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strike a compromise, SATURNO

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strike a compromise, SATURNO - Mer 23 Jan - 12:00

the enemy of my enemy is my enemy
saturno bellandi/alecia van heusen
3 janvier 2019
Les dés étaient jetés depuis des mois déjà, mais ce début d'année mouvementé avait tout changé. Les Olympiens - qui avaient eut l'audace de bannir la déité, des siècles auparavant, - étaient à présent en position de faiblesse, leur cher quartier général empiété par les enquêtes policières et leur business entravé par les rouages de la justice. Dans un but purement personnel, la réincarnée souhaitait les voir plier le genou à terre, contempler leur médiocrité et la naïveté dont la Nuova Camorra avait fait preuve durant toutes ces années. Ne s'étaient-ils pas dits, qu'un jour, le vent tournerait et plus rien ne leur serait favorable ? Un sourire cruel, presque vainqueur, se dessine sur le minois de la blonde alors qu'elle arpente les rues presque vides de Little Italy. Un clocher sonne douze coups de minuit, Alecia ricanerait presque en songeant que sonne l'heure de la revanche. Elle marche seule ce soir, alors que son souffle se transforme en fumet, happé par l'air froid. La déité n'a pas besoin d'une armée avec elle, préférant plutôt passer inaperçue tout en se réjouissant de ne pas faire partie de ces dieux possédant une trace trop forte pour la dissimuler correctement. Les mafioso sont certainement trop occupés à remuer ciel et terre pour sortir leur chef de sa cellule, qu'Eris espère exiguë, pour prêter attention à une ombre qui marche rapidement vers le funérarium.

Le repère d'un Bellandi, pour seule escale cette nuit, la blonde se délecte déjà des diverses tournures que pourraient prendre sa visite. La blonde n'a pas encore décidé quant à l'implication des obscuri dans son propre plan, mais garder leur anonymat reste prioritaire. Elle est pourtant confiante, elle est ravie même de pouvoir faire face à celui qui avait si bien réussi à mettre un bordel mémorable inter-mafia. Elle frétille d'impatience, espère ressortir du quartier italien en possession d'une nouvelle intéressante, d'une alliance favorable. Bourrée de mauvaises intentions et de désirs belliqueux, l'obscuri pousse la porte de l'enseigne funéraire. La façade n'est pas illuminée, mais elle sait que l'endroit n'est pas vide. Prenant le temps de découvrir les lieux, s'appropriant l'atmosphère macabre en inspirant à plein poumons, elle aime entendre ses pas marteler le sol d'une mélodie martiale. La décoration sommaire et le mobilier chic lui tirent un rictus satisfait : la mort avait toujours rapporté bénéfices aux vivants. Depuis la nuit des temps. Elle continue son exploration jusqu'à arriver devant un bureau fermé dont elle ouvre les portes à battants sans finesse. Elle aurait pu choisir une autre tenue que celle qu'elle a revêtu ce soir, toute de noir drapée et Doc Martens aux pieds. Mais quelque chose lui dit que son hôte de ce soir croit aux apparences autant qu'elle s'en soucie. Très peu. L'homme est à son bureau, entouré de paperasse et de papiers. La mort ne s'arrête jamais.

« Saturno Bellandi. », appelle la divine en un haut mouvement de menton démontrant toute l'insubmersible mesquinerie qui l'habite. Il doit peut-être le savoir, pour qui elle travaille. Pour qui elle inspire et expire, pour qui elle vit. Le seigneur revanchard et sans pitié, semant troubles et ennuis sur son passage. A chacun de ses pas sur cette ville, il fait éclore le genre de fleurs sanguines auxquelles la réincarnée ne peut que succomber. Elle transporte avec elle la bannière de Khaos qu'elle hisse à la moindre occasion, même sans le vouloir, au-dessus de sa propre tête. Aussi longtemps qu'il prônera le sang et la souffrance, elle le suivrait.
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strike a compromise, SATURNO - Mar 5 Fév - 16:15


STRIKE A COMPROMISE
the enemy of my enemy is my enemy
@alecia van heusen


Le cadran numérique aligne les zéro avec une précision diabolique. Minuit. Encore une succession d’heures occupées à plancher sur les comptes de la Camorra. En bon petit soldat, il fait son travail. Fait transiter l’argent sale entre les murs du funérarium, pour l’en sortir immaculé. Prêt à être réinvesti, prêt à être exploité. Il y a longtemps qu’il fait cela. Longtemps qu’il obéit aveuglément aux ordres. Mais le temps est venu d’inverser les rôles. D’être celui qui ordonne, et entend être obéit. L’arrestation d’Alcide est une occasion inespérée. Trop belle pour être vrai. Trop rare pour ne pas être saisie. Et c’est bien là son intention. Il attend simplement que le fruit soit mûr pour le cueillir. Ce qui ne devrait plus tarder, s’il en croit les voix discordantes qui s’élèvent au sein de la famiglia.

Minuit. Seules les heures sombres sont consacrées à son illégal labeur. Et c’est pour cela qu’il est encore là. Pour cela, aussi, qu’il est d’ordinaire attentif à l’imperméabilité du funérarium. Personne ne doit pouvoir entrer, ou sortir, sans qu’il l’ait décidé. Mais pas ce soir. L’irruption dans son bureau d’une punk blonde lui fait lever un sourcil. Manifestement, il a oublié de fermer la porte à clé. « Saturno Bellandi. » Imperturbable, il tâtonne sous le bureau jusqu’à ce que ses doigts effleurent la crosse du pistolet attaché en-dessous. Dans un geste lent, il extirpe sa main armée pour la poser sur le bureau, le canon de l’arme pointé sur la jeune femme. « Je ne me souviens pas d’avoir appelé une prostituta. » Un rictus mauvais déforme son visage. L’intruse n’a en rien l’air d’une belle de nuit, si ce n’est une visible tendance aux visites nocturnes. Mais rien ne ressemble plus à une pute qu’une autre pute. Et il aime entamer une conversation sur une insulte. Autant lancer tout de suite une hypothèse et la vérifier par la suite. Ou non.

D’un mouvement du poignet, il indique à la jeune femme de prendre place sur l’une des chaises qui font face à son bureau. Son visage reste imperturbable, cache soigneusement la tempête qui agite l’infernal. Qui est-elle ? Comment connaît-elle son nom ? Et surtout, que veux-t-elle ? Il a beau l’observer, il ne décèle chez elle rien d’extraordinaire, si ce n’est une arrogance affichée avec ostentation. Peu importe son identité, cette femme sait ce qu’elle veut et comment l’obtenir. Elle n’a aucun doute. Elle est sûre d’elle, même lorsqu’elle prend place sur le siège qu’il lui désigne. Ses longues jambes fines croisées, chaussées d’épaisses chaussures noires, ont quelque chose d’érotique. Quelque chose d’éminemment féminin, teinté d’une violence latente. Il n’a aucun mal à deviner le sang qui tâche ses mains délicates, posées comme ceux d’une souveraine sur les accoudoirs chantournés. Une moue appréciatrice fait frémir ses lèvres. Qui qu’elle soit, elle est avant tout son type de femme.  

Se levant, il contourne le bureau pour venir s’y appuyer et surplomber l’intruse. Ses yeux félins le suivent et il s’imagine sans peine à la place d’une souris, prise entre les griffes de son bourreau. Les lèvres pleines, charnues, de la blonde semblent s’amuser de la situation. L’espace d’une seconde, il rêve de les détruire de ses dents, d’effacer le sourire qui éclot lentement. Il rêve de les consumer. Un battement de paupières plus tard, il a repris ses esprits. Conscient qu’il pourrait trop facilement perdre la tête à son contact. D’une façon ou d’une autre, d’ailleurs. Car il lit sans problème toute la dangerosité de cette femme. Et il dresse déjà des murailles qu’il espère impénétrables autour de lui. Son arme toujours fermement tenue et pointée sur elle, il esquisse un sourire mesquin. « Je suppose que vous n’êtes pas venue parler cercueil. Que puis-je faire pour vous, madame ? » Comme d’habitude, sa courtoisie cache milles lames. Espérons que la belle s’empale sur l’une d’elles.


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strike a compromise, SATURNO - Mer 6 Fév - 10:21

strike a compromise
saturno bellandi/alecia van heusen
Si son assurance de façade ne la lâche pas, elle ne peut s'empêcher de penser qu'elle vient d'entrer dans la cage aux lions. Un lion à la crinière foncée, au regard bleu mais dur comme l'acier. Assis à son bureau, il ne relève ses yeux vers elle qu'après s'être saisi d'une arme à feu manifestement dissimulée sous son secrétaire. Prudent, il faut l'être lorsqu'on fait partie d'organisations violentes pour qui les balles sont monnaies d'échange courantes. Et si le canon ne lui faisait pas face, aurait-elle pu apprécier les précautions du Bellandi. Elle pouvait percevoir les ondes insidieuses de son pouvoir, quelque chose qu'il dégageait de particulièrement sombre et lourd. Rien à voir avec une eau de Cologne trop chargée, plutôt l'aura qu'elle devine être combinée lentement au dieu en lui. Son timbre de voix est clair, direct, nullement surpris d'avoir à accueillir une invité surprise. Les mots qui glissent sur elle comme l'aurait fait une goutte sur une vitre, Alecia ne compte nullement s'offusquer de l'atteinte, elle qui a longuement entendu parler des manières suffisantes de son hôte forcé. C'était le traitement auquel il fallait s'attendre en foulant sans invitation le terrain d'un membre d'une mafia éminente - mais sur le déclin. Sa susceptibilité mise au placard pour mieux se prémunir de cette rencontre, la blonde consent à s'asseoir là où le propose - l'ordonne - l'homme. Elle dispose ses mains à la manière d'une conquérante tranquille, prenant place sans se précipiter, sans non plus quitter de ses yeux le visage de ce personnage hermétique qu'est Saturno. Il n'est rien si ce n'est un potentiel allié dans une future lutte, mais elle ne peut s'empêcher de lui trouver un charme certain. De ceux qu'elle admire et redoute secrètement. De ceux qui imposent le respect, mais aussi la crainte. De ceux qui pourraient la rassasier dans sa propre quête de malheurs, de déconvenues, d'infortunes et de désastres. L'attrait indéniable qui fait frémir la présence divine en elle, qui réveille quelques pulsions inassouvies depuis trop longtemps.

Leurs regards se cimentent alors que, religieusement assise sur sa chaise, elle l'observe approcher. Alecia n'esquisse aucun mouvement, sachant l'arme toujours prête à dégueuler son mélange de plomb et de poudre sur elle. Le grand brun la toise de toute sa hauteur, amusant presque la jeune femme qui remonte doucement le coin de ses lèvres. Elle préfère se taire pour l'instant, ne pas froisser le silence instauré par le maître des lieux. Alecia aurait tout le temps de charcuter la patience, qu'elle imagine moindre, du seigneur des enfers. Lorsqu'il se serait décidé à pointer son arme ailleurs, elle s'y risquerait. L'humaine se contient face à la paire d'yeux bleus azurs alors que la divine se prélasse face à celui qu'elle sait être tout aussi cruel, si ce n'est plus, qu'elle. Brève étreinte imaginaire qui lui passe par sa tête blonde, agrandissant sa moue en un franc sourire arrogant. Elle n'a, pour seule réponse à ce fantasme déplacé, que la question qui doit probablement tarauder l'esprit stratège et méthodique de l'homme de pouvoir. La raison de sa présence. Alecia s'amuse de remarquer le revirement de considération : elle n'était plus fille de joie mais Madame. La mauvaise déférence de ses paroles ne la dupe pas, ne la vexe pas non plus. « J'ai entendu dire qu'Alcide préférait le pin. Pour le choix du cercueil, je veux dire. », se contente-elle simplement de répondre. Une remarque qui pourrait sonner comme une proposition. Ou une promesse. Le sourire qui se fait rictus - alors qu'elle préférerait attendre que le canon de l'arme ne lui soit plus destiné - la querelleuse décide tout de même de retirer le voile qui dissimule sa nature divine et la faire remuer doucement. Eris répond sans mal à l'appel, émergeant doucement des entrailles, étirant ses quelques filaments invisibles jusqu'à tenter d'effleurer les sens de Bellandi. Alecia sait par expérience que ceux considérés comme récurrences originelles, aux dons transmis par le sang et non par la foudre, distinguent plus difficilement la nature des nouveaux réincarnés. Et s'il ne peut déterminer sa nature exacte, saura-t-il au moins qu'ils sont plus semblables que ce qu'il devait penser de prime abord. La divine prend quelques centimètres de distance en s'appuyant sur le dossier du fauteuil, nonchalance feinte afin de se soustraire au regard pénétrant de Saturno et sa proximité.

« Je crois qu'on peut s'aider. J'ai une revanche à prendre et toi, et bien, sûrement un empire à bâtir. Monsieur. » Le tutoiement qui vient naturellement, le choix de ne pas non plus lui avouer directement qui elle est et ce qu'elle sait. Le besoin de tester ce possible acolyte avec une pointe de provocation. Personne n'a dit que se faire des alliés était chose aisée.
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strike a compromise, SATURNO - Mer 27 Fév - 23:29


STRIKE A COMPROMISE
the enemy of my enemy is my enemy
@alecia van heusen


Il surprend les regards gourmands qu’elle glisse sur lui. Et il y lit quelque chose qu’il ne s’attendait pas à voir. Un frémissement. Un frisson de crainte, mêlé à un désir étrange. Un regard qui contraste avec la calme assurance que l’inconnue affiche, alors même qu’il garde son arme pointée sur elle. De toute évidence, cette fille n’a pas toute sa raison. Ou au contraire, en possède beaucoup trop. Réprimant un froncement de sourcils, Bellandi concentre toute son attention sur la blonde sculpturale assise en face de lui. La réponse qu’elle lui oppose, pleine d’un humour noir et piquant, lui fait pincer les lèvres. Qui qu’elle soit, cette fille est informée. Pas seulement des goûts de son aîné concernant sa dernière demeure, mais aussi des liens qui unissent le croque-mort au chef de mafia qui dort derrière les barreaux de la prison d’Arcadia. Ce n’est un secret pour personne, évidemment, mais ils sont peu nombreux les civils à savoir qui il est. Le cadet, rejeté à l’ombre d’une pierre tombale, du flamboyant Alcide Bellandi. Et visiblement, l’inconnue s’en amuse. Lui ne rit pas, au contraire. Il ignore toujours qui elle est, et les raisons de sa présence ici sont encore un mystère. Pourtant, il choisit de répondre sur le même ton. Il ne faudrait pas que cette rencontre nuise à sa légendaire hospitalité – on doit qu’une fois entré dans le funérarium, on n’en ressort plus jamais. « Ne vous en faites pas, tout est déjà prêt. Depuis longtemps. » Un euphémisme. Vingt ans qu’il patiente, sagement assis derrière son bureau. Il a attendu, n’a pas hésité, parfois, à aider un peu le destin. A provoquer des incidents, à s’allier avec le diable rouge s’il le fallait. Mais cela, c’était avant. Avant l’Eden. Avant le cauchemar qui a suivi.

Alors qu’il ne s’y attend pas, quelque chose s’agite. Quelque chose, ou quelqu’un. Une conscience jumelle, à la lisière de la sienne. Une entité connue, mais oubliée. Enfouie dans les limbes de sa mémoire. Son nom se perd. Et ne demeure que le visage empli d’arrogance de la blonde. Sûre d’elle. Et surtout, satisfaite de son effet. S’il ignore encore qui elle est, il devine désormais sans mal ce qu’elle est. Elle est lui. Elle est Alcide, Lyra, Levi, Nikolaus. Elle est chacune des divinités réincarnées dans ces enveloppes charnelles, condamnées à errer pour l’éternité sur cette terre maudite. Et tout de suite, la curiosité le dévore. Qui peut-elle abriter ? Elles sont encore si nombreuses, les âmes orphelines, sans hôtes, qui hantent encore les Limbes. Masquant sa surprise, Bellandi serre les dents. Refuse de donner satisfaction – un peu plus – à la blonde qui se délecte déjà de la situation. La proposition, cette fois sans aucun déguisement, qu’elle lui fait attise encore plus sa curiosité. « Une revanche ? » Le seul mot lui parle déjà. Mais il ne peut pas se permettre de tomber dans un piège. Pas maintenant. Pas alors que tout lui temps les bras, alors que la Camorra est prête à être cueillie. « Une aide, mais de qui ? » Tâtonnement prudent. Quête d’informations précautionneuses. Il se contentera des quelques miettes qu’elle voudra bien lui donner. Elle n’aura d’autres choix que de le faire, si elle espère réellement obtenir quelque chose de lui. Elle devra bien lui donner des preuves, des raisons de lui faire confiance. Et, sur ces quelques miettes, lui n’aura qu’à gratter la surface. Pour découvrir qui elle est.


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strike a compromise, SATURNO - Sam 9 Mar - 19:27

strike a compromise
saturno bellandi/alecia van heusen
Elle passerait bien la main dans ses cheveux, agitant les reflets or pour dissimuler la nervosité qui la ronge. Personne n'aimerait devoir relever les yeux sur un canon sombre, prêt à plomber carne et organes si jamais les réponses ou les actes ne rejoignent pas la volonté du porteur d'arme. Un seul faux pas et sa cervelle pouvait tout aussi bien repeindre le parquet ciré de la pièce, son corps envoyé aux fourneaux de braises avant qu'elle ne puisse rendre son dernier souffle. Mais, à l'évidence, s'il avait voulu la voir raide, elle le serait déjà. La belliqueuse profite de rebondir sur les dires du prince ténébreux, au lieu de s'enfoncer dans les possibilités multiples de finir en macchabée. « Et qu'est-ce qui est prêt exactement ? Si ce n'est pas indiscret. », glisse-t-elle comme le ferait une vipère en s'approchant méthodiquement d'une proie. Évidemment que c'est indiscret, elle le sait, il doit le savoir également. Les mains liées, les doigts remuant au gré des ses réflexions intérieures - se révéler de suite, attendre, souffler quelques indications, risqué, pas risqué - elle ne le lâche pas du regard. Elle remarque la légère surprise de l'homme, lorsqu'il saisit ne pas être le seul divin entre ces murs. Alecia ne se dépeint pas de son rictus satisfait habituel, patientant avec mal, battant l'air de sa jambe droite. La provocation au bord des lèvres, l'envie de les plaquer aux siennes, l'incertitude de cette entrevue la met sur ses gardes. L'obscuri craint être venue ici pour les mauvaises raisons, des motivations trop personnelles pour ne pas interférer dans les plans de Khaos. Mais la machine est lancée, elle s'emballe, la tournure des événements pouvant lui échapper à chaque revirement de situation. Il est trop tard pour jouer la prude, pour reculer et revenir sur ses pas. La déesse égoïste vient emmêler son emprise, écrase ses doutes et la conforte dans sa démarche première. Si sa loyauté envers lui est inébranlable, son désir de vengeance ne fait qu'accroître de jour en jour.

Ses questions lui font dévier le regard, un bref instant, le doute revient. Avouer ou préférer le secret, garder l'anonymat tant entretenu depuis sa réincarnation ? La fière divine a déjà sa réponse, l'hôte humaine n'y consent toujours pas. Ni l'un ni l'autre ne se font confiance, comment le pourraient-ils alors qu'ils ne se rencontrent que ce soir. Le pourcentage de ratés est trop grand, Alecia le sait. Elle se cale un peu plus dans le fauteuil, le trouvant moins confortable de minute en minute. Le silence plane, l'indécision la met en mauvaise posture, se flagellant intérieurement d'avoir poussé la porte de l'établissement. « Une revanche sur de vieilles querelles. », qu'elle finit par lâcher. Querelles millénaires, l'accès à l'Olympe interdit, descendance reniée. La colère de la déesse lui a brûlé les entrailles dès le premier jour, a changé la timide Alecia en une femme enragée, allumant un brasier insoupçonné. Et si elle ne peut encore se souvenir du bannissement proféré par Zeus, Alecia le devine sans mal : les récits mythologiques parcourus le disent, le décrivent. Acharnement injustifié, exil cruel. « Une aide venant de moi, de qui d'autre ? » Esquive malhabile, qui ne tiendra pas longtemps. Il attend qu'elle lui révèle l'identité céleste qui court dans ses veines, empoisonne son cœur. Mais la belliqueuse préfère entrer dans un jeu puéril, retardant l'inévitable. Il faudra pourtant bien faire un pas, donner un peu, pour prendre beaucoup.

La blonde trouve dans une de ses poches ses cigarettes, dans l'autre un briquet. Une œillade à Bellandi en sortant le tout, le regard semblant chercher l'autorisation du prince, avant de prendre une tige cancérigène entre ses lèvres. La flamme crépite, allume et une inspiration profonde est prise. Alecia reprend place contre le dossier, souffle la fumée sur le pistolet que l'homme tient encore, provocatrice agacée par la menace de l'arme. La clope entre les deux doigts, elle reprend négligemment, agitant sa main au fil de ses mots. « Le récit de la pomme d'or, la guerre de Troie, on a donné mon nom à une planète aussi. On ne parle pas beaucoup de moi, mais en général je fais toujours partie des bonnes histoires à raconter. » La suffisance calquée sur la gueule, elle reprend une bouffée de nicotine, sans se soucier des quelques cendres qui tombent sur le sol. Elle ne joue plus aux devinettes, elle a pris sa décision.
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strike a compromise, SATURNO - Mar 26 Mar - 16:31


STRIKE A COMPROMISE
the enemy of my enemy is my enemy
@alecia van heusen


La belle conserve son assurance, sûre d’elle alors qu’elle plonge son regard turquoise dans les iris d’acier. Insolente. Sauvage. Rebelle. Elle lui rappelle quelqu’un. Quelqu’un qui lui a échappé il y a longtemps et qu’il n’a jamais tenté de reconquérir. Il sait quand le combat en vaut la peine. Quand jeter toutes ses forces dans la bataille, et quand se taire. Cette fois ; ce soir, cette nuit, il observe. Détaille le corps longiligne, aux courbes féminines et aguicheuses. Elle est belle, et elle le sait. Surtout, elle sait comment en jouer. Comment se servir de son corps pour atteindre ses objectifs. Cela se voit, à la façon dont elle agite son pied chaussé d’épaisses chaussures, au regard qu’elle promène sur son corps d’homme, à l’agitation calculée de ses doigts fins. Même le sourire qu’elle esquisse, qui semble pourtant si naturel, si spontané, n’est qu’une mascarade. Une façon de l’attirer dans ses filets, de le faire sien. Empêtré dans des liens trop forts pour lui. Tellement soumis aux impérieux besoins de la chair. Il préfère répondre, pour ne pas se laisser distraire. C’est qu’elle pourrait lui faire tourner la tête. « Ebène, ça n’est pas tous les jours qu’on enterre un roi. Le reste, vous le verrez le jour des funérailles. » Une promesse. Il la sait pourtant inutile, car tout est en passe de se réaliser. Qu’elle le veuille ou non, la police lui aura facilité la tâche. Pourvu que cette fille ne soit pas venue tout foutre en l’air.

Ses questions la désarçonnent l’espace d’un instant. Evidemment, il s’interroge. Sur sa nature divine, sur les raisons de sa présence. Sur son identité. Elle n’a toujours pas craché son nom. N’est que quelques lettres dans son esprit. Mais il sent qu’elle pourrait être plus. Tellement plus. Ses mots ont une saveur amère. Il l’entend. Si elle vient du même monde, comme il le devine, cela ne lui donne pas plus d’indication. Ils sont nombreux, les divins à chercher leur revanche. Lui le premier. Il a expérimenté des vies entières de tourments, la rancune et la haine fermement chevillée au corps. Il n’a pas besoin de s’en souvenir pour le savoir. Ici, maintenant, les sentiments qui l’ont agité depuis son éveil ont suffit à lui apprendre ce qu’il avait besoin de savoir. Les millénaires n’ont rien atténué. Ni la trahison, ni l’amertume. Encore moins le désir de vengeance. C’est quelque chose qu’il comprend, qu’il connaît. Mais cela ne suffit pas pour faire confiance. Pour s’allier à une femme dont il ignore tout. Soupçonneux, il reste silencieux. La regarde, la détaille. Pour la centième fois, peut-être. Ne parvient pas à détacher ses yeux clairs des ténèbres qu’elle dégage. Sa dérobade ne lui échappe pas. Tentative de fuite qui, ils le savent tous les deux, n’aboutira pas. Elle devra se dévoiler, à un moment ou à un autre. Autant qu’elle choisisse elle-même quand le faire. Car elle ne risque pas d’apprécier s’il décide de la faire parler. Il a cela en commun avec les bourreaux du Moyen-Âge. Ses méthodes sont efficaces, quoi que fort sanglantes.

La blonde cherche quelque chose dans ses poches et il craint une seconde de la voir sortir une arme. Mais le paquet de cigarettes est inoffensif, si ce n’est pour sa santé. La clope s’enflamme entre ses lèvres charnues et un nuage de fumée est soufflé dans sa direction. Il reste stoïque, lui-même adepte de cette pratique. Il sait combien elle agace. Sait qu’elle le fait volontairement, pour le déstabiliser. Le regard se durcit, lui enjoignant de stopper ses simagrées et de cracher la vérité. Ce qu’elle fait finalement, la main agitée dans un moulinet arrogant. Ses connaissances mythologiques font jaillir un nom dans son esprit. « Eris, bien sûr. » Le nom claque comme une évidence. Reine des discordes, mère de tous les maux. Lilith païenne, rejetée des dieux. Une paria, comme lui. Une fouteuse de merde, qui ne doit qu’à elle ses malheurs. « J’imagine qu’on te doit le bordel de cet été ? » Si c’est le cas, alors il n’a aucun mal à deviner le démon auquel elle est attachée. Khaos, enfant putride du néant. Il grimace à cette idée. Les souvenirs de l’Eden Manor ne l’ont pas tout à fait quitté. Et il n’est pas ravi qu’on les lui rappelle. La prise se resserre sur la crosse, le pouce abattant dans un claquement la sécurité de l’arme. Un mot de travers et son joli visage ira décoré de tons sanguins les murs froids de son bureau.


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strike a compromise, SATURNO - Lun 15 Avr - 16:38

strike a compromise
saturno bellandi/alecia van heusen
Elle sourit, la moue appréciatrice va à la remarque piquante du prince. Alecia espérait recevoir le faire-part rapidement, Eris comme son hôte avaient toujours trouvé les réunions familiales intéressantes. Mariage, baptême ou enterrement. Des assemblées révélatrices de lourds secrets, de vieilles rancœurs qu'il suffisait d'attiser d'un léger souffle pour embraser un foyer. Les projets belliqueux germent doucement dans son esprit, projetant déjà un bel adieu à celui qui lui avait fermé les portes de l'Olympe.

Un frisson la saisit lorsqu'il comprend et qu'il prononce le nom de celle qu'elle habite. Par réflexe, elle mordille sa lèvre inférieure avant de reprendre une bouffée de nicotine. Elle ne se doutait pas qu'entendre son entité divine prononcée de sa bouche, soufflée du ton durci par le mécontentement de l'homme, lui ferait tant d'effet. Les orbes soupçonneuses qu'elle affronte avec un peu de mal remuent la prédatrice en elle. Même si elle n'apprécie pas la présence du canon entre eux, peut-être est-ce le seul rempart intelligent entre une femme prête à tout et un homme qu'elle dévorerait à la première occasion. Elle savait maintenant pourquoi Khaos l'avait choisi, lui plutôt qu'un autre. La belle revêt son masque imperturbable face à son bourreau, lui laissant le temps de digérer la nouvelle. Elle s'apprête à rétorquer, d'un franc sourire, qu'il a très certainement raison. Qu'elle, et elle seule, est responsable des joutes estivales de l'année précédente. Et de celles qui arriveraient prochainement. Mais la sécurité de l'arme à feu qu'ôte le prince la fige. Son sourire se change en un rictus crispé, elle s'était peut-être trompée sur son compte. « Moi qui pensais qu'on pouvait s'entendre. », ose-t-elle glisser en s'efforçant de ne pas céder à une colère qui grimperait trop rapidement pour être jugulée. Elle n'avait qu'à se fier au bon sens - ou l'absence de bon sens - de Bellandi. Son regard quitte un instant le ténébreux pour venir se poser sur un point fixe, en arrière-plan. Le filtre rejoint, une fois encore, la bouche de la belliqueuse qui a beau réfléchir, ne voit aucune échappatoire viable. S'il décidait de tirer là maintenant, elle n'aurait plus qu'à adresser ses dernières pensées aux obscuri. Elle rejette le nuage de fumée par le nez, en ravale la majeure partie à nouveau, qui se glisse entre ses lèvres.

Ils restent ainsi, une minute voire deux, le temps que la cigarette se consume entièrement. Le silence n'est plus d'or, il est de plomb. L'atmosphère est à couper au couteau et l'impasse désagréable qu'a pris ce rendez-vous improvisé lui laisse un arrière-goût amer. Et malgré cela, en tournant et retournant le mégot entre son pouce et son index, Alecia ne se lasse pas d'observer Saturno Bellandi sous tous les angles. Dès qu'elle avait passé le seuil de la pièce, elle avait remarqué la musculature discrète ainsi que le charme froid et austère de l'homme. Sa face hermétique et mystérieuse ne faisait que rajouter à la suavité que ressentait la belle à force de l'examiner. Le regard acier dont elle avait de la peine à se défaire par moments lui donnait des envies fugaces. Et si elle s'écoutait vraiment, elle repousserait le flingue pour s'en saisir, effleurant sa main de la sienne, et l'envoyer voler contre un des murs. Elle fonderait sur les lèvres roses, comme une vague s'éclatant contre les rochers d'une rive. Elle forcerait le barrage de sa bouche avec sa langue, débutant un baiser dont elle mènerait la danse sans partage. La belliqueuse s'approprierait les grandes mains pour les plaquer contre son propre corps. Nul doute que son souffle saccadé témoignerait de toute l'envie qui la traverserait. Elle chercherait à faire tressaillir cette façade inébranlable. Elle perdrait ses doigts dans la chevelure poivre et sel, s’enivrerait de son odeur et mêlerait ses pensées aux siennes. Le faire sien le temps d'une étreinte.

Mais Alecia reste tranquille, remuant un peu dans son fauteuil, repoussant ses fines épaules en arrière pour garder contenance. Si tout se réglait à coups de reins, le monde se porterait peut-être mieux. Mais, même le plus charmeur des sourires ne pourrait se dresser contre un calibre meurtrier. Alors elle passe son tour, en espérant pour la prochaine fois, sans vraiment y croire. « Effectivement. C'est moi, l'instigatrice de tout ce qu'il s'est passé. » Elle a réussi à s'en convaincre elle-même afin de pouvoir le dire sans avoir peur que l'on y décèle un mensonge. « Que puis-je faire pour te décider à poser ton arme ? » La vipère glisse, tente d'amadouer le prédateur, vibre de colère mais surtout de peur. Eris ne pourrait stopper un coup de feu, mais il ne lui suffirait que d'un contact, un seul, pour distiller en Bellandi son courroux.

La belle ose un mouvement, contournant doucement le bras armé pour arriver jusqu'au bureau, là où trône le cendrier qu'elle a repéré. « J'aime bien ce parquet, je voulais pas jeter ça par terre. » Peut-être même qu'il suffirait d'une couverture pour en faire un lit d'appoint. Petit lancer - réussi - et elle reprend sa place. Soumise au bon vouloir de Saturno, elle joint ses mains et triture ses doigts, impatiente. Les joues ne rougissent pas malgré ses pensées guère catholiques. Elle n'était pas venue chercher un amant, mais un allié. Mais pouvait-elle réellement lutter face à cette attirance prenante, cet amour pour les grands hommes froids voire cruels. Et si elle craignait sa réaction, Alecia ne pouvait que constater que ses traits irrités le rendaient plus irrésistible encore.
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strike a compromise, SATURNO - Mar 30 Avr - 22:36


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Le ton navré de la belle lui évoque ses propres intonations. Assurément, elle est une manipulatrice de génie. Capable de moduler sa voix, de modeler son visage, pour susciter tour à tour la pitié, la colère et la joie. Capable de s’adapter à son interlocuteur. Capable aussi de se sortir des situations les plus critiques. Il n’en doute pas une seconde, elle trouvera une pirouette inattendue pour se sortir de celle-ci. Même mise en joue par une arme à la sécurité retirée, elle continue de le fixer nonchalamment. L’espace d’un instant, il admire cette assurance. Avant de laisser son regard couler sur les courbes délicates de la jeune femme. Difficile de lui donner un âge. Difficile de détourner les yeux de son regard magnétique. Le silence entre eux pèse de plus en plus lourd sur ses épaules. Et il ne peut se défaire de l’impression – fort désagréable au demeurant – qu’elle le déshabille sans un mot. Le malaise le fait tressaillir l’espace d’une seconde. Une moue désapprobatrice éclot sur son visage, les lèvres épaisses pressées l’une contre l’autre dans une grimace déçue. Il se croyait plus imperméable. Insensible aux charmes féminins depuis qu’elles s’étaient mises à le déserter. Mais cette fille… cette gamine. Elle allume quelque chose. Quelque chose de dangereux et d’insidieux.

La confession est crachée à contre-cœur, comme une défaite. Immédiatement, il se crispe. Elle n’ignore pas la possession dont il a été victime, ni les terribles conséquences qui ont suivi. Il résiste à l’envie de lui faire sauter la cervelle. Une prise pareille, ça ne court pas les rues. S’exhortant au calme, il conserve néanmoins son arme braquée sur elle. Pour plus de sécurité. La question lui hérisse le poil mais il reste impassible. « Commence par me dire où se cache le fils de pute que tu sers. » Il a jeté ces mots sans émotion, comme on parlerait à une catin. A ses yeux, elle n’est rien de plus désormais. Déesse ou pas, elle n’est rien d’autre que la putain de Khaos. Le regard d’acier ne la quitte pas alors qu’elle se lève, caressante, pour venir jeter son mégot de cigarette. Il se fait violence pour ne pas la plaquer contre l’ébène du bureau, son pistolet entre les deux yeux. Son corps tout entier s’électrise de la proximité d’Eris. Il retient un soupir de soulagement lorsqu’elle s’éloigne pour reprendre sa place. Cette fille est dangereuse, à bien des égards. Ce n’est pas le moment de tomber dans son piège. Pas le moment de tomber dans ses filets. Parce qu’elle pourrait bien le mener à sa perte. Et elle n’aurait pas besoin de plus d’un claquement de doigt pour cela.

Pourtant, il doit se rendre à l’évidence. Il ne la tuera pas ce soir. L’envie ne manque pas, le démange même fortement. Mais elle est une informatrice trop précieuse, pour l’instant. Tant qu’elle est soumise à la gueule noire du pistolet, elle n’ira pas loin. Tant qu’il contrôlera la terre et le métal, elle ne sortira vivante d’ici que s’il le décide.



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strike a compromise, SATURNO - Sam 4 Mai - 2:00

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Elle, qui se voulait doucereuse, se pétrifie aux paroles de l'homme. Sa façade imperceptible vacille, la colère harponne son sourire, le cœur piqué au vif. Qu'il l'insulte, elle, l'indiffère. Qu'il ose s'en prendre à son seigneur rimait à une déclaration de guerre ouverte. Et voilà que son attitude enjôleuse se brise. Les mâchoires sont crispées, mais elle reprend place sur son fauteuil sans ciller. La seule raison pour laquelle elle n'a pas encore tenté de désarmer Saturno est le fait évident qu'il soit, lui aussi, en proie à une rage intérieure. Serait-elle moins empruntée par l'idée de lui arracher la langue qu'elle l'en trouverait d'autant plus beau, des éclairs menaçants dans son regard acier.

Les mains liées, ses doigts entrelacés ont une couleur blanchâtre qui témoigne de la pression qu'elle tente de juguler avec mal. La vipère ouvre finalement la gueule, laissant doucement couler le venin qui la tiraille. « Je ne sers personne d'autre que moi. » La colère est telle que ses paroles en vibrent. Tant que l'anonymat des obscuri restait intact, elle préférait encore prendre sur elle la culpabilité de flirter avec les ténèbres. Son aura grandissante en transpire, de cette sombre couleur qui grignote la lumière sur son passage, de cette émanation poisseuse qui devient difficile à dissimuler.

L'arme, qui ne semble pas la quitter, la dissuade d'emprunter le dangereux chemin de la provocation. Elle utiliserait pourtant plus d'une information pour le mettre à genoux. Évoquer son bref séjour chez les Russes. Qui, visiblement, n'avait pas été assez long, si Bellandi se permettait d'humilier celui qui les ramènerait tous au rang d'hommes. Alecia finit par baisser les yeux, se soustrayant au regard acéré de l'homme en un soupir, glissant innocemment une mèche de ses cheveux derrière l'oreille. Si elle donne l'impression de laisser tomber, rien n'est plus clair dans sa tête : elle se soumettait pour se permettre une meilleure revanche. « Mais je peux t'apporter certaines réponses. » Qui ne tiendront aucune vérité, seulement des fausses pistes pour le cabot enragé. « A une condition. L'arme, tu la poses plus loin. » Un sourcil haussé, une requête qui tient plus de l'ordre. Terminé le jeu de séduction effronté, Alecia n'est plus qu'un ramassis de nerfs prêt à sauter à la gorge de celui qu'elle a du prendre pour un autre. « Ou nous repartons d'où nous sommes venues, mes infos et moi. » L'insolente enhardie par la rage, l'orgueil tailladé par l'insulte crachée, n'a jamais bien su peser ses paroles avant qu'elles ne franchissent la barrière de ses lèvres. Toujours juchée sur la chaise, l'obscuri tend sa main droite, la suspend à la hauteur de son hôte tout en s'appliquant à dissimuler le tatouage prouvant son allégeance à Khaos. Il ne faudrait rien qu'un toucher pour se sortir de cette impasse, seulement sa peau contre la sienne, prétextant une poignée de main honnête. La vipère sourit, elle le croit maintenant trop imbécile pour déceler la ruse.
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strike a compromise, SATURNO - Lun 6 Mai - 0:09


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Il la voit, se tendre comme un arc. En apparence calme, affichant une assurance sereine, elle se trahi pourtant. Un tic nerveux agite sa paupière et son sourire se crispe. De toute évidence, la situation a pris un tour auquel elle ne s’attendait pas. Et Eris semble faite du même bois que lui. Perdre le contrôle des choses les déstabilisent tous les deux. Leur capacité à reprendre le dessus semble néanmoins égales, puisqu’elle se rassoit sans prononcer un mot de travers. La menace du pistolet y est sans doute pour beaucoup. Imperceptiblement, l’atmosphère se refroidie dans le bureau. L’ambiance n’est plus à la cajolerie et aux sourires faux. Les yeux clairs de sa visiteuse ne cessent de le fusiller. Les mots qui coulent de sa bouche sont moins assassins, pour qui ne lit qu’en surface. Mais lui entend sa colère. Elle lui est familière. « A d’autres. Ça n’était pas ta voix. » Il se souvient des intonations, se souvient des mots. Et il refuse de croire que cette fille - cette femme - soit à l’origine de sa possession.

Les yeux bleus louchent sur l’arme et remontent le long de son bras, pour s’arrêter sur son visage. Il sent, dans sa chair même, le poids de ce regard inquisiteur. Il sent dans sa chair toutes les tortures qu’elle aimerait lui faire subir. Et il en frissonne. Parce qu’il n’a jamais connu cela. Cette tension ; étrange résultat de la colère et de la peur. Enfant bâtard du désir et de la haine. Soudain la perfide lève une main blanche, brisant le charme. La condition qu’elle met le fait grincer des dents. Pourtant, il sait qu’il conserve un avantage – certes faible tant qu’il n’a pas encore acquis la totale maîtrise de ce nouveau don. Mais un avantage tout de même. « Très bien. » A regret, il enclenche lentement la sécurité de son arme, avant de tendre le bras et de la lancer sur son fauteuil vide. Hors d’atteinte sans une série de contorsions. Ou une capacité à manipuler le métal.

Prenant meilleur appui sur le bureau, il croise les bras sur son torse. Il la toise sans vergogne, son regard d’acier chargé de mépris. Les idées se bousculent dans son esprit. Saturno fait défiler ses connaissances mythologiques à toute allure, cherchant ce qu’il a pu manquer. L’histoire d’Eris lui revient en mémoire mais il ne lui connaît aucun allié. La déesse a toujours été seule. A son image. Une solitude engendrée par un rejet brutal de leurs pairs. Une haine conçue dans la douleur et la peine. Un désir de vengeance né dans les ténèbres. Malgré le masque qu’il espère impassible, il a conscience que ses pensées se lisent sur son visage. Ils sont trop semblables ; ont trop soufferts des mêmes affres pour qu’il puisse ignorer l’appel de cette main tendue. Sans un mot, il la saisie entre ses longs doigts fins, pressant entre eux la paume délicate.

Aussitôt, un maëlstrom d’émotions le submergent. Haine, vengeance, dégoût, colère, amertume, chaos. Son souffle se heurte brutalement contre ses lèvres, la respiration coupée par la violence du choc. Ses pupilles s’agitent sans se fixer nulle part, tandis que dans son esprit défilent quarante années de défiance. Quarante années de mépris, de rejet, d’ignorance. Quarante années au cours desquelles il aurait rêvé de voir éclore un sourire sur le visage de son père, de son frère. Un sourire sincère, uniquement pour récompenser ses efforts. Pour apaiser la colère du petit garçon qu’il n’a jamais cessé d’être.


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strike a compromise, SATURNO - Mer 8 Mai - 15:41

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La belle garde le silence sous le ton convaincu de Bellandi. A son affirmation, elle n'aurait rien de plus à répondre que des insanités - qui ne manqueraient pas de la desservir. Sa loyauté impliquait la protection de Khaos ainsi que des obscuri et, même sous la torture, jamais sa langue ne se délierait. Les lèvres scellées, mâchoires contractées, ses yeux lancent mille intentions meurtrières à l'égard de celui qui a osé insulter son seigneur. S'il pense que l'affront sera oublié, il comprendra plus tard ne jamais s'être autant fourvoyé. Pire qu'une possession fortuite l'attendrait s'il continuait sur ce chemin, pire qu'un séjour à la Bratva, elle le promettait en silence, les fesses soudées à sa chaise.

Elle retient un rictus triomphant lorsque le flingue disparaît de son champ de vision, appréciant qu'il ait accédé à sa requête. Restée assise, elle n'a nul besoin de le surplomber pour être certaine d'avoir l'avantage lors de cette entrevue. Alecia le voit hésiter, poser probablement le pour et le contre, lorsqu'elle lui présente sa paume. Il apprendrait après qu'il ne fallait pas serrer la main à n'importe qui, surtout pas à une blonde aux faux sourires. Elle ne dévie pas du regard acier, risque presque de s'y noyer malgré la colère qu'il lui inspire à présent. Il finit par consentir et elle est presque tentée de frissonner à son contact. Peut-être de réjouissance, à l'idée d'avoir le dessus sur l'homme, mais également d'autre chose. Quelque chose qui lierait une âme à une autre. Un caprice, une soif, un désir. Le bref picotement entre eux se fait, elle laisse doucement aller sa volonté pour distiller un peu de son poison au sein du rital, sourire doucereux aux lèvres.

Elle l'admire, l'homme qui est brusquement submergé par ses propres démons. Émois traîtres, provoqués et remués par l'intervention de la belle. En proie à la tempête interne qu'elle lui impose, la respiration du prince se coupe puis se fait saccadée. Même si elle n'a aucune idée de ce qui peut bien se passer dans l'esprit comme dans le cœur, le lieutenant se doute bien que le Bellandi doit en avoir des émotions à ressasser. Il semblerait que son don ait plus d'emprise sur ceux qui lui ressemblent, ceux qui dissimulent malhabilement leur part d'ombre. Car nul doute que le divin doit faire avec tout un tas de sentiments, la blonde l'avait deviné bien avant de fouler son antre.

Les divinités qu'on savait ténébreuses ne choisissaient pas leur enveloppe charnelle sans mesures. Cette prédisposition au sombre qu'habitait la querelleuse, l'homme devait également la porter en lui. D'où la volonté de le rencontrer en personne. Ils se ressemblaient, tous deux, comme ceux ayant recueilli dieux et déesses enclins à de noirs desseins.

Alecia se lève, rompt leur poignée de main, mais son influence chaotique reste. L'idée de profiter de la vulnérabilité du bel homme lui traverse l'esprit, alors qu'elle approche son visage curieux du sien. Leurs nez pourraient presque se toucher, la vipère qui remue, qui vibre au gré des réactions de sa proie. Deux centimètres de moins et elle assouvirait le désir égoïste qui lui avait torpillé le bas ventre. Dès sa rencontre avec les grands yeux, alliant élégamment gris et bleu.

Elle se contrefout de son consentement, la déesse qui l'habite la pousse à s'approprier tous les droits. Puisque rien n'a jamais été donné, ni à la divine ni à l'humaine. La belle finit par soupirer, déçue de sa propre retenue, et recule, un goût d'inachevé à la bouche. « Ce sera pour une prochaine fois, Saturno. » L'obscuri aime ce prénom singulier, dont elle s'applique à décortiquer chaque syllabe.

D'habiles enjambées, elle lui passe à côté sans craindre la moindre résistance, contourne le lourd secrétaire avant de se saisir de l'arme à feu délaissée sur le fauteuil du maître des lieux, abandonnée suite à sa demande. Ce n'est qu'en possession du flingue qu'elle s'autorise à dissiper son emprise, quelques gouttes de sueur perlant au front sous l'énergie qu'elle avait du déployer pour le maintenir sous son joug. C'est qu'Hadès ne se laisse pas manipuler si facilement et cette pensée ne manque pas de la faire jubiler. Elle s'imagine sans mal payer pour son affront dans un avenir proche, préfère se concentrer sur le moment présent.

Alecia laisse le temps à l'homme de se retourner pour lui faire face, avant de lever le pistolet contre son propriétaire. D'un doigt, elle en fait sauter la sécurité, se réjouissant d'avoir pu duper celui qu'on prétend si terrible. Victoire qui sera peut-être de courte durée, ce qui n'empêche pas la belle de fanfaronner en de piquantes provocations : premièrement, s'asseoir sur la place du souverain, sans jamais le soustraire au regard du canon. Elle note que son siège est plus confortable que ceux mis à disposition des visiteurs. Ensuite : « Alors ? La tête qui tourne un peu ? J'ai jamais su ce que ça faisait... »  ce que la discorde pouvait bien déclencher dans un esprit torturé.

L'obscuri essuie de sa manche les quelques perles moites qui apparaissent encore sur le haut de son front, contrecoup de l'utilisation de son don, avant de se parer d'un sourire franc. Elle est tentée de pousser le vice, de venir poser ses larges bottes sur le bureau. Alecia a beau être la main armée de Khaos, elle n'a pas les mêmes précautions que son seigneur. Ce dernier est guidé par son expérience indéfinissable, la réincarnée n'est autre que le pantin de ses propres désirs. Soumise aux impérieuses volontés qu'elle ne peut encore gérer. Son manque de confiance pallié par une condescendance, dont elle s'amuse à répandre sur qui veut bien l'entendre. Mais la certitude de sa supériorité la guidera un jour à sa perte.

Depuis son trône attitré - volé -, la vipère souhaiterait siffler, à la face de l'impudent, à quel point Khaos les ferait ployer. Elle voudrait lui conter la sagesse vibrante de l'entité, se lancer dans des éloges déplacées, des compliments scabreux. A combien d'oreilles n'avait-elle pas souhaité imposer son discours flatteur ? Sa disparition la poussait dans ses retranchements, son admiration grandissante pour l'Originel n'avait d'égale que l'anxiété de ne jamais le retrouver. Peut-être bientôt cernés de toutes parts, les obscuri devaient se débrouiller avec un lieutenant trop occupé à multiplier les impairs pour ses vendetta personnelles.

« Je peux compter sur toi pour coopérer ? » Le coude reposé sur les jambes croisées, le canon semblant dormir sur sa cuisse en attente qu'elle presse la détente pour se loger dans le ventre de Saturno. Elle ne se méfie pas autant qu'elle le devrait, bouffée par l’orgueil et la vanité, trônant sur le fauteuil molletonné. Elle a l'outrecuidance de jeter un œil rapide aux documents éparpillés sur le bureau, fronce les sourcils devant quelques détails de compte qu'elle ne comprend pas avant de reporter, désintéressée du charabia, son attention sur l'hôte.
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strike a compromise, SATURNO - Dim 2 Juin - 23:30


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Quelque soit le nom du poison que la perfide lui a inoculé, il agit sur lui avec une violence inattendue. Les émotions affluent, comme un torrent sauvage détruisant tout sur son passage. Bouleversé, chamboulé, renversé, il perd le Nord. Ses yeux cherchent un point fixe sur lequel s’accrocher, alors qu’il se sent perdre pied. Le vertige qui le saisit le force à agripper le bureau derrière lui, faisant de son mieux pour converser un semblant d’équilibre. Pour rien au monde il ne laissera transparaître sa faiblesse. Mais à voir le sourire d’Eris, il devine qu’il n’y parvient pas totalement. Et il maudit en silence l’infâme créature qui l’a trompé. Se maudit lui aussi, pour s’être laissé abuser. Le regard chargé de haine, il darde ses yeux clairs sur le visage satisfait de la déesse.

Elle libère sa main et pourtant, rien ne cesse. Pèse toujours sur lui le poids terrible des sentiments qu’il s’est efforcé de refouler, et que la maligne semble ravie de remuer. Elle s’approche de lui, visiblement tentée de profiter de la situation. Il esquisse une grimace, les lèvres retroussées sur des dents prêtes à mordre. Il se sait pourtant incapable de résister, s’il prenait l’envie à la blonde de se pencher un peu plus. Prisonnier des démons qu’elle fait s’agiter en elle, fermement arrimé à son bureau, il ne peut espérer lever le petit doigt. Le souffle de la discordieuse effleure ses lèvres serrées, sa bouche ourlée prononce son prénom d’un air gourmand. Lui-même frissonne, contre sa volonté. Impuissant, il ne la quitte pas des yeux alors qu’elle contourne le bureau pour s’emparer de son arme.

Sentant son emprise reculer, il reste immobile quelques instants. Encore choqué de la facilité avec laquelle la gamine l’a maîtrisé. Lentement, il prend le temps de se retourner pour faire face à la blonde. Il louche sur son arme retournée contre lui, avec une pointe d’amertume. Le claquement sec de la sécurité abattue ne lui fait pas esquisser un mouvement. A peine lève-t-il un sourcil lorsqu’elle occupe son siège, tandis qu’il reste obstinément debout, cramponné au bureau. La provocation le fait grincer des dents mais il demeure silencieux. Trop enragé pour desserrer les dents. Il remarque, avec une pointe de satisfaction, qu’elle n’est pas sortie indemne de son petit tour de passe-passe. Il hésite à lui infliger une dose de son propre traitement, avant de se raviser. Pas maintenant. Lorsqu’il aura repris le contrôle.

Peu à peu, ses émotions s’apaisent, malgré un palpitant emporté dans une course infernale. La gamine semble toujours sûre d’elle, confortablement assise dans son fauteuil. Confiante, elle a même les couilles de poser son revolver en travers de sa cuisse, dans un geste nonchalant. Il esquisse un sourire, avant de remettre en place la sécurité de l’arme, d’un seul geste dans le vide. « Maintenant on peut discuter. » Ton sec, avant de se laisser tomber sur l’un des sièges réservés aux visiteurs. Pour cacher le tremblement de ses jambes, qu’il croise avec un air de propriétaire. Comme si les rôles n’étaient pas inversés. « Laisse-moi te dire une chose avant, néanmoins. » La mâchoire se carre, les doigts se croisent sur les cuisses. Assurance, aplomb. Deux armes dont il a toujours eu besoin pour s’imposer – et qu’il maîtrise comme une symphonie.

« Ne pense pas que j’oublie. Tout se paye, un jour ou l’autre. » Le ton se fait doucereux, et pourtant menaçant. Pour l’instant, il laisse couler. Donne l’illusion de pardonner, malgré tout. En réalité, l’infernal bout d’une colère froide, destructrice. Supporter l’humiliation n’a jamais été son fort. Trop orgueilleux pour cela. Dans quelques minutes ou dans quelques années, il trouvera un moyen de lui faire cracher ses tripes. « Et maintenant, dis-moi ce que tu veux. Avant que je ne m’énerve. » Le regard d'acier se fixe sur le flingue, avertissement muet. Dans le même temps, une main se libère pour faire danser les phalanges, dans un geste évoquant un marionnettiste.


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strike a compromise, SATURNO - Lun 10 Juin - 13:37

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Elle déglutit, soudainement mal à l'aise. Le vent semble avoir tourné, soufflant rageusement en sa défaveur. Alecia a beau se donner des airs imperturbables, elle ressent l'air se charger d'un lourd pouvoir. Saturno lui fait penser à énorme fauve feulant, menaçant celui qui ose l'ennuyer, prévenant que la seule échappatoire à ses crocs serait de partir en courant, maintenant. Malgré elle, l'obscuri se sent bien petite face à la prestance écrasante du maître des lieux.

Eris se pensant bêtement en position de négocier quelconque arrangement temporaire, avait mal estimé le terrain. Le lieutenant aurait pu éviter une démonstration de force, mais la tentation de déstabiliser Bellandi avait été trop forte.

Homme défait de son fauteuil, ferait de n'importe quel piètre tabouret un trône. Le Si elle a pu distinguer tout le remue-ménage qu'elle avait créé en lui, il n'en laissait plus rien paraître. L'arrogance qu'elle lui reconnait bien est placardée sur la face, visiblement satisfait de son petit effet. « Le petit ... », qu'elle imite le geste de la main en une fausse décontraction, « ... est nécessaire ou c'est simplement pour faire le show ? »

Elle n'en mène pas large et ses traits tendus en témoignent. Elle a beau vouloir rabaisser discrètement la sécurité de l'arme, rien n'y fait, le métal ne se pliera pas à sa propre volonté ce soir. Elle s'interroge sur toutes les autres surprises que lui réservait encore Saturno. La querelleuse doit bien admettre qu'elle récolte ce qu'elle sème. Et même si elle prend la mise en garde au sérieux, elle ne peut s'empêcher d'apprécier la promesse. Et de l'attendre. Il a toute son attention, alors qu'elle laisse le coin de ses lèvres remonter en un mince sourire flatté. Eris avait définitivement un don pour se mettre à dos semblables.

Il la presse et elle abdique. « Je veux tellement de choses. A commencer par la Bratva. » Allusion insoupçonnée, dardant un regard appuyé sur la bouche pleine de l'infernal. Mais les raisons qui l'ont amenée ici la rattrapent, font couler de sa bouche un venin écœurant. En ce Bellandi là, elle trouverait un allié de choix pour porter atteinte aux rouges.
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strike a compromise, SATURNO - Lun 10 Juin - 16:57


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L’épiderme se couvre d’une fine pellicule de sueur froide. L’âme s’apaise mais dans les veines gonflées, l’adrénaline court encore. Le souffle encore précipité, il fait face sans flancher. Visiblement éprouvé, il conserve pourtant une prestance et une présence maintes fois mises à l’épreuve. Et ce n’est pas l’arrogance de la gamine qui en viendront à bout. Elle en use pourtant de toutes ses forces, haussant un sourire narquois en mimant ses gestes, en raillant sa théâtralité. Impassible, il attend qu’elle découvre l’envers du décor. Et, une fois de plus, s’estime heureux de la découverte de ce nouveau don.

La belle déchante en réalisant que l’arme n’obéit désormais plus qu’à son maître. Il lit sur son visage la panique, alors qu’elle s’échine à abaisser de nouveau la sécurité du pistolet. « Tu vas te casser un ongle, chérie. Laisse tomber. » L’acidité transparaît dans ses mots. Le sarcasme coule comme un poison. Il ne prend même pas la peine de tendre la main pour récupérer sa fidèle alliée. Entre les mains de la belliqueuse, l’arme est inoffensive.

Avec un soupçon de satisfaction, il la voit se soumettre et cracher ses souhaits. Le regard appuyé qu’elle pose sur lui le fait tiquer. La méfiance s’accentue, alors qu’il se promet de ne plus effleurer, même une seconde, la peau de la fourbe. Peu importe à quel point elle attise ses envies, titille ses désirs. Il a déjà suffisamment goûté à son poison et n’y reviendra plus. Même s’il semble difficile de résister au regard qu’elle lui lance, ou à la courbe de ses lèvres charnues. Son corps même – son corps tout entier – est un appel à la luxure. Des sirènes auxquelles il reste sourd ; pour l’instant.

Il hausse un sourcil, surpris de l’entendre énoncer ainsi sa haine de la Bratva. « Pourquoi ? » Pas que la raison l’intéresse réellement. Mieux que quiconque, il comprend le dégoût du démon rouge. Mais la réaction de la belle l’étonne. « Pourquoi eux, et pourquoi moi ? A part pour l’évidente raison. » Il évacue d’un revers de main le souvenir de sa captivité. C’est une raison amplement suffisante pour vouloir la mort de tous ces imbéciles de Russes. Mais cela n’explique pas sa présence ici, ce soir.

Se levant, il contourne le bureau pour accéder au placard contenant ses alcools favoris. Sans un mot, il pioche deux verres et une bouteille de nectar, avant d’abattre le tout devant la blonde. Une main débouche la bouteille et verse l’alcool divin dans les deux verres, tandis que l’autre cherche son étui à cigarettes. Il fait glisser tabac et alcool vers Eris, avant de poser une fesse sur le bureau et de surplomber la déesse. Il la contemple silencieusement, tout en allumant sa cigarette. Moins de trente minutes se sont écoulées depuis qu’elle est entrée dans la pièce et pourtant, elle a déjà tout renversé. Indéniablement, elle fait partie de ces bulldozers auxquels rien ne résiste.



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strike a compromise, SATURNO - Mar 11 Juin - 8:42

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Elle n'apprécie pas dévoiler ses cartes, même si elle garde son jeu principal dans l'une de ses manches. Alecia sait toutefois qu'il est préférable de sacrifier un pion, afin de pouvoir rester dans la partie. Le rictus mécontent qu'elle arbore en reposant doucement l'arme sur sa jambe est révélateur. Se pensant réel génie du crime et de l'imposture, la belliqueuse venait d'être remis à sa place. « Je veux tellement de choses. A commencer par la Bratva. » Le chérie la fait tiquer, auquel elle serait tentée de répondre par un doigt.

Il pose trop de questions et cela l'exaspère, la blonde qui manque cruellement de patience. « J'ai mes raisons, tu as les tiennes. » Refus catégorique de s'expliquer, l'obscuri croise les bras à l'image d'une enfant frustrée. Elle l'observe se lever, songe à nouveau aux fourneaux dans lesquels elle finirait si elle allait trop loin. Elle se tend sur le fauteuil, par réflexe inutile repose ses doigts sur l'arme à feu.

Mais Saturno n'a pas l'air de vouloir se débarrasser du lieutenant, qui hausse les sourcils avec une moue intéressée lorsqu'elle voit arriver nectar et verres sur le large bureau. Précautionneuse, elle allume la cigarette offerte sous l'agréable impression d'être couvée par le regard acier. Première inspiration prise, elle rejette la fumée en direction du sol, pour demander : « C'est comme ça qu'il faut vous amadouer ? Parler de comment on aimerait faire frire les russes ? »

Elle sourit, hausse les épaules à sa propre question et saisit entre ses doigts un des verres plein. Elle en renifle le liquide, un brin méfiante. Perchée sur le fauteuil, si à l'aise qu'on pourrait croire que le funérarium lui appartient -soon-, Alecia relève ses yeux azur sur Bellandi. « Le deuxième verre est pour moi ou vous allez vous donner la peine de trinquer avec moi ? »

Elle joint le geste à la parole, pousse doucement le récipient vers l'infernal. Elle lève son verre. « A la chasse aux loups ? » En attendant la traque aux Olympiens.
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