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Changer l'eau des fleurs

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Svanhild Ellingsen
Svanhild Ellingsen
- PATRON SAINTS OF OUR BLISSFUL IMPERFECTIONS -
BLAZE : eulalie°
CREDITS : RXDLEAVES
FACE : Cate Blanchett.
DOLLARS : 237
SACRIFICES : 28
PORTRAIT : Changer l'eau des fleurs Tumblr_o35d7qmgQk1v44vcgo1_500
ANNEES : cinquante-deux ans
CŒUR : Divorcée. La rage au cœur.
RÉINCARNATION : La Jottün Angrboda, épouse bafouée, mère écorchée.
TALENT(S) : Mentalisme - Paroles malheureuses.
FACTION : Obscuri.
OCCUPATION : Directrice de l'orphelinat d'Arcadia.
GENÈSE : Monstre, consciente de qui elle est, et de qui elle était.
TALON(S) D'ACHILLE : Les enfants, en général. Son ex-mari (inavouable)
RUNNING GUN BLUES :

Angrboða

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Changer l'eau des fleurs - Sam 6 Avr - 19:13

Un doux matin d’avril. Quand les températures remontent, un peu plus douces, mais que le soleil ne désire pour autant pas se montrer. La grille du cimetière grince alors qu’elle la pousse doucement. Le palpitant se fait lourd dans sa poitrine, la faille qui le déchire la transperce de part en part alors que les pansements lâchent. Elle n’aime pas venir ici. Chaque pas qu’elle pose sur le gravier de l’allée la fissure. Ce devoir de mémoire, elle l’évite la plupart du temps. Ce devoir de mémoire, elle le fait à la maison, avec le visage de ses fils qui sourient et qui vivent… Pas devant leur tombe. Parce que malgré tout l’enfer qu’elle a traversé ces dernières années, Svanhild a choisi la vie. Puisqu’elle est seule désormais, elle a choisi d’avancer. Quitte à ne se rendre sur leur tombe qu’en de très rares occasions. Chaque visite est une souffrance. Et il le sait. Elle en est persuadée. C’est pour ça qu’Il lui impose ce lieu de rendez-vous. Parce qu’ailleurs, elle serait plus forte, plus habile que lui. Svanhild est remplie de tellement de haine et de chagrin que son regard en est voilé, dissimuler sous un masque gelé.

Son sac se balance au bout de sa main gantée de noir – elle aurait choisi une autre couleur si elle avait pu, même ses lunettes de soleil étaient plus fumées que sombres, Svanhild a choisi la vie – et à l’intérieur, une pochette contenant des documents importants. Son autre main tenait trois roses blanches, parce qu’elle n’était pas si insensible que ça, sinon cette visite ne la déchirerait pas autant. Elle était et resterait à jamais leur mère… même si elle avait échoué. Une chaleur bienfaitrice l’entourait pourtant, c’était bien souvent le cas quand la douleur était trop forte et que la culpabilité la rongeait à nouveau ; Angrboda semblait l’entourer de ses bras, pour lui insuffler force et courage… Et lui faire redresser le menton à l’approche des trois tombes. Car il était déjà là

Svanhild ne voulait s’avouer aucune faiblesse. Mais là était son erreur. Ils étaient là, tous les quatre, ses plus grandes peines, ses plus grandes souffrances, ses plus grands amours. Tous, perdus à jamais. Et réunis en ce dimanche d’avril. Elle aurait pu, s’arrêter au bout de l’allée et faire demi-tour. Mais la Géante en elle lui donna l’élan nécessaire pour s’avancer dans l’allée de graviers d’un pas assuré – même si ses précieux escarpins risquaient de s’abimer. Derrière ses lunettes de soleil – pour un soleil absent – elle savait qu’il l’avait vu, mais elle ne le salua pas pour autant. Lèvres pincées, menton relevé, elle ne lui accorda aucun regard, aucune parole. Pas avant. La Norvégienne lui passa devant, quitte à le faire un peu reculer, avant de s’accroupir pour poser les fleurs sur chacune des tombes. Victor. Tobias. Alexei. Elle aurait bien pris le temps, d’un moment seule en tête-à-tête avec eux, mais elle ne voulait plus se dévoiler devant lui. Haine et chagrin. Elle se redressa, faisant face à son ex-mari, sans une once de chaleur à son égard. « Luther » Dit-elle simplement, elle ne se déplaça pas. Restant entre lui et leurs fils, comme une accusation. Parce qu’en l’abandonnant elle, il les avait tous laissés tomber. Haine et chagrin.  

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Luther McLeod
Luther McLeod
- FOOLS WE MORTALS BE -
BLAZE : marie
CREDITS : ice and fire (av)
FACE : nikolaj coster-waldau
DOLLARS : 1287
SACRIFICES : 383
ANNEES : la carte d'identité clame cinquante-deux années, tandis que le coeur pleure sa jeunesse perdue.
CŒUR : divorcé depuis près de cinq ans désormais, il ne parvient pas à refaire sa vie.
OCCUPATION : avocat diplômé, il a été nommé procureur de district il y a quelques années.
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Changer l'eau des fleurs - Lun 22 Avr - 15:52


CHANGER L'EAU DES FLEURS
no need to run
and hide

@svanhild ellingsen


Luther est surchargé de travail. Et cela l’arrange. En épluchant les dossiers, en mémorisant compulsivement les informations de chaque affaire dont il a la charge – et elles sont nombreuses – il tient à distance le chagrin. Il étouffe la douleur, le vide qui s’est creusé dans son ventre après chaque perte. Rempli peu à peu le cratère sous ses côtes. A la maison comme au bureau, il se perd peu à peu. Se perd lui-même. Le coton qui l’entoure met en sourdine le mal être. Sans l’oblitérer tout à fait. Loin, très loin au fond de son esprit, le dégoût prend le pas sur le reste. Le dégoût de ses mots, de ses gestes. Le dégoût de sa personne. Il aurait pu mieux faire. Aurait dû mieux faire. Sauver Svanhild. Sauver leur couple, à défaut de sauver leurs garçons. Au fond, il sait qu’à part Alexei, Victor et Tobias étaient irrémédiablement perdus, quoi qu’il arrive. Ils n’auraient pas pu éviter la maladie ou l’accident. Le suicide d’Alexei, en revanche… S’il avait su, à l’époque, trouver les mots pour parler à son benjamin, peut-être Luther aurait-il pu empêcher sa fin. Peut-être aurait-il pu empêcher le naufrage qui a suivi, de même que la douleur insurmontable et la déchirure inéluctable. Ou peut-être pas. Désormais, le passé restera mort et immuable, et avec lui, tout ce qui avait constitué sa vie pendant près de trente ans.

Les jours défilent, et arrive dimanche. C’est le seul jour qu’il s’accorde pour se reposer. Et encore. Uniquement la matinée. Dédiée à sa visite hebdomadaire au cimetière. A ces quelques heures de recueillement, où il permettait à la douleur de le submerger. Où il acceptait de laisser libre cours à ses émotions. Le reste du temps, il est un bloc de marbre. Un glacier sans sentiments, entièrement tourné vers son travail. Drapé dans son long manteau gris, les clés du 4x4 en main, il se dirige vers le cimetière. Sur le siège passager, trois bouquets attendent d’orner les trois tombes de ses trois garçons. Il n’accorde pas un regard aux fleurs. Il hait cette convention. Les fleurs sont trop colorées, trop belles, pour coller à son humeur. A l’ambiance maussade d’un cimetière. Il n’a pas besoin de plantes pour célébrer la vie de ses fils. Mais s’oblige à le faire. Il ne veut pas passer pour un père indigne. Qu’on le croie froid, imperturbable, ne le dérange pas. Mais qu’on doute de l’amour qu’il éprouve pour ses garçons, et l’homme se transforme soudainement en furie furieuse. Il aurait tout fait pour eux. Si la vie lui en avait laissé la possibilité. Aujourd’hui il n’a plus l’occasion de rien, sinon de venir pleurer sa rage et sa douleur sur trois tombes de marbre.

Lorsqu’il atteint le cimetière, il est seul. Bien sûr, d’autres âmes en peine déambulent entre les allées, se tiennent devant des tombes. Mais devant les leurs, il est seul. Svan n’est pas encore arrivé. Il le sait, elle évite le lieu. Parce qu’elle ne supporte pas la vision de ces blocs de pierre, froids et impersonnels. Paradoxalement, c’est aussi le terrain le plus neutre qu’il puisse trouver. Chez lui ou chez elle, sur leur lieu de travail respectif… l’un d’eux serait en position de faiblesse. Ici, ils sont sur un pied d’égalité. Egaux devant la douleur. Lèvres pincées, il dépose les bouquets sur les tombes, avant de s’éloigner d’un pas. Luther ne prie pas. Il y a longtemps qu’il a abandonné le Dieu de ses parents ; comme Il l’a abandonné. Il ne prie pas, mais il pense. Les souvenirs défilent, alors que la grille du cimetière grince au loin. Il lui faut encore quelques minutes avant de voir apparaître la silhouette de Svan, son visage mangé par une imposante paire de lunettes noires. Sans un mot, la norvégienne s’avance et le force à reculer. Il s’exécute de bonne grâce, la fixant sans ciller lorsqu’elle se retourne et le toise. Le nom qui s’échappe de ses lèvres le glace mais il n’en montre rien. Reste impassible. Il est là pour se recueillir, mais aussi pour travailler. Alors il revêt la carapace de l’avocat, le masque du procureur. « Je t’écoute. » Insensible. Muet face à la détresse de son ex-épouse. En apparence, du moins. Au plus profond de lui-même, il pleure la perte de son amour.


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