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remember how fragile you are (Kheira)

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Aura Sciarra
Aura Sciarra
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : thinkky
CREDITS : (c) kaotika ♥ & ANAPHORE / aesthetic & icônes : clemy & secret santa d'amour !
FACE : Emily Browning
DOLLARS : 881
SACRIFICES : 730
PORTRAIT : remember how fragile you are (Kheira) Original
ANNEES : (la trentaine), masquée derrière le visage de porcelaine et les traits de poupée, tueuse au regard de feu.
CŒUR : (célibataire) au coeur de pierre, aujourd'hui fissuré et brûlant. Pensées occupées par une seule personne.
RÉINCARNATION : (Hécate), déesse de la lune, impératrice de l'ombre, guide aux carrefours, sorcière et enchanteresse du panthéon grec.
TALENT(S) : (Umbrakinésie) - ACTIF; (Transmutation) - ACTIF; (Illusions Cauchemardesques) - INACTIF; (Médiumnite) - ACTIF.
FACTION : (Nuova Camorra) mafia dans le sang, dans les veines,
OCCUPATION : (sous-boss) leadeuse de son groupe, soldats et capo à sa botte. (Avocate), spécialisée dans les affaires traîtant des mafias, mettant la sienne hors de soupçon, plombant les autres selon les alliances.
GENÈSE : (Primus), stade 6, bercée par les voix anciennes.
TALON(S) D'ACHILLE : (scarifications) réclamation de la douleur par le corps, lame perçant la peau à intervalles réguliers pour calmer les pulsions. (Clemens), coeur ouvert au détour d'un verre, soutien infaillible quand le monde s'est écroulé. (Nina), fantôme d'un passé qui ne cesse de la hanter. (Astrid), l'amie, la semblable, la soeur, la bras-droit qu'elle protègera envers et contre tout.
JUKEBOX : [u]within temptation[/u] - [i]ice queen[/i]
RUNNING GUN BLUES : remember how fragile you are (Kheira) TzpUF88h_o
"Nous sommes de ceux qui établissent des stratégies dans l'obscurité pour reprendre la main, jouer selon leurs propres règles et forcer le destin"

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"Nous sommes de ceux qui veulent à tout prix tabasser leur part d'ombre et faire taire leurs sales travers"

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“She has been through hell, so believe me when I say, fear her when she looks into a fire and smiles.”

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remember how fragile you are (Kheira) - Jeu 14 Mar - 20:59



remember how fragile you are.



Ces derniers mois furent forts en émotions, comme diraient certains. Et elle se rendait compte Aura, à quel point elle était en train de changer. Même si le masque restait le même, même si les traits se figeaient toujours dans le même marbre, les pupilles s’étaient modifiées, vide disparaissant petit à petit au profit d’une certaine sérénité. A trop vouloir se combattre, s’ignorer, il n’y avait qu’elle qu’elle avait blessé. Elle avait aussi refusé une partie de ses pouvoirs, de sa force, à haïr, ces émotions. Et aujourd’hui, elle s’était rendue compte que travailler avec était nettement plus facile qu’aller contre, en permanence. Cela lui avait aussi permis de redéfinir ses priorités, et les sacrifices qu’elle était prête à faire. A présent, il n’y avait plus de Camorra qui tenait, à la vie à la mort. Y’avait qu’Augustin qui gardait une partie de son respect, et qui pourrait la faire plier, courber l’échine. Mais plus aucun genou ne toucherait le sol. Elle ferait ce qu’il y a de mieux pour une mafia. Qu’importait les egos qu’elle percevait, qui se battaient pour… Pour quoi d’ailleurs ? Ils finiront juste par détruire l’organisation, et se retrouvaient avec des cendres entre les doigts… Tant pis pour eux.

Le manteau noir de ténèbres enveloppait la silhouette fine, alors qu’elle s’avançait sur les docks. Traverser un lieu appartenant au Royaume était dangereux, malgré l’alliance fragile qu’ils avaient nouée. Cependant, Aura n’était pas ici pour créer des problèmes, et elle profitait d’une lune nouvelle, ne projetant aucune lumière, aucune pénombre, pour retrouver un indic. L’avantage de son pouvoir, s’il n’était guère offensif dans un premier temps, était d’être excellent pour l’espionnage et la discrétion. Bruit et silhouette étouffés, certes pas invisibles, puisqu’elle apparaîtrait aux yeux d’un nyctalope. En revanche, pour le reste, la distinguer nécessitait une certaine concentration, ou un contrôle sur les ombres. Pour le moment, elle ne devait avoir croisé personne de la sorte, puisqu’on ne tentait pas de l’arrêter. Tant mieux. Mains dans les poches, sans aucune arme de visible, elle laissait son regard papillonner sur les environs. Quelques dockers travaillaient encore, quelques minutes avant de retourner sur leur bateau, dans leur studio, pour mieux surveiller les environs. Ils y seraient bien à l’abri en tout cas.

Les pas ne s’arrêtèrent pas, ne ralentirent pas non plus, jusqu’à l’arrivée à la frontière entre les docks et la baie. Une silhouette attendait là, silencieuse, yeux rivés sur le bord du quai sur lequel elle se trouvait. Aura s’accrocha, se dévoila un instant. Simple papier et clef échangés, suffisants pour l’italienne, et l’autre fit demi-tour. Rapidité toujours étonnante, alors qu’elle s’y était habituée depuis le temps… Un coup d’œil jeté aux informations écrites sur la feuille, avant que celle-ci ne devienne cendres, sous l’impulsion du second pouvoir, toujours maladroit, laissant quelques cicatrices sur ses doigts. Tant que le sang ne perçait pas la chair. Même si Clemens allait encore râler. Mais il fallait bien qu’elle s’entraîne, pour parvenir à effacer, ou repousser les contrecoups. Déjà que le pouvoir était capricieux en soi…

Et elle quitta les docks. Quelques pas pour repasser en terrain neutre, et écouter la mer pulser autour d’elle. Au niveau des docks, elle était manipulée, maintenue sous contrôle. Ici, elle redevenait libre. C’était dingue, comment en quelques mètres, tout pouvait changer… Et Aura baissa la garde. Pas grand-chose, et pour certains, cela ne ferait aucune différence. Cependant, dans un monde aussi dangereux qu’Arcadia, cela pouvait devenir équivalent à une mort. Il suffisait de croiser un être un peu trop fort, trop puissant par rapport à ce qu’on attendait, et c’était la fin.. L’italienne le savait, cependant, revenir au bord de l’eau, écouter les vagues s’écraser à intervalles réguliers sur le sable, gelé en cette période de l’année… Ca lui rappelait l’Italie. Son pays natal. Celui qu’elle avait trahi, qu’elle ne pourrait plus jamais revoir. Les yeux se perdirent un instant dans l’immensité de l’océan, attirée comme jamais par les eaux proches du déchaînement. Les pas s’arrêtèrent définitivement, à quelques dizaines de mètres du Royaume et de ses docks. Après tout, elle avait quelques heures à perdre, avant le lever du jour…



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Kheira Miles
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ANNEES : 25 années à fouler cette terre et transcender les flots
CŒUR : Instable et volatile, la solitude l'appelle et l'empêche de s'engager, de trop s'attacher
RÉINCARNATION : Charybde, le monstre des mers, le gouffre qui vous avalera tous
TALENT(S) : Incroyable apnée et meilleur système imunitaire
FACTION : Neutre, sa loyauté ne va qu'à elle-même
OCCUPATION : Pirate sur les mers, docker sur la terre, elle ne se tient jamais loin des vagues destructrices
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remember how fragile you are (Kheira) - Jeu 21 Mar - 21:25



« REMEMBER HOW FRAGILE YOU ARE  »




Elle erre. Elle erre comme une damnée, fend les ombres d’un pas vacillant. La faim la tenaille, lui ronge les entrailles et la bouffe de l’intérieur. Cette envie insatiable, qui ne dort jamais vraiment, se fait seulement plus discrète par moment, avant de revenir de plus belle à l’assaut. Les heures passées à charger et décharger les bateaux sont épuisantes. Des années de navigation forgent corps et caractère, et le petit bout de femme suit la cadence, ne s’arrête jamais, ni ne ralentit, ne laisse aucune plainte franchir ses lèvres, se fait l’égale des hommes, se fond dans la masse et refuse de plier. Elle est un docker à part entière. Mais aussi près de la mer qu’elle puisse être, ses pieds s’ancrent dans la terre ferme, pas dans le sable mou des fonds marins, le monstre est bien là, tapi au fond, montre les crocs.

Jamais elle ne fait toutes ses heures de travail, Charybde interrompt toujours ses nuits et journées. Au risque d’être virée, elle préfère s’enfuir lorsque le monstre la prend dans ses bras, lui souffle des insanités au creux de l’oreille, lui transmet sa faim. Et au cœur de la nuit, son pas claque sur les pavés, elle abandonne son poste, le temps de calmer la créature, l’affaire de quelques heures pour revenir à elle-même. Mais surtout, de s’éloigner, s’isoler pour faire taire l’appel du sang. J’ai faim. Les ruelles se succèdent dans l’obscurité de la nuit, identiques les unes aux autres, et c’est comme un tunnel sans fin, qui l’aspire, dans lequel elle se perd avec la quasi-certitude de ne jamais pouvoir s’en sortir. J’ai faim. Le monstre hurle une énième fois. Oui, je sais, moi aussi. Elle le sait, la sent jusqu’au plus profond de ses entrailles, cette faim dévorante. Elle chancèle sur les pavés, affaiblie. La faim entraîne la fatigue. Mais le repos ne viendra pas tant qu’elle ne se sera restaurée et la part d’humanité, bien maigre, refuse de se jeter sur le premier passant, même si elle ne saura résister à l’appel de l’estomac si elle croise quelqu’un. Trouver un endroit calme et s’isoler. Souffrir en silence. Le sommeil ne viendra pas, elle se contentera de lutter contre Charybde pendant quelques heures. Ses pieds se meuvent d’eux-mêmes, et, un pas après l’autre, elle avance, et les ruelles s’étirent, et le chemin se fait éternel, et ses yeux brillent. J’ai faim.

Et puis, soudain, ses pas ne sont plus solitaires, une autre cadence rythme le silence oppressant de la nuit, et ses oreilles se dressent, le montre relève le museau, hume l’air. J’ai faim. Chair fraîche, appel du sang. Puisque Kheira est incapable de la nourrir, Charybde prendra les choses en mains, se sustentera par ses propres moyens. La folie danse, là, au creux de la pupille, les mirettes papillonnent, là où dort la bête. Mais elle se réveille, et le corps oscille, vacille, chancèle et le monstre émerge, montre les crocs, renvoie l’humaine dans un coin de l’esprit, comme une enfant confinée au coin. Les pas se font plus vifs, déterminés et assurés. J’ai faim. Et bientôt, je n’aurais plus faim. Raisonnement trivial, que le monstre accepte comme tel, ne cherche pas à transcender. Il n’y a pas d’autres interrogations, on ne s’égare pas, on répond à l’instinct, à la faim.

Les pavés cèdent la place au sable et ses pieds s’y enfoncent avec délice. Mais le monstre ne ralentit pas, ne prend pas un instant de contemplation, non, le monstre a faim. Et le monstre voit la silhouette éperdue sur le paillasson de l’océan, le palpitant du sang chaud, du corps brûlant dans la brise fraîche. Les embruns marins ne masquent pas l’odeur du flux sanguin, le goût métallique imprègne la bouche de Charybde. Ou peut-être celle de Kheira. Manger. Le désir de se nourri est commun, la différence se fait bien fragile alors que la nourriture est si proche. L’humaine parait sous le monstre, lorsqu’elles s’approchent du repas encore vivant, si vivant. Les pieds de la bête épousent les empreintes de la femme. « Mademoiselle ? » Sourire de connivence, sourire équivoque, sourire de l’humaine qui veut plaire et embarquer pour une nuit de folie. Sourire plein de promesses non dites. Elles se portent à sa hauteur, Charybde et Kheira, main dans la main, unies, pour le meilleur comme pour le pire. Nous avons faim. Et le rire un peu fou s’élève, fuit d’entre ses lèvres, s’élance vers les étoiles. Ses mains se portent au visage de l’inconnue, inconnue aux joues si douces, qu’elle caresse sans même esquisser l’ombre d’une demande, elle se la donne elle-même, la permission. Et les doigts caressent l’angles de la mâchoire, se perdent au creux du cou, épouser les lèvres rouges, et ses yeux malades se plongent dans ceux du repas aguicheur. « T’es bien mignonne, toi, tu sais. » Et tu dois avoir la chair si tendre, si douce… Les muscles de ses bras – rompus au travail du bateau et des docks – se tendent, et les mains enserrent le visage, les ongles s’y plantent comme des serres, tiennent fermement la nourriture palpitante. Tu ne m’échapperas pas. Charybde grogne sous le masque humain, et Kheira n’a plus la force de lutter. « Nous avons faim. On peut te manger ? » Et elle se met à rire, un rire de dément.

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remember how fragile you are (Kheira) - Mar 16 Avr - 17:50



remember how fragile you are.



Ne pas faire attention menait souvent à la mort.

Elle connaissait cette phrase, et toutes ses variantes, pour le nombre de fois que Maximilio les avait répétés. C’était une mélodie dans un coin de l’esprit, incessante, dont elle ne parviendrait certainement jamais à se débarrasser. C’était pour cela qu’il était si compliqué de changer, d’aller contre soi. C’était son éducation qui revenait au boulot, qui la maintenant sous contrôle. Et aujourd’hui, elle avait failli. Face à l’immensité salée, à l’océan dansant, elle se sentait petite. Retour en enfance, à celle qu’elle aurait dû avoir. Elle aurait rêvé d’être en bord de mer, de profiter du soleil sur sa peau, de l’eau sur son corps. Avec Nina. Avec sa famille.

Face au silence, elle s’interrogeait, se demandait ce qu’elle aurait fait, si les mensonges n’avaient pas eu lieu. Si sa mère était encore vivante, si son père avait su qui elle était pour lui. Aurait-elle été aussi froide, sociopathie liée à son environnement et son éducation ? Aurait-elle été héritière d’un empire, d’une organisation ? Aurait-elle baigné dans la violence, dans les cauchemars ? Y aurait-il eu autant de fantômes autour d’elle, spectres visibles pour ses seuls yeux, victimes de la fureur de la lionne ? Plus elle y pensait, plus elle y réfléchissait, et plus l’image disparaissait, s’éloignait. Parce que ça n’arriverait jamais. Parce que ça ne serait jamais arrivé. Y’aurait toujours eu cette divinité qui lui collait à la peau, Hécate qu’elle appréciait, qu’elle côtoyait depuis longtemps maintenant. Il n’y aurait eu aucune possibilité de retour en arrière sur ce point. Et en tant que seule descendance divine de Maximilio, avec peut-être Nina… L’une des deux aurait gardé son éducation.

Douce voix qui la sortit de ses pensées, de ses rêves. La tête se tourna, bientôt suivie du corps, vers la jeune femme qui lui faisait désormais face. Lueur d’étonnement dans les pupilles, interrogations visibles bien que masquées par les ténèbres. Les reflets de la lune dansaient dans les flots de la mer, appréciation de l’italienne face à son environnement. Et c’était cela qui la menait vers sa perte, doucement. « Oui ? Il y a un problème ? » Sourire qui se dessinait sur ses lèvres, en réponse à l’autre. Sous-entendus non perçus, non compris, comme à son habitude. Peut-être aurait-elle remonté ses barrières, fait attention à l’aura qui dansait devant ses yeux, au monstre qui apparaissait sous sa carne. Sa conscience actuelle lui permettait de les voir, ces nouveaux arrivants. Pourtant, elle n’y était pas encore habituée la déesse, et elle avait laissé passer l’information pour aujourd’hui…

Et les doigts entrèrent en contact avec son visage. Peau contre peau, et elle se figea net. Aura n’aimait pas être touchée. Aura n’aimait pas être prise par surprise. Et surtout, elle sentait qu’il y aurait un problème. « Pardon ? » Les propos vinrent avant la douleur, avant le sang sur son visage. Sur sa chair… « Je crains ne pas avoir le bon goût pour vous. » Et d’un coup, le pouvoir se détacha. Noirceur ambiante qui se resserra autour d’elles, tourbillonna un instant. Et l’italienne la repoussa, arracha les mains de son faciès. Douleur qu’elle supportait, apparaissant comme peu impressionnante par rapport à ce qu’elle avait déjà subi. Cependant, dans la réalité, elle savait bien que tout cela n’était dû qu’à l’adrénaline sécrétée par son cerveau. D’ici quelques minutes, quelques heures, quand tout retomberait, la morsure serait d’autant plus paralysante… La lame apparut entre ses doigts, ombre parmi les autres. Argentée captant la lueur de la lune, tentative de faire reculer son agresseur avant de s’en débarrasser réellement. Car un corps sans vie, aussi près des docks, ce serait dangereux. Encore plus si la femme faisait partie du Royaume. Ce serait réduire à néant leurs possibilités de traité, alors même qu’aucune négociation n’était encore lancée. « Je préfère vous éviter la mort, si jamais. » Bordel, mais pourquoi était-elle restée dans le coin ? Car la situation était en train de sérieusement dégénérer. Et qu’elle tenait un peu trop à la vie pour l’abandonner aussi facilement.


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remember how fragile you are (Kheira) - Lun 29 Avr - 18:41



« REMEMBER HOW FRAGILE YOU ARE  »




L’incompréhension flotte, voile de brume dans le bleu délirant de ses yeux. Et elle s’y perd, y plante le regard, comme un épieu. Kheira aimerait s’oublier dans l’océan de ses prunelles, ne jamais s’arracher à son étreinte, prolonger l’instant de flottement jusqu’à l’infini. Y mourir, si cela peut faire taire le monstre. Mais la faim gronde et grondera toujours, Charybde ne cédera pas tant qu’elle ne se sera pas nourrie, gouffre sans fin, envie insatiable, cycle éternel de la vie, du repas, du sommeil et de la régurgitation, puis encore de la vie. Le rythme des jours et des nuits de l’irakienne. Les protestations de l’inconnue sont à peine perceptibles, ne font qu’effleurer la conscience de Kheira et Charybde préfère faire la sourde oreille, ignorer les mots qui coulent. Que la nourriture soit capable de parole n’est pas de son ressort.

Mais elle se débat, l’étrangère, les ombres dansent autour d’elle, le feu de ses yeux transperce le monstre sans l’atteindre. Les membres s’agitent, le corps palpite, peut-être le coeur s’emballe-t-il. L’argent luit sous la lueur de la nuit, lorsque la lame est dégainée. « Vraiment ? » Mais Charybde rit, sourit d’indulgence. Parce qu’importe le danger, la crainte d’être blessée ne la concerne pas, tant qu’elle mange, apaise la faim et trouve le repos. Sa prise ne se desserre pas, le monstre n’abandonnera pas à la première rebuffade rencontrée. Elle n’abdiquera jamais aussi près du but. L’humaine enfouit en elle tente, parfois, de la repousser, cette faim dévorante. Elle reste là, des heures entières, recroquevillées sur elle-même, loin de toute source de tentation, dans cette vaine tentative de dompter la créature, pour une nuit, une nuit à elle, ce sommeil de quelques heures qu’on lui accorde, trois fois par jour. Mais lutter contre la faim l’empêche de fermer les yeux, jamais elle ne dort. Et l’humain ne peut vivre sans sommeil, peut remporter quelques batailles, mais jamais la guerre. La faim et la fatigue brouillent les sens, amenuisent les défenses.

A l’intérieur, Kheira se fait craintive. On ne sait jamais trop ce qui traîne près des docks. Si elle ne s’intéresse guère aux affaires des autres, elle l’a compris, que des choses s’y trament, et qu’il y a là réel danger. Et malgré tout son amour de la mer, aucune envie en elle que son corps nourrisse les poissons suite à une mauvaise rencontre. Mais le monstre ne suit pas la logique de l’humaine. Les doigts enserrent toujours le visage, broient le menton, les yeux ne quittent pas les siens, Charybde surveille. La main finit par descendre, se saisit du poignet, du couteau que tient la nourriture, tandis que l’autre vient se saisir du sien, dissimulé dans un repli des vêtements. Bonne habitude qu’a pris l’humaine, de ne jamais sortir à découvert. « Moi aussi je suis armée. » Ricanement qui dévoile les canines, dents humaines, si peu affûtées, que le monstre juge peu commodes. Mais il a faim, alors la lame n’a pas le temps d’accrocher les rayons de la lune que déjà, elle se plante dans la chair pâle et tendre, celle qu’elle ne rêverait plus que de manger, d’engloutir pour un énième repas, dernière ligne droite avant le repos. Et le bras tressaute, la lame s’arrache à la plaie, Kheira observe une dernière fois le visage pâle, les yeux bleus, s’y perd, prierait pour qu’elle parvienne à fuir, celle qui chante en silence. Rien qu’un dommage collatéral de la folie monstrueuse qui s’est emparée d’elle. Mais les misères de la vie enseignent l’art du silence. Kheira se tait, Kheira a faim, Kheira ne veut plus lutter, Kheira a sommeil.

Le monstre sourit, le couteau est brandi, et s’abat une nouvelle fois.

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