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This is us colliding

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This is us colliding - Dim 28 Avr - 18:24


You're moving without moving
Il ne sait pas ce qu’il lui a pris. Ramener chez lui un suspect est une chose, mais le kidnapper comme s’il n’était qu’un vulgaire pervers lui parait pire que tout. Il a guidé l’autre à moitié endormi dans son appartement, ignorant le chat qui vient se frotter contre les bottes de service dégueulassées par la pluie et l’a allongé sur le canapé. Il est trempé, forme pathétique sur le cuir brun, une couverture lancée sur ses épaules. L’esprit d’Arad est préoccupé par ce dont il vient d’être témoin. Ce sont ces questions sans réponses qui l’ont poussé à soutenir le corps inanimé jusqu’au troisième étage de son immeuble au lieu de le déposer au phare comme il l’avait réclamé. Le phare? Est-ce que ce type était sans abri? Il ignore les interrogations qui se bousculent dans sa tête et se dirige vers le frigo pour en sortir une bouteille de vodka qu’il verse dans un verre à eau et avale cul sec comme une pilule à ingérer. Sa propre médication.

La télévision est allumée d’une pression sur la télécommande, le son au minimum alors qu’il s’installe sur le fauteuil près du canapé où l’inconnu (Maldwyn avait-il dit) est allongé. Le chat est davantage intéressé par son invité qu’il renifle avec un dégoût non feint, sûrement répugné par l’odeur des chiens qui languit sur ses vêtements. Arad est toujours hanté par les grognements sauvages des bêtes, contrôlées par une force naturelle et un instinct de meute dont il n’a jamais été témoin auparavant. S’il n’avait jamais été attiré par les chiens auparavant, maintenant la peur dévore ses entrailles, et il n’imagine même pas s’approcher des animaux, crocs bavant de rage avant de mordre dans la chair. C’est une terreur qui le paralyse, encore traumatisé par la scène qui s’est déroulée devant ses yeux. Morsures, morceaux de viande arrachés comme si le dealer n'avait été rien d’autre qu’un énième repas pour un groupe affamé, le visage attaqué en premier. Il est certain d’avoir aperçu l’ombre creuse d’un oeil percé, liquide blanchâtre se mêlant au sang pour s’échapper d’une poche orbitale désormais inutile. La vodka fait chemin inverse et il doit se dépêcher aux toilettes pour s’empêcher de vomir sur le tapis.

Quand il revient, l’autre est réveillé, sûrement sorti des vapes par le bruit des pas lourds sur le parquet qui craque et l’écho de ses relents dans le couloir. Le chat s’est installé sur ses genoux, ronronnant avec entrain alors qu’il s’applique à marquer l’inconnu en frottant ses joues contre son torse. Il y a une pause pendant laquelle il regarde Maldwyn en chien de faïence, comme s’il s’attendait à ce que l’autre court vers la porte pour s’échapper et laisser Arad sans réponses. Il ne pense pas qu’il supporterait de voir l’autre s’enfuir en ne laissant derrière lui qu’une ombre mystérieuse, emprunte encrée dans la vie d’Arad pour des années à venir. Il a toujours du mal à assimiler ce que l’autre lui a balbutié dans la voiture. Contrôler les chiens? Ce n’était pas clair. Parlait-il d’une simple affinité, d’un feeling agréable qui le rendait approchable aux yeux des clébards? Ou parlait-il d’un véritable pouvoir exercé sur ces loups en devenir, alpha d’une meute prête à se sacrifier pour protéger leur leader? Aucune de ces questions ne lui échappent, et il balbutie quelque chose, une excuse pour justifier ses actions.

« J’me suis dit que t’aurais moins de risque de tomber malade si je t’emmenais chez moi. T’es libre de partir si tu veux mais … Putain, j’ai besoin de réponses. »

Il l’avoue, ses objectifs sont purement égoïstes. Il veut juste un indice, une justification, quelque chose qui lui donnerait des ébauches sur le pourquoi du comment. Il désigne la porte d’un geste. Celle-ci n’est pas fermée, il lui suffit de tirer le loquet pour sortir, invitation à s’en aller s’il le désire. Il est tard, sa ronde est sensée être terminée depuis une bonne demie-heure.

« Tu- … Tu veux quelque chose à boire? A manger? »

Putain, qu’est-ce qu’il est en train de foutre ? Il a enlevé ce gars, l’a arraché de sa voiture de fonction pour le forcer dans un interrogatoire tout ce qu’il y a de moins officiel. Merde, il lui a même donné son adresse, rien n’empêchait Maldwyn de revenir quelques nuits plus tard pour lui régler son compte à coups de crocs et de griffes.

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This is us colliding - Ven 3 Mai - 15:48


Head's a mess, heart's an ache
Il n'y a que les ténèbres. Des relents de rêves informes peut être, la sensation de mouvement perçant à peine ma conscience. La douleur qui m'irradie doucement en vagues régulières et lancinantes. Le visage en feu, le contraste glacé de mon propre corps dans son linceul humide. J'ai cru que j'allais mourir, que c'était la fin. Les mâchoires de la survie, les babines retroussées sur l'envie de vivre. La peur pour seul instinct, irrémédiable impulsion. Alors au fond de moi quelque chose leur a dit de frapper. Est-ce qu'on peut perdre le contrôle lorsqu'on ne l'a jamais vraiment eu ? Est-ce que cette excuse est seulement valable ? Des bribes de pensées confuses, peut être des mots et murmures échappés dans mon évanouissement, mon corps à peine ballotté par la route. Vision d'escaliers, les pas lourds et surélevés. Emporté sans en avoir la force, la tête lourde, tellement lourde. Je veux pouvoir me réveiller au phare et oublier, jeter ces souvenirs aux vagues en contrebas et les voir se fracasser contre les rochers. Une part de moi qui espère encore que tout ceci n'est qu'une illusion, une mauvaise blague. Des cauchemars aussi, l'homme meurtri qui s'élève comme un revenant, le bruit de ses hurlements à mes oreilles. Peut être le vent sur la falaise, la houle implacable qui s'insinue dans les fissures du toit. J'ai si froid, je suis glacé. Et puis la chaleur qui me couvre, la sensation de ne plus être seul. Cujo. Mon esprit qui s'évade vers mon chien, le besoin de son contact rassurant. Mais comment pourrais-je le regarder en face après ce que j'ai forcé sur ses congénères ? Et si la prochaine fois cela arrivait avec lui ? Je ne veux pas le trahir, pas infliger cela à cet animal qui a confiance en moi. Je n'ai jamais voulu de cet étrange lien, cette affinité canine. Si je pouvais me réveiller et que cet étrange pouvoir ait disparu, je serais prêt à croire à tous les dieux.

Mais ce n'est pas le contact gelé des planches de la maison sous ma main. Ce n'est pas le matelas à même le sol et sa couverture humide. Pas la chaleur de mon chien à mes côtés ni l'odeur salée dans l'air. Il n'y a pas le halo automatisé du phare qui balaie les fenêtres, juste la lumière d'une télévision au volume minimal. Je cligne des yeux un instant, luttant pour m'extirper des bras de la fatigue. Une vive douleur au visage, ma main qui se recroqueville sur mon pif enflé dans une grimace. Les doigts qui dessinent la forme d'un canapé en cuir, d'une couverture. Et la réalisation soudaine qui me fait me redresser violemment malgré la tête qui me tourne. Je ne suis pas chez moi. Le cou qui se tord de droite à gauche, à la recherche d'un point familier, n'importe quoi. Mes jambes trop lourdes pour pouvoir me lever, rien pour me mettre dos au mur et évaluer la situation. Un instinct qui s'éveille encore, ma conscience qui s'étend automatiquement et scanne les environs. Mais c'est un félin qui saute sur mes genoux et m'interrompt, patine de ses coussinets sur la couverture. Le geste me surprend, m'apaise étrangement. La voix qui s'élève m'arrache un léger sursaut. Il me faut quelques instants pour la reconnaître comme celle du policier. Et tout me revient, les chiens, le malaise, les hurlements de l'homme. Nos regards se croisent de peur, silence de mort entre nous. Il veut des réponses mais je ne suis pas certain de pouvoir lui en apporter. Je lève le visage pour détailler la pièce de nouveau. Pourquoi m'avoir ramener chez lui ? Il prétend pour mon confort mais il n'a aucune raison de me vouloir du bien.

Il parle de nouveau, attisant un peu plus ma crainte. Le bout des doigts qui se crispe sur l'ourlet de la couverture, je suis mal à l'aise. « Je… » J'ai du mal à déglutir pour parler. Mon regard se pose un instant sur la porte et je finis par former un souffle. « Est-ce que vous savez… remettre les nez cassés en place ? » Les mots échappés de mes lèvres trop vite pour les retenir. Je ne peux pas me concentrer avec le nez de travers. La respiration sifflante, le sang coagulé dans les narines et sur le bas du visage. J'ai lu quelque part que si l'os n'était pas remis en place au plus vite il fallait le casser de nouveau pour qu'il guérisse. Un frisson me court sur l'échine, me faisant croiser les bras dans un geste d'auto réconfort. « Je ne sais pas si je peux vous aider à comprendre. » Le ton toujours au vouvoiement, des mots sincères qui sortent avec difficulté. Il a dit que j'étais libre de partir si je le souhaitais, mais mon corps est trop faible, mon esprit trop terrifié pour oser bouger. « J'ai… des ennuis c'est ça ? » J'essaie de comprendre au delà de l'évidence positive. Pourquoi ne m'a-t-il pas ramené chez moi comme il l'avait promis ? Pourquoi ici et pas au poste. Mon regard se baisse vers le chat sur mes genoux. Il ne peut pas me vouloir du mal, pas vrai ?

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