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two-way mirror, one-way street » semyon

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two-way mirror, one-way street » semyon - Mer 15 Mai - 2:07

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Étincelles fluorescentes sur les devantures, elles apparaissent et disparaissent, guident les paumés vers l’élixir libérateur. Quelques rues en contrebas plus loin, des sirènes retentissent et un chien errant, la truffe occupée par les ordures, ne lève pas l’oreille. En quelques mois, elles sont devenues chants d’oiseaux à l’aube, berceuses à l’aurore. On ne les entend plus tant elles se couplent aux silences. On ne compte pas non plus les carcasses quotidiennes délaissées sur les pavés, devenues la bectance des médias vautours. Les clients sont timides aux abords des vitrines, les rushs ne remplissent les caisses qu’à moitié. Pourtant, le Roberta pourrait se vanter d’en accueillir un peu plus que les autres. La patronne se refuse une fermeture momentanée : 'faut bien nourrir les gamins, on l’entendrait rouspéter, et puis, paraît-il que les plus courageux ont du mal à s’enfermer lorsque l’humeur est à la solidarité.

C’est peut-être ce qui l’a convaincu d’y passer, lui qui n’a pas connu la paix ni une vraie nuit de sommeil depuis des jours, lui dont les tympans frémissent encore aux réminiscences fantômes de son hybris - rendant les concerts de son propre bar insoutenables et cruels face à la tranquillité d’un bistrot de quartier. “Hé, chef. C’est quand la dernière fois que t’as dormi, hein? T’as fait la guerre ou quoi?”, on lui demande en italien. Le petit sourire point à peine à l’entente des mots chantonnés. Alfonso frôle le comptoir sans s’y poser. “Claudia deviendrait folle de rage si elle t’entendait m’appeler chef.”, rétorque-t-il, la plaisanterie gâtée. Le barman s’étonne. “Tu ne vas pas lui dire, pas vrai Brazzi?” “En temps normal peut-être, mais je prends juste un verre ce soir. Je ne reste pas.” Le barman acquiesce en glissant un verre et une bouteille devant les yeux creusés. “Tu devrais rentrer chez toi et dormir un peu”. Si seulement c’était aussi simple, pense Alfonso en ajoutant une partie du contenu de sa flasque en argent au liquide ambré servi. Oh qu’il dormirait trois jours durant s’il le pouvait. Il converse un moment, répond aux longues phrases par de plus concises qu’à l'accoutumé, et lorsque le barman s’en va servir d’autres acolytes, le dieu finit son verre d’une traite et s’écarte sans un mot.

Les réverbères substituent l’astre dans la quasi-obscurité, mettent en lumière les poussières d’une cigarette. La fraîcheur et les vents printaniers guident les pas assurés le long des trottoirs muets, quelques fois dérangés par les échos de fenêtres béantes : conversations discrètes, rires enregistrés sur les téléviseurs. Il n’aurait qu’à remonter la rue pour arriver dans son antre, s’affaler sur un matelas pour ne plus bouger jusqu'au petit matin, pour récupérer ce que ses dons fallacieux semblent avoir du mal à lui accorder ce soir. Pourtant, arrivé à un tournant, c’est celui-ci qu’il choisit d'emprunter, puis un autre, et un autre, semant nuages de fumée sur ses passages sans jamais accélérer le pas, sans quitter cette expression taquine qui lui va si bien. Pas plus de bruit que celui de ses propres pas sur le bitume. S’il se figeait maintenant, l’écho calqué de ses Richelieu s’arrêterait-il, lui aussi? Alors il entame un pas sans jamais le finir et sourit à la nuit, une main agile déjà fixée sur le beretta salvateur. Les talons se tournent et il demande - un peu trop calmement - à la silhouette effacée par les ombres : “Qui es-tu et qui t'envoie? Attends, ne réponds pas à la deuxième partie, je sais déjà.
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two-way mirror, one-way street » semyon - Jeu 23 Mai - 17:27

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Le même soupir de bien être s’extirpe de ses lèvres quand le liquide réconfortant s’écoule amèrement au fond de sa gorge. Son deuxième verre de la soirée et il réprime l’envie de s’en prendre un autre, il a besoin d’avoir les pensées claires. Des semaines à se frayer un chemin jusqu’à ce bar, la même place, le même verre de single malt, parfois toute la bouteille qui glisse le long du comptoir jusqu’à lui lorsqu’il se sent brave, presque inconscient. Ce soir, il se contentera de ces deux verres silencieux. Il n’a plus besoin de parler au barman à force, la dynamique est claire. Quand parfois quelques inconnus se décident à prendre place à ses côtés et initier la moindre conversation, Semyon s’en tire à chaque fois avec quelques marmonnements de sa langue natale. Il a l’esprit ailleurs, toutes les pensées divergentes vers le même visage qui le hante assidument. Le désir de le revoir était comme une blessure ancienne, non une flamme ravageant son quotidien, mais une sensation toujours présente. Elle n’envahit pas sa vie, toutefois ses picotements perdurent, le rappelant à l’ordre quand il s’en éloigne trop. Lentement, l’ennui que cette routine qui lui cause commence à se sentir, tout lui semble vain. Il se veut subtil et discret, ce soir encore, ce sera un échec.

“Claudia deviendrait folle de rage si elle t’entendait m’appeler chef.” Un échec. Peut-être pas. Le ton est rieur, presque léger, différent de la colère sanguine qui lui avait était destinée la dernière fois. Il baisse son visage sur lequel les signatures éclatantes de la satisfaction se répandent, claire sous les ombres bleuies de ses yeux. Son cœur bourdonne tout bas, nerveux, affolé – déchainé. Il ne suit pas le reste de la conversation, ça ne l’intéresse pas, seul lui. Du coin de son œil valide, il remarque sa silhouette qui s’éloigne et quitte le bar. Et oui, il avoue être inconscient alors que l’excitation lui redonne le souffle d’un gamin. Il ne s’en défile pas alors qu’il hâte le pas vers la porte à son tour, après avoir glissé quelques billets près de son verre, le mégot de sa cigarette écrasée à son fond.

L’envie d’en consumer une seconde se fait violent, il y résiste. Ses pas se fondent dans ceux de l’homme à quelques mètres de lui, les faibles lumières s’allient à sa cause et les bruits des maisons couvrent les siens. Il doute que cela dure longtemps ainsi, Alfonso le décevrait. Il continue sa traque, tantôt prédateur, tantôt proie. Quelques brises lui font parvenir les relents de la cigarette et sa fumée l’entoure, colle presque à la veste de son costume. Illusion, bordel qu’il en avait besoin. Puis tout change, les directions changent. Un tournant suivi d’un autre, ça n’a rien de naturel, Semyon fronce les sourcils mais à aucun moment il n’hésite, il continuera jusqu’à la fin. Qu’importe si c’est la sienne. Ici, plus aucun bruit, seulement le silence dévorant et de faibles et rares lumières qui grésillent faiblement, pas assez pour illuminer plus d’un mètre. Sa voix, encore, résonne. Semyon n’avait pas le moindre doute, ça ne fait que confirmer davantage. « Personne ne m’envoie. » Il ne répond qu’à la partie dont on l’allège, sarcastique, la commissure droite de ses lèvres se redresse en un sourire semi-lunaire. Il ne ment pas pourtant, personne ne l’envoie. Brazzi ne fait plus partie de ses missions, professionnelles du moins, il a assez bénéficié du massacre de ses hommes. « Et tu sais qui je suis. » Il aimerait avancer mais ses pas le guident instinctivement en arrière. « Ton genou a l’air en meilleur état que je ne pensais. » Il ne sait pas si c’est sa déception ou son soulagement qu’il cache sous la froideur de sa voix.
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two-way mirror, one-way street » semyon - Mer 5 Juin - 23:08

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Les mots le glacent, ankylosent sa cage thoracique l’espace d’un instant alors que quelques réminiscences affreuses enveloppent ses sens : odeur métallique nauséabonde, mort omniprésente, douleurs fantômes, vacarme infernal, plaintes qui le hanteront jusqu’à la tombe. Ses muscles se crispent encore plus lorsqu’une vibration au niveau de son flanc gauche le ramène à la surface : dans l’obscurité, les cauchemars se dissipent et son téléphone s’accorde avec les grésillements pour tromper le silence. Une taffe plus tard, il est à nouveau lui-même, si ce n’est peut-être par ce nouveau tressaillement dans la courbe de ses lèvres, qui tendent à se transformer en grimace. L’interlocuteur fait un pas en arrière. Judicieux, car Alfonso voudrait bondir. “Personne ne t'envoie?”, se moque-t-il. “Tu te présentes à moi de ton propre chef? C’est effronté.” Ou peut-être que son petit cadeau avait transpercé un peu plus que la mire lors de leur dernier rencard et que le chef de brigade était simplement devenu stupide. Alfonso ne croit pas une seule seconde les paroles. Leurs factions respectives jouent à se faire la guerre depuis des mois. Seul un fou de la Mafia Rouge oserait errer sans but et seul dans les rues chaotiques de Little Italy à cette période de l’année. Mais il était aussi vrai, s’il en croyait les nombreuses recherches qu’il avait fait sur le personnage, que Semyon Bezrukov avait suffisamment de bagages pour correspondre à la description.

Il n’avait qu’à tirer, tirer dans la direction d’où provenait la voix et l’autre devenait proie facile, disparaissait pour toujours de sa réalité. Mais c’était trop évident, trop banal. Il y avait plus originales façons d’éliminer un indésirable et Alfonso Brazzi avait toujours été un homme - un dieu - singulier. Laisse-moi te voir, pense-t-il en entamant un pas en avant, le canon toujours dressé. Il s’extrait de la lumière, lui aussi. Laisse-moi trouver de l’inspiration sur les lignes de ton visage. Au lieu de ça, la haine évidente tranchant chacun de ses mots, il demande : “Tu vas mourir ici, tu en as conscience?” Taffe de plus. Alfonso examine le bout animé de sa cigarette et lève ses yeux vers la silhouette encore invisible. La colère gronde sous la peau. Il est pareil à une thermomètre porté à ébullition - voudrait briser la carapace, le calme fragile pour mieux éclater. “Je te laisse une chance pour filer la queue entre les jambes. Tic, tac, tic, tac - ah! le temps est écoulé.” Un pas en avant, puis deux, loin des néons accidentés. Little Italy devient le plateau de sa partie d’échec nocturne. Le roi n’a plus qu’à se taire. Il erre, sans se prononcer, sans bruit. Il n’a aucun moyen de tester ses pouvoirs sur le bourreau et de toute manière, il ne sait pas s’ils auront un impact réel dans son état, surtout lorsque hier encore il luttait contre un hybris incontrôlable. Tant pis, pense-t-il en s’élançant, la tige fumante coincée dans la bouche. Après tout, il lui restait toujours the good old-fashioned way.

À partir de cet instant, tout s’enchaîne très vite. Alfonso bondit depuis le côté gauche de Semyon - le plus vulnérable s’il pouvait encore se fier à la semi-cécité du russe. Avec force l’ancien caporegime percute l’ennemi d’un poing. Sans lui laisser le moindre répit, il l’enfonce dans le premier mur qu’il trouve à l'aide d'un avant bras, la gueule contre les briques rugueuses. Le canon arrive en premier sur une tempe. Un cliquetis annonce la couleur : plus de sécurité, coup qui pourrait prendre refuge dans le crâne à la moindre erreur. Une autre paume exerce une pression suffisante dans le dos pour immobiliser les poignets et faire mal. Tout doucement, le malfrat énonce : “N’essaie pas d’utiliser ton don sur moi. Je connais très bien ton espèce. J’en ai déjà neutralisé deux des comme toi.”, il dégage une mèche rebelle et tapote sur la tempe exposée avec le canon de son beretta. “Juste. Comme. Ça.,” ajoute-t-il, la cigarette abâtardissant ses mots. On devine pourtant sa réjouissance sans même la voir. “Alors dis-moi Semyon, que fais-tu vraiment ici? Où se cachent tes chiens?
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two-way mirror, one-way street » semyon - Ven 14 Juin - 0:22

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Plus jeune, il avait peur des monstres sous son lit, les échos moroses de leurs bruissements trouvant chemin jusqu’à ses oreilles, nuit après nuit, Semyon s’était conditionné à cette routine. Les palpitations rapides de son organe vital devenaient suffocantes tandis qu’il s’emmitouflait dans sa légère couverture. Plus vieux, il ne lui suffisait plus de ramener ses genoux fléchis tout contre son abdomen pour garder ses pieds hors de la portée des monstres, pour qu’ainsi ils ne puissent pas l’attraper et l’entrainer plus bas. Non, parce que les monstres ont quitté la sombre cachette de son lit, à présent ils se réfugient dans sa tête, dans le reflet de son miroir. Ils ont évolué avec lui, les peurs plus grandes, eux plus tenaces. Ils sont dans l’ombre qui le suit à chaque seconde de son existence et ce soir n’y fait pas défaut. Deux iris rouges brillent pour son regard seul au milieu de l’ombre accrochée à ses pieds, il n’essaye plus de courir, elle le rattrape toujours. Oh, si seulement les monstres ne s’attaquaient pas qu’à lui, il aurait pu les dépêcher en direction d’Alfonso Brazzi. Pour qu’ils lui bouffent les pieds, pour qu’ils le mettent à genoux face à lui. Mais ils sont capricieux et leur créateur semble déjà être leur cible favorite. Il se doit de faire face, il n’y a que lui et Alfonso a remarqué sa présence. Peut-être que ce sont ses oreilles qu’il aurait dû lui défoncer la dernière fois. « Il se peut que tu ne sois plus aussi menaçant que tu le penses. » Réplique dénuée de sourire, mais la provocation claire. L’Alfonso colérique et sanguin, il veut le revoir. Réellement, l’homme lui rappelle son inconscience. Il est en terrain ennemi et personne n’est au courant de sa présence dans les lieux, il est assez monté en grade pour ne plus avoir à rapporter quotidiennement l’ensemble de son emploi du temps. Il espère que cela ne lui porte pas préjudice, il était trop tôt pour mourir. Il ne le retrouve que maintenant, enfin, et si ses doigts tremblent déjà d’une délicieuse appréhension, ça ne ressemble en rien à l’état dans lequel l’homme l’avait mis il y’a deux ans.

Semyon l’entend bouger et il n’a pas le temps que réagir que l’autre est déjà face à lui, si proche, trop proche. Il y’a aussi l’éventualité que le russe n’ait pas tenté d’initier la moindre réaction. Il observe – contemple. Il désire presque que l’italien presse le pas. Son impatience est dévorante et sa famine est comblée par la colère dissimulée sous le faux calme. Il s’en nourrit. Alfonso prétend que son temps s’est écoulé avant même qu’il puisse compter.

La brume de la cigarette du plus vieux a disparu et même si ses pas sont rapides, cela suffit à Semyon pour deviner que l’attaque se prépare. Il protège son côté gauche, conscient de sa vulnérabilité. S’il ne ressent pas la gravité de son handicap dernière la visière d’un fusil, le combat rapproché est plus ardu. Les traits d’Alfonso lui paraissent flous sous la pression du coup et ses semelles s’ancrent au sol, réussissant ainsi à amortir légèrement le choc de son dos contre le mur. Doigt sur la gâchette, le bruit si proche de sa tempe est plus strident que la réalité. Il résonne jusqu’au creux de son crâne. Poings liés et espace vital consumé, il est pris au piège mais il a l’œil grand ouvert, c’est tout ce dont il a besoin au final. Pas besoin de grands gestes et de démonstrations physiques, seulement un contact visuel pour créer le chaos. Et ça, Alfonso le sait bien. « Tu ne pourras pas me neutraliser si je suis plus rapide que toi. Tu n’es pas curieux de le découvrir ? » Son don contre un simple mouvement de doigt, il se souvient de ses anciennes visions, le passé de l’homme n’a rien à envier au sien. Son sang-froid n’est plus qu’un vestige ardent. « Je n’ai qu’un seul chien et il m’aboie en pleine gueule en ce moment même. » crache-t-il sur le même ton. Entrailles tordues de sensations étrangères, il prend plaisir aux joutes verbales, il ne compte néanmoins pas continuer à se laisser faire. Alfonso s’est attaqué à sa faiblesse, à son tour d’en faire de même et son genou fléchit vient de toutes ses forces cogner contre celui de son comparse. Il profite de cet instant pour inverser les rôles, cogne avec plus de force qu’il n’en a reçu le dos de l’homme contre le mur. Le poignet de la main au beretta prisonnier de l’étau ferme de ses longs doigts, à une distance sure. « Je suis seul et je te cherchais. Une fois que tu te seras bien mis ça dans le crâne, on pourra passer à la suite. »

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