement de cœur dans son insistance. Comme il suit le parcours de sa mère depuis diverses années déjà, impossible pour lui de prendre le fils sous ses ailes. Conflit d’intérêts. Rupture du secret médical. Confusion assurée aussi. Il est tellement « facile » de se laisser aller à quelques impaires … Qu’à cela ne tienne. Je n’ai peut-être jamais reçu officiellement de mineur dans ma salle de consultation, cela n’empêche que certains de mes patients n’ont assurément pas l’âge mental que reflète leur anatomie.
    De plus, j’ai anticipé quelques déboires de premier ordre et j’ai volontairement reporté l’heure d’arrivée du prochain patient. Autant jouer large afin de pouvoir prendre le temps qu’il faut pour bien cerner l’individu. Cela n’a pas plus à la direction, mais je m’en moque bien. Le bien-être du patient avant tout … n’est-ce pas un des aspects pour lequel nous prêtons serment après avoir décroché le diplôme tant convoité ? Cela est en totale contradiction avec le quota de consultations imposé par les hautes instances, j’en suis la première convaincue. Mais qu’à cela ne tienne. Si ça ne leur plait pas, ils n’ont qu’à me montrer la porte. Non sans vouloir me jeter des fleurs, ça risque de faire un (fameux) trou dans leur clientèle. Je suis un bon psy et je n’ai pas peur de le dire. Si j’ai choisi cette voie c’est par vocation et non pas par attrait du gain. Quel gain d’ailleurs ? L.O.L.
    Mais je m’éparpille !
    Voyons voir ce que nous savons déjà comme informations de base pour commencer. Un dénommé Scipio. Un petit garçon. Times.

    Je hausse un sourcil. Aucune précision quant au « mal » qui le ronge, quant aux raisons d’inquiétude de sa mère, quant à ses attentes de cette première mise en contact. Bon … ce n’est pas grand-chose, mais c’est déjà mieux que rien. Après tout c’est un enfant, on ne peut pas lui demander de décrire à une inconnue ce qu’elle pourrait bien faire pour lui pour l’aider à sentir mieux – ou tout du moins pas aussi mal. Il faut d’abord instaurer un climat de confiance. Estimer la hauteur exacte des barrières érigées avant d’entamer la lente démarche de trouver le pont-levis qui donne accès au château fort qui se trouve en son centre.

    Assez de théorie, passons à la pratique !
    Et déjà je me lève et me dirige vers la porte principale. Je l’ouvre sans brusquer le mouvement (quand je vous dis que TOUT est calculé !) et pénètre la salle d’attente. Un homme y est fixement concentré sur un point (ou peut-être une tâche) indéfini sur le mur. Je m’approche de lui en prenant soin de faire un peu de bruit afin de le sortir de sa transe.

    - « Vous devez être le papa du petit Scipio. Enchantée, je suis le docteur Mooney. »

    Et je lui offre un léger sourire tout en lui tendant la main droite.
    C’est plutôt bon signe que ce n’est pas la mère qui accompagne son bambin. Étant elle-même suivie en thérapie, elle aurait pu fausser tout futur résultat de par sa simple présence.
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Scipio Quincy
Scipio Quincy
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And you think I'm crazy ? - Dim 23 Déc - 13:03



And you think I'm crazy ?
ft. Bronach & Scipio


Ce sont des bruits de pas ou peut-être un raclement de gorge qui me tirent de mes prédictions qui, à la vue de la personne se trouvant devant moi, n'ont rien de prémonitoire. Pas de vieux rabougri, tant mieux. Pas non plus de docteur sexy à lunettes, tant pis. A la place, une jeune femme que je n'aurais jamais imaginée comme psychologue. Je ne sais pas pourquoi, elle n'a pas du tout la tête de l'emploi. Peut-être parce qu'elle semble si jeune, plus jeune que moi ça ne m'étonnerait pas. Je n'arrive pas à savoir si un tel revirement de personnage me convient ou non. C'est toujours mieux que le vieux rabougri, c'est certain. Mais sa jeunesse met en doute sa légitimité et je risque d'avoir un peu de mal à la prendre au sérieux. Et puis, le fait que ce soit une femme me cause une légère appréhension : je n'ai strictement rien contre les femmes, vive l'égalité des sexes et tout ce qui va avec, mais si je dois confier ma vie à quelqu'un il y a certains points qu'il serait plus facile d'aborder avec un homme pour des raisons... pratiques... Enfin, je me trompe peut-être, et puis je n'ai pas vraiment le choix.

Elle s'avance vers moi et je ne remarque pas directement sa main tendue et son sourire parce que je suis focalisé sur ce qu'elle vient de dire. Moi, le père du petit Scipio Quincy ? Bon, alors pour le professionnalisme, on repassera carrément. Quel docteur n'est pas foutu de connaître son patient, sérieusement ? Si je suis tombé chez un psy pour enfant, c'est même pas la peine de passer la porte d'entrée. Les coloriages magiques et la discussion avec la chaussette marionnette, très peu pour moi.

Je m'apprête à sortir un commentaire cinglant avant de tourner les talons quand un rire enfantin résonne dans la salle d'attente. Caché derrière la femme se trouve un petit garçon blondinet qui me regarde fixement avec un grand sourire. Attendrissant ? Non. Il est l'un d'eux. Ces cauchemars qui me hantent. Je le sais parce qu'il n'a pas d'iris, simplement une pupille noire qui occupe tout l'espace. Sa peau est bleutée, comme s'il était recouvert d'une fine pellicule de glace, tandis que ses dents sont taillées en pointe. Il devrait m'effrayer, mais ce n'est pas le cas. C'est la première fois qu'une de mes visions me rassure. Je sais instinctivement pourquoi : parce que ce petit garçon, c'est moi. Je me reconnais bien, les attributs cauchemardesques en moins. Comme s'il avait senti mon épiphanie, il se dirige en trottinant et en rigolant vers le bureau de la psychologue et disparaît derrière la porte entrouverte.

Je prends une longue inspiration et mon regard se reporte sur la jeune femme. "Non, je ne suis pas le papa du petit Scipio. Je suis le petit Scipio." Pas aimable mais pas trop cinglant. Juste ce qu'il faut pour qu'elle comprenne que je ne suis pas ici par plaisir et que ça commence très mal.

Je me dirige sans lui serrer la main vers le bureau, affichant un visage fermé et une moue agacée. Je me plante bien droit au milieu de la salle, scannant le mobilier d'un air sceptique. Pourquoi est-ce que je n'ai pas fait demi-tour ? Aucune idée, pour faire plaisir au petit Scipio, peut-être. Je lui dois bien ça...

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And you think I'm crazy ? - Jeu 24 Jan - 10:43

    Il se tend. Il se crispe. Je le sais. Je le sens. Des années d’expérience et ce petit quelque chose en plus qui fait que je suis celle que je suis. Je ne sais pas ce qui vient de déclencher une telle réaction défensive. Du moins, je ne le sais pas encore. Je n’insiste pas. J’attends. J’observe. J’analyse. Les premières impressions sont parfois, si pas souvent, les plus décisives. Elles donnent des indices sur le passé, collent une image sur le présent et déterminent en grande partie la future relation qui va lier un patient à son médecin. Pour autant qu’il daigne me donner le bénéfice du doute dans cette attribution des rôles. Et à voir son expression générale … ce n’est pas gagné.

    Quelques secondes s’écoulent à travers un silence qui pourrait se vouloir pesant. Coupant aussi. Je ne réagis toujours pas. Je sais me montrer patiente. Très. Parfois trop. Tout dépend des circonstances. Mais il n’y a pas à dire, dans l’exercice d’un métier comme le mien vaut mieux trop que trop peu. Et encore, les exceptions veillent au grain pour confirmer la règle.
    Il est connu de tous qu’un silence, aussi court soit-il, peut en apprendre bien plus sur son interlocuteur que le plus beau discours du monde. Alors cela ne me dérange aucunement. Peut-être bien qu’il est un peu mal à l’aise de la situation et attend tout simplement l’intervention miraculeuse et miraculée de son petit garçon. Les enfants ont parfois cette facilité d’expression qui manque cruellement à la plupart des adultes. À se demander quand exactement, dans le processus d’évolution, cette relativité décide de prendre le large ? Est-ce l’éducation qui fait cela ? Le cercle familial ? Les dits, et plus encore, les non-dits dans l’enceinte même de ce que nous appelons communément la famille ? Déjà faudrait-il commencer par attribuer une définition unilatérale à ce terme. Mais laissons ce débat pour plus tard, revenons à notre personnage austère qui me dévisage comme s’il pesait le pour et le contre d’une bonne gifle bien cinglante. Ce ne serait pas la première fois que je m’en ramasse une. Ceci étant, généralement pas aussi tôt dans le processus de mise en contact. Fait est qu’il faut une première fois à tout, n’est-ce pas ? Je ne suis pour autant pas contre si on pouvait éviter l’hostilité d’entrée de jeu et garder un peu de suspense pour plus tard.

    Le temps semble se jouer de nous. Enfin, moi j’ai l’habitude maintenant. Lui et moi on n’a jamais été meilleurs amis du monde. Loin de là même. Il a cette fâcheuse tendance à s’écouler trop rapidement à certains moments cruciaux et à s’éterniser sur de vulgaires banalités. Mais ne nous montrons pas égocentrique pour autant, c’est le lot de tout le monde que je viens de décrire là.

    Les aiguilles de la pendule imaginaire reprennent leur dû à travers les paroles quelque peu acérées de … eh bien de mon PATIENT donc. Je comprends mieux ses réactions ainsi que son langage corporel. Cependant, encore et toujours, cela en dit long sur lui. Il existe mille et un scénarios qui auraient pu découler d’une telle interprétation faussée (et encore, en toute connaissance de cause j’aurais très bien pu lui tendre la perche histoire de tirer quelques premiers coups de crayon sur son psyché, mais passons !) ; la sienne ne fait que me donner un, certes léger, aperçu de ce que nous réserve la prochaine heure. Encore et toujours le temps qui s’incruste sans invitation et qui prend ce que bon lui semble sans attendre son reste.

    Il me dépasse en niant et reniant parfaitement la main tendue. Là encore, je ne m’en vexe aucunement. J’ai plus de patients qui refusent et réfutent toute forme de contact physique que l’inverse. J’ai même certains collègues qui se prennent au jeu. À croire que cela pourrait être contagieux. Quant à ce « cela », inutile de le nommer. Il est bien trop nombreux dans sa singularité.

    Je pénètre la pièce à sa suite et referme la porte dans mon dos. Je ne me dirige pas pour autant vers ma chaise de bureau. Cela fait tellement cliché de s’installer derrière un meuble, à distance respectable et calculée. Une situation qui ne ferait qu’accentuer davantage l’aura de méfiance et de contre-productivité qui flâne déjà dans l’air. Je ne me laisse pas décourager pour autant. J’en ai connu des plus coriaces par le passé. Il est clair que le fait que je sois une femme ne lui est pas indifférent. Qui plus mon look laisse à supposer que je sors tout juste de ma crise d’adolescence. Qu’à cela ne tienne, je l’ai bien pris pour son fils. Un but partout, balle au centre.

    - « L’erreur est humaine. »

    Même si nous ne le sommes pas vraiment. Du moins par entièrement … n’est-ce pas, monsieur PETIT SCIPIO. La tentation est tellement grande de continuer sur cette lancée … J’arrive pourtant à garder l’église au milieu du village. Nous ne nous connaissons pas encore suffisamment que pour permettre un tel degré de … familiarité ? A terme cette séance pourrait bien figurer dans sa liste d’anecdotes foireuses de Noël. Elle donnera lieu à des sourires, des fou-rires et possiblement un surnom qui va le poursuivre pour le reste de sa vie. Mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir purifiée de tout son miel.

    - « Vous semblez ici contre votre gré. »

    Ce n’est pas une question. Plutôt une constatation. D’ailleurs elle aurait bien trop contraignante à poser. Quand la réponse se limite à un « oui » ou un « non », il s’agit d’office d’une contrainte par l’un autant qu’une facilité d’exécution pour l’autre. Et si c’est cela qu’il est venu querir, il s’est méchamment trompé d’endroit.

    - « Alors pourquoi avoir tout de même franchi la porte ? »

    Je le dépasse et viens m’adosser au bureau. Les bras légèrement tendus, la paume des mains posée sur le meuble imposant. Je choisis volontairement une approche qui dénote du cadre auquel il pourrait s’attendre. Soit pour accentuer ses préjugés, soit – au contraire – dans l’optique de rompre son stratagème. Peu importe au final, ce choix lui appartient. Tout comme il ne se cantonne en aucun cas à ces deux options uniquement.
    Autant briser la glace d’entrée de jeu non ? Cela fera apparaître mon rôle comme moins docile et sa tête de boudin moins pénible à entretenir sur la longue. De toute évidence, qu’est-ce qu’il a à perdre si ce n’est une heure de ce si précieux temps ?
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