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Constants and variables (Lise)

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Constants and variables (Lise) - Mer 27 Fév - 22:20

Constants and variables
Lise & Mal

Rowan lighthouse, February 8th 2019.
Il y a des trous dans la toiture, des fissures entre les poutres qui laissent passer les courants d'air. Des spectres de froid insidieux, l'écho lointain des gouttes d'eau qui perlent contre les récipients de métal. Moitié vides ou moitié pleins, des casseroles qui sonnent leur tintamarre au grès des intempéris. Elles traînent sur le sol, symbolique du temps qui pèse son œuvre sur la bâtisse. Vieille et abîmée, l'ombre d'elle même. Je me sens bien ici, en communion avec le lambris qui aurait besoin d'être rafraîchit, baigné dans le silence quasi inexistant d'une bicoque qui a trop de choses à dire. Le plancher qui grince de pas invisibles, les protestation répondues au grondement de l'océan et du vent qui essaient inlassablement de l'arracher de la falaise. Pourtant je suis en paix. La tête toute aussi fêlée que ces quelques tuiles cassées, les problèmes qui s'infiltrent et suintent leur folie par tous les pores. Plic ploc, plic ploc. Je vis au rythme de cette symphonie discordante, le maître tout aussi hanté de ces lieux. On dit que les gardiens de phares peuvent perdre la raison à écouter la houle, qu'elle leurs murmure des secrets oubliés. Que c'est pour cela qu'il est rare pour beaucoup de supporter l'isolation et d'en sortir indemne. Peut être ai-je déjà un avantage vu ma situation actuelle; la mer n'est qu'une voix de plus dans un esprit déjà surchargé par d'autres présences. Alors qu'importe, il semblerait que ce chaos délabré soit ma seule constante au final, un foyer que j'apprécie retrouver après une journée passée sur les docks. Peut être parce que malgré tout je peux y sentir sa présence, parce que ces quatre murs flanqués contre le phare ont une histoire qui est la sienne. Lise Rowan. Il y a peu de traces de son vécu pourtant dans ces moments de vide je me prend à l'imaginer vivre ici, définir les contours de ce que cette maison fut un jour. Elle m'a déjà parlé de la mort de son père adoptif et je sais que cet endroit lui appartenait. Pourtant lorsqu'elle m’a ouvert la porte la première fois elle n'est pas entrée tout de suite. Comme si quelque chose la retenait encore, des souvenirs assez douloureux pour l'éloigner. A l'image de ce jour-là sur la plage où elle m'a retenu de m'y aventurer. Muette et hésitante, osant à peine poser ses doigts sur la couche de poussière protectrice du passé. A tel point qu'elle n'est pas revenue depuis, que si c'est seulement cet endroit qu'elle fuit, au final moi aussi. C'est de cette falaise qu'elle a sauté, que le désespoir l'a poussé à pic. Je mentirais si je disais ne pas m'y être rendu, ne pas avoir contempler les rochers en bas où elle est sûrement tombée il y a toutes ces années. C'est à la fois morbide et libérateur, pouvoir imaginer l'horreur de son agonie mais la savoir pourtant saine et sauve, hors de tout danger. Une pulsion de vie suffisante pour ignorer les voix qui me susurrent des Saute toi aussi, mais pas dit que tu te transforme en poisson. J'y ai beaucoup pensé dernièrement, à la mort. Pas par pulsions suicidaires, mais à cause de ce qui est arrivé à Delilah et ces pensées qui tournoient sans cesse dans ma tête. La mort est une force immuable, une divinité intransigeante. Sans elle rien ne sert d'apprécier la fragilité et la ténacité de sa propre existence. Je ne sais pas pourquoi elle m'obsède et me poursuit, pourquoi si soudainement tout semble encore plus bizarre. De ces voix qui me murmurent de nouvelles choses, des mensonges à peine croyable et pourtant j'ai l'impression que ce sont des vérités prononcées de mes propres mots. Rwy'n Arawn. Les mots en gallois résonnent dans mon esprit. Je suis Arawn. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ces mots là ? Un tour de plus de la folie pour m'enfoncer dans les ténèbres. Malgré tout peut être que je souffre bel et bien du syndrome du gardien de phare. La solitude me pèse un peu plus chaque jour, parce qu'elle devrait être là, parce que ces murs sont avant tous les siens. Mais elle fuit, encore et toujours. J'aimerai juste qu'elle se donne une chance, qu'elle accepte cette nouvelle vie qui lui a été donnée sans rejeter pour autant la précédente. Qu'elle fasse la paix avec tout ça, alors peut être les fantômes de ces lieux arrêteront de pleurer son absence.

Alors j'ai fomenté un plan. Une idée stupide et un peu égoïste pour l'attirer ici. Je sais que si je lui propose simplement de se voir elle suggérera que ce soit quelque part en ville ou à la bibliothèque. Si elle n'a pas de raison de venir ici outre mesure elle ne se fera pas violence. Je n'ai pas envie de lui faire mal mais je sais qu'elle s'en fait simplement à penser à cet endroit. J'aimerai qu'elle ne voit plus ces quatre murs comme ceux d’un mausolée, cette façade démonisée qu'elle n'ose pas regarder. La maison est plutôt petite, un seul étage pour servir de chambre et de grenier dans les combles, une petite cuisine ouverte et une minuscule salle d'eau flanquée d'un cagibi. C'est là que j'ai étalé un vieux matelas pour dormir, l'absence de fenêtre de la pièce protégeant des courants d'air même si j'ai les pieds qui dépassent un peu. Il y a des jours s'en est amusant, la nostalgie enfantine, l'impression de camper et de vivre des aventures. J'ai presque construit un fort avec des draps, quelque morceau de cire sur les couvertures à force d'éclairer mes soirées à la bougie. Il y en a d'autres plus rudes ou le froid et l'humidité forcent même Cujo à se coller contre moi. Il trottine autour de la table, il sait déjà que quelque chose d'intéressant se prépare lorsqu'il me voit m'affairer dans la cuisine. J'ai rangé le peu d'affaires qui traînaient, allumé quelques bougies pour compenser la faible lumière de l'extérieur. Il pleut encore cet après midi et je m'en voudrait presque de l'appeler ici dans ces conditions, même si elles sont propices à mon petit mensonge. Lise il faut que tu vienne de toute urgence m'aider à réparer les fuites. Du reste je n'en ai que faire pour l'instant, j'ai surtout envie de la voir. Ici, avec moi.

Quelques outils étalés sur la table, le nécessaire de base prêté par un collègue un peu récalcitrant. Des conseils aussi, remettre les lieux en état sur mon temps libre. C'est le moins que je puisse faire pour la remercier de me laisser vivre ici. Sans le sous, sans options, un peu honteux de profiter et d'être un poids mort. Alors je fais de mon mieux, même si je me suis mis des échardes plein les doigts sur du travail manuel que je n'ai jamais eu à faire auparavant. J'entends les pneus de la voiture crisser sur le sentier de terre battue. Un regard par la petite fenêtre dans la semi pénombre et je passe une main nerveuse dans mes cheveux, le cœur qui commence à battre un peu trop vite. J'ai peur de sa réaction, de la mettre en colère d'essayer de lui forcer la main ainsi. Aussi aussitôt appelé à la porte je l'attire à l'intérieur sans sommation. Mes mains glissent sur ses poignets avant d'enlacer fermement sa taille, fermant le battant de mes épaules. Placé entre elle et la sortie, je lui offre un petit sourire avant de la serrer un peu plus, heureux de la voir. « Bonjour Lise. » Murmuré à son oreille alors que je l'embrasse sur la tempe, frôlant sa joue du bout de mon pouce pour en chasser les quelques gouttes de pluie qui s'y sont déposées. « Je dois te confesser que j'ai été bien vilain locataire. » Un regard malicieux alors que je passe une mèche derrière son oreille. « Vois-tu tout ceci était un piège élaboré et tu es tombée dedans sans résistance ! » Que j'ajoute sur un ton faussement machiavélique, le sourire triomphant d'un idiot. « Y'a des fuites dans le toit c'est vrai, mais je m'en fiche. J'avais juste envie de te voir. » Je baisse le regard et me mord imperceptiblement la lèvre. Je me détache soudainement, quittant son contact avec douceur à mesure que mon visage se réchauffe de cramoisi. « Parce que tu me manquais, je te voulais ici, avec moi. Je savais pas si c'était cet endroit que tu fuyais… ou le fait de se retrouver seuls… isolés. » Ensemble, ouverts l'un à l'autre sans concessions. Comme cette nuit d'halloween passée ensommeillé dans les bras l'un de l'autre. Je me reprends bien vite, tentant de masquer ma gêne. « Alors c'est trop tard. Je t'annonce, te voilà kidnappée Lise Rowan, tu es notre prisonnière maintenant ! » Je l'attrape de nouveau dans mes bras alors que Cujo vient se coller contre ses jambes d'un coup de tête. Je me retiens de l'embrasser, toujours stressé d'un éventuel rejet. Je veux juste comprendre, pourquoi elle ne peut pas faire face. C'est bien hypocrite de ma part vu mes récents retours vers le passé. Je préfère ne pas y penser. Les bras la libère et je m'éloigne vers le comptoir de la cuisine d'appoint minuscule. Je tourne l'un des des boutons avec fierté, allumant le gaz avec une allumette. Elle marche à l'ancienne avec des bouteilles, mais c'est déjà ça de prit. « J'ai réussis à réparer l'alimentation hier. » Que je dis d'une voix incertaine. Je ne sais pas si elle apprécie que je touche au lieu. « Pour le toit il faudra attendre qu'il fasse plus sec. Avec ma maladresse j'aurais vite fait de tomber et rouler en bas de la falaise. » Je mets de l'eau à chauffer dans une énième casserole après un regard pour celles qui récupèrent les fuites. Je grimace des mots employés, dur d'éviter le malaise dans la pièce. « Je suis à deux doigts de réparer le générateur électrique. J'ai un collègue qui m'aide sur ça, il manque une pièce je crois. » Je me tourne vers elle, passant une main sur ma nuque. « Quand ça sera plus… vivable… tu pourras venir me voir plus souvent… On pourra regarder la mer ensemble du haut du phare… » Je me mord à nouveau la lèvre, fuyant son regard. « Désolé je voulais pas t'inquiéter ou te mentir… J'avais juste envie que tu sois là… » Naïf souhait à l'exécution maladroite. Parce que le monde me semble bien moins effrayant lorsqu'il s'anime de ta présence. Lorsque ta voix colmate les fissures de ces ruines qui peuplent maintenant ma vie.
(c) DΛNDELION
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