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Alejandro Flores
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : Jojo
FACE : Diego Luna
DOLLARS : 7709
SACRIFICES : 4021
PORTRAIT :
ANNEES : 40 ans.
CŒUR : (en couple) Sous des yeux noirs, le coeur palpite à un rythme incontrôlable.
RÉINCARNATION : (Ah Puch) Dieu Maya de la Mort
TALENT(S) : (Découpe charnelle) Doigts pareils à des scalpels (Aspiration vitale) L'eau du corps absorbé, laissant l'autre pareil à un désert. (Animorphose) Petit chat devenu jaguar (Croque-Mitaine)
FACTION : Calavera
OCCUPATION : (Capitano) En charge des combats clandestins et de surveiller les p'tits chats. Boxeur professionnel spécialité en vale tudo et propriétaire d'un club d'entrainement.
GENÈSE : (Primus) stade 5
TALON(S) D'ACHILLE : La Calavera ✙ Joaquin Costilla ✙ Son orgueil, à la limite de la connerie ✙ Les p'tits chats ✙ Carmen Benitez
JUKEBOX : The Sun, frida Sundemo
RUNNING GUN BLUES :


"SO MUCH WAS SAID IN THE UNSAID"


"THE DEEPER YOU DIG, THE DARKEST IT GET"




Empty spaces - Dim 25 Nov - 18:19


AURELIO & ALEJANDRO
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Aurelio. Aurelio Nava. L’identité qui se répète inlassablement dans sa tête à Jan, comme une litanie qu’il aurait préféré oublier au fil du temps. Aurelio. Depuis combien d’années  ne se sont-ils pas vu face à face ? Depuis combien de temps n’ont ils pas parlé sans être entourés des autres de la Calavera ? Héritiers de deux familles fondatrices, dieux primaires de deux panthéons voisins, ils auraient du rester proches mais… Le destin a toujours son mot à dire dans les amitiés entre divins. Encore plus quand il s’agit d’amitié au sein d’une mafia réputée pour sa violence et son dégoût pour les fuyards. Et c’est ce qu’est Aurélio aux yeux de Jan, un fuyard. Un p’tit con qui l’a abandonné pour ses études, qui a préféré la grandeur des salles de classe à celle de sa famille. Aurelio est parti à 19ans, est revenu, est reparti, est revenu, inlassablement, comme si jamais la Calavera lui suffisait. Jan l’a détesté pour ça. Et il continue de détester cet homme qui se pense encore capable de devenir le futur commandante alors qu’il n’a rien pour le devenir et n’a rien fait pour eux à part leur offrir ses services pour choper quelques reins ou autres organes. Aurelio Nava est un incapable qui, pourtant, a été le plus proche ami d’Alejandro Flores quand ils étaient enfants. Opposés sur beaucoup de choses, le plus vieux jaloux de la famille du plus jeune, le plus jeune incapable de maîtriser son dieu à la différence du plus vieux. Ils se sont aidés et appréciés malgré leur différence. Mais ça c’était il y a longtemps. Leur relation serait difficile à définir maintenant qu’ils ne sont plus rien l’un pour l’autre depuis pratiquement deux décennies.

Mais aujourd’hui, ils se retrouvent comme deux imbéciles dans une même voiture, en filature.  Officiellement, il a été balancé sur cette mission pour apprendre au soldado Nava, ce que c’est, de vraiment travailler pour la Calavera. Officieusement, cette mission lui permet de calmer le dieu sous sa carne qui vient de s’éveiller après quelques tirs de sniper loupés. Et encore plus officieusement, Alejandro est dans cette bagnole pour surveiller Nava et être sûr qu’il ne se la joue pas veste retournée.  « T’en veux ?  » La boite de nugget déjà à demi vide est tendue sans un regard. Aurelio sait à quel point son ancien ami mange comme douze et le nombre de paquet de gâteau déjà avalés depuis deux heures qu’ils attendent comme deux couillons dans la bagnole, en sont les preuves. L’agacement lui tiraille la tête, la tête éveille le dieu, le dieu grignote la panse et la panse hurle, affamée. Cercle vicieux qui ne pourra calmer le capitano, sauf s’il décide de réellement  discuter.

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪


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Aurelio Nava
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : Le Pape
FACE : Alfonso Herrera
DOLLARS : 426
SACRIFICES : 239
PORTRAIT :
ANNEES : 36 révolutions
CŒUR : Marié à la Tequila
RÉINCARNATION : Quetzalcóatl, Serpent à Plumes et roi de Tula. Co-créateur de la Terre et Père de l'Humain, dieu nourricier, de l'Ordre, de la Sagesse, de la Loi, du Vent et de la Lumière. Etoile du Matin chassant les ténèbres.
TALENT(S) : Souffle Empathique (Respirer vos émotions, sentiments, pensées) - Plantes Sanguinaires (Du sang pousse la Flore) - Morsure Osseuse (Contrôle des Os)
FACTION : Calavera
OCCUPATION : Gynécologue voleur d'organe et oreille attentive du Planning Familiale
GENÈSE : Primus stade 3
TALON(S) D'ACHILLE : L'humanité la plus pure : les enfants
Empty spaces - Jeu 29 Nov - 16:30

Mastication.

Lente, sourde et régulière. Le bruit de ses mâchoires, se levant, se fermant, écrasant, roulant de manière circulaire, depuis combien de temps je l'entends ? Et il reste maigre comme un clou, à manger autant, à avaler autant de junk-food, à déballer autant de paquets. Déglutition, et le cycle recommence. De la main à la bouche, puis l'éternelle rotation des mandibules, concassant, malaxant dans la salive usée et chargée de sel, de sucre et de produits chimiques inconnus, les yeux fixés dans le vide, sur le pare-brise, plissant des paupières en rythme avec le métronome de ses dents, tout les deux écrasements, Alejandro continue inlassablement de manger ses nuggets, d’inexorablement plumer toutes les poules de la Terre. Pourtant, je ne le fixe pas, je ne le scrute pas, il est juste dans le coin de mon regard. Je l'entends, depuis des temps immémoriaux me semble-t-il, manger, encore et encore. Cette lente mélopée, il décide de la briser en me tendant une petite pépite de poulet pané.

Symptôme.

"Merci, mais je suis devenu végétarien."

Le diagnostic limpide passe sous nos yeux : nous ne nous connaissons plus. Deux inconnus dans le même habitacle, prisonnier par le temps, par les ordres. Je ne pourrais le nier, sa présence m'est agréable, doucereuse et emplie de souvenirs. Le temps a passé, ravagé nos corps, fait croître nos os, élargir nos épaules et dégarnir nos cheveux, des rides parsèment déjà mon front, parchemin témoin de l'écoulement des jours et lui se couvre de cicatrice, balises temporelles indéniables, cependant, j'ai l'impression qu'hier nous étions encore amis, voisins. Enfants. Cette illusion, ce masque, tombe instantanément alors qu'elle frôle ma réflexion, une question, bien plus adultes, gorgée de mes années d'études, élude ce mirage : Alejandro a-t-il un jour été un enfant ?

Jamais.

De mes souvenirs, je ne le vois que peu sourire de candeur, de joie de vivre, je ne me souviens pas de son visage balayé par l'insouciance infantile. Toujours, une petite ombre au coin de l’œil, presque une larme, de l'adulte invoqué bien trop tôt ; quant à ses mains, toujours avide de jouer, éternellement attirées, à l'instar de mains d'enfants, par les plaisirs futiles et ludiques, se retrouvaient toujours chargées par des poids imposés par sa famille, des carcans trop douloureux pour les petites paluches d'un gamin. Je ne le voyais que trop peu, subissant moi-même mes propres démons familiaux, les tourments imposés par le matriarcat Nava. Là, dans ce silence gelé, je me rends compte que nous nous sommes éloignés terriblement rapidement ; dès que mes yeux se sont ouverts sur le monde adulte, sur ce qu'aurait pu subir Alejandro, il n'était plus dans mon paysage pour que je puisse l'observer. Car j'avais changé de paysage.

Vitre.

Cette fois-ci, aujourd'hui, ce n'est que ce que je vois, une vitre propre, alors que ma tête est posée sur une seconde vitre, encore plus propre, plus épaisse et terriblement froide. Nullement abruti, je me doute que m'enfermer ici, dans cette prison de verre et d'acier en compagnie avec Alejandro, n'est pas une coïncidence : il me surveille. Peut-être même que, en usant notre séculaire amitié, ils souhaitent que je consacre plus de mon temps à la Calavera. Que je m'implique. Qu'ils aillent se faire voir, j'hésite encore à prendre le premier avion et partir pour Mexico. Jamais je n'en aurais le courage, j'ai trop de responsabilités auprès de mes filles ici, qui plus est. Je refuse de les abandonner. Donc, m'investir pour la Calavera serait les abandonner, puisque je ne pourrais plus m'occuper d'elles.

Thé.

Je trinque silencieusement à leurs souffrances tacites et non guéries. Je bois quelques gorgées d'un thé toujours brûlant dans mon thermos, d'un signe, j'en propose aussi à mon compère du soir. Le silence nous relie et rallonge le temps passé. Nous pourrions parler, discuter, mais ce n'est clairement pas dans nos natures respectives que d'engager une discussion, comme ça, juste pour parler. Alors, je cogite, et j'imagine qu'il fait de même, au rythme de ses derniers nuggets avalés.

Jumeaux.

Presque. Je trouve cela incroyable comme nous sommes identiques et distincts, comme deux lèvres cousues. Jamais nous ne nous touchons volontairement, nullement nous nous ressemblons, pourtant, nous sommes liés par des sutures ensanglantés : nos familles, nos panthéons, nos divinités. Points par points, nos caractères se reflètent, se répondent, et parfois le destin a voulu nous rassembler de force, frottant ces deux lippes gercées l'une contre l'autre. Seuls des détails nous joignent naturellement dans cette amitié que la Fortune nous force à déterrer, le silence est la commissure des lèvres de cette bouche muette et placide. Comme un ancien crâne préhistorique, je ressens qu'il me manque une partie de ma mâchoire, presque incomplet. Le rythme de'ingestion  d'Alejandro fait ressortir en moi des souvenirs de notre jeunesse, bien qu'il mangeait drastiquement moins adolescent, je me tourne alors vers lui et ouvre mes lèvres pour lui rappeler une anecdote stupide sur des nuggets.

Mouvements.
Silence.


Cependant, la planque que nous surveillons s'agite. La porte s'ouvre. Trois hommes en sortent. Deux gorilles en armure de tissu, en costards identiques et sobres, et un homme encore plus grand, chauve, portant des lunettes de Soleil et téléphone à la main. Notre cible. On doit juste le surveiller, le traquer, le pister. Pourquoi, je n'en ai aucune idée et, dans le fond, je m'en contrefous. Dès lors, on va changer de place, devant sa prochaine planque. Je sors un bout de papier et note, griffonne de mon écriture illisible, l'heure de son départ, ainsi que sa compagnie. J'allume le GPS de mon téléphone portable et m'apprête à enregistrer ses déplacements. J'espère simplement que, dans sa prochaine localisation, il ne restera pas trois heures.
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Alejandro Flores
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Empty spaces - Dim 2 Déc - 11:02


AURELIO & ALEJANDRO
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Aurelio refuse les nuggets. Aurelio refuse… Aurelio est devenu végétarien. Ça fait arquer un sourcil au capitano, ne s’attendant pas à cette remarque. Il ne le connait plus du tout. Des enfants, d’autrefois, ils ne sont plus rien. Plus que des ombres, des fantômes l’un pour l’autre. Ils auraient pu être réellement amis. Ils l’ont été pendant quelques temps à vrai dire. Malgré leur différence, la pression de leur famille les a rassemblé là où personne ne les attendait. Ce n’est ni dans l’échange de puissance et l’envie de s’élever plus haut qu’ils se sont appréciés Aurelio et Jan, mais bien dans l’impression d’avoir enfin quelqu’un qui pouvait les comprendre. L’un et l’autre savaient parfaitement ce que voulait dire « être attendu au tournant ». L’un et l’autre étaient conscients de la violence psychologique pour l’un et physique pour l’autre, utilisée pour les élever plus haut que leur propre rang. L’un et l’autre comprenaient est savaient parfaitement qu’ils pouvaient se parler sans avoir à cacher la dure réalité. Jan qui souvent débarquait, un oeil au beurre noir ou la lèvre fendue après un combat sur le ring trop long ou trop violent. Aurelio qui était paumé avec son dieu. Les deux se calmant, se parlant peu mais s’écoutant beaucoup. Les silences se suffisent parfois pour comprendre la douleur entre deux hommes. Mais cette fois-ci, le silence n’a rien d’apaisant. Il est douloureux, gênant et ennuyeux. Et Jan, Il déteste ça, se sentir mal à l’aise dans une situation où il devrait tout gérer. Il déteste se sentir comme un imbécile devant dire quelque chose sans savoir réellement à qui il parle maintenant qu’ils ne sont plus que des étrangers.

Le paquet de nugget terminé, il est soigneusement plié et mis dans un autre sac à ses pieds alors que devant eux, la cible bouge enfin.  « Cabrón… C’est pas trop tôt, j’me serais presque endormi. » Ça lui arrive souvent,  son nouveau pouvoir tirant beaucoup sur son énergie à force de s’entrainer pour apprendre à le maitriser. Les trois silhouettes s’engouffrent dans la voiture, le capitano démarre la sienne et attend de voir la mercedes sombre prendre la route. Garder un peu de distance entre les deux, de toute façon, le mouchard placé quelques heures auparavant sous la carcasse métallique lui permettra de ne pas les perdre. Enfin… Leur permettra.  Le pied appuyant sur la pédale d’accélérateur, la route est prise, dans un silence quasi morbide. Le malaise est de plus en plus palpable, picore l’échine du capitano qui fait une seconde tentative.  « Ça se passe bien au planning familial ?» Se rapprocher, comprendre un peu mieux la vie d’Aurelio et de sa mère, en savoir un peu plus pour mieux connaître ses véritables attentions. Aurelio n’est plus un ami, ni un compagnon de chemin. Aurelio est un fuyard, un homme faible qui a préféré faire des études plutôt que de rester parmi ses pairs. Il aurait été à l’université pour la Calavera, pour sa famille. Mais non, il est devenu médecin pour lui. Uniquement lui et son égoïsme latent malgré ce qu’il peut penser. Aurelio Nava a disparu de la Calavera pour son plaisir personnel, mettant ses rêves avant ceux de la mafia. Et ça, Jan ne pourra jamais le lui pardonner. Encore plus le fait de ne pas avoir été là pour lui alors que le second de la Calavera été le premier à l’aider lors de son incarnation. Jan ne pardonne pas facilement, encore moins pour ceux qui osent jouer avec ses sentiments.  « Ta mère s’y sent bien ? » Et la roule continue devant eux, les yeux des deux hommes dardés sur la cible alors que les deux enfants tentent de se comprendre une nouvelle fois.

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Aurelio Nava
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Empty spaces - Ven 7 Déc - 15:15

Silence.

J’ai le souvenir, lointain et volage, de la voiture de mon père, quand j’étais gamin, quand je ne connaissais pas encore Alejandro. J’ai un souvenir particulier, mais assez diffus, de sa musique passant dans des cassettes que Mama rembobinait parfois avec un crayon et, surtout, du boucan du moteur. Parfois, l’été, les fenêtres devaient rester ouvertes pour aérer et rafraîchir l’engin. Au final, dans la fumée de cigarette, les notes enivrantes et le moteur vrombissant, couvert par l’air pénétrant le bolide, nous ne pouvions communiquer. Trop de bruit. Trop de vacarme. Quand il y avait des choses à se dire, on criait.

Silence.

Mais ici, plus de trente ans de technologie plus tard, le silence nous berce alors que nous avançons. Sans un bruit. Comme si nous volions sur un coussin d’air ou un nuage de coton. Seules nos bouches, en s’activant, peuvent briser cette étreinte de cristal, cristal qui s’immisce progressivement, pernicieusement, dans nos cœurs et nos corps, rendant le silence beaucoup trop froid pour être supportable, ce froid qui brûle les doigts et les pieds, engourdis les paupières et fait trembler le reste du torse. Alejandro le ressent aussi, nul doute. Mais il a l’initiative de faire bouger ses lippes et d’en faire bouger des sons.

« Ouais. »

Mon ton demeure familier, la distance et le temps n’ont pas altérer l’enracinement de nos relations, définitivement ancrées dans un terreau sec et, semble-t-il, stérile. Il est des façons qu’on en change peu ou prou, ourlées du passé et de la mémoire. Comme un vieux fauteuil chez un aïeul, qui était si confortable enfant et désormais, adulte, semble austère et cassant.

« On veut déménager l’antenne principale dans notre quartier d’ailleurs. »

Notre quartier. Je le sais, Alejandro ne va pas aimer cette allusion ; je n’ai jamais été du quartier pour lui, pour la Calavera, moi l’enfant né une cuillère en argent dans la bouche, qui n’a jamais connu le sort létal de la rue, le danger de la nuit et les bruits d’explosion éveillant l’homme assoupi. Mais je m’y imprègne depuis presque vingt ans désormais, m’y sens bien, comme dans une famille retrouvé. Vous savez, l’enfant esseulé, jouant seul avec ses jouets et peu accepté dans la cours de l’école, ce serait moi ici. Sauf, je le confesse, je n’ai quantité de tentatives de sociabilité. Excepté Grindr lorsque je suis éméché.

« Cela adoucira son image. Et je serai plus proche en cas de besoin. »

J’offre mon plus grand sourire à mon vieil ami, concentré sur la route. L’éclat de nos dents se répondent plus que nos mots, comme des animaux s’affrontant. Pense-t-il m’affronter ? J’hésite l’espace d’un instant à sonder son esprit à l’aide de mon Don, cependant, il respirera alors lui aussi mes émotions, mes pensées, mes souvenirs particulièrement ceux liés à lui et comprendra aisément que j’ai sondé son esprit. Je me suis trop entraîné sur lui, avec son accord, pour qu’il ne saisisse pas l’effet négatif de ma magie.

« D’ailleurs. »
Léger rire.

Je fronce légèrement les sourcils avant de reprendre ma tirade, marquant le souci naissant sur mon visage, transpirant de mon âme à l’égard du corps du conducteur.

« Tu cicatrises bien ? »

J’ai apporté avec moi, comme toujours quand je suis en déplacement, le nécessaire à quelques soins. Juste au cas où, juste parce que je connais le Destin et sa volonté à éparpiller du chaos sur mon chemin, du désordre écarlate. Mon seul talent, actuellement, est de recoudre les morceaux dispatchés pour avoir un semblant d’ordre.
Et pendant ce temps-là, peu à peu, les réverbères s’allument à mesure que mon thé se vide dans mon gosier.
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Alejandro Flores
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Empty spaces - Dim 9 Déc - 10:51


AURELIO & ALEJANDRO
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La rue dévale devant ses yeux, la proie suivie de près alors que le trafic est dense en cette fin de soirée. Parfait, ça leur permet de rester discret malgré la proximité. Concentré sur la route, il n’écoute que d’une oreille les mots d’Aurelio mais ne peut s’empêcher de sourire quand ce dernier lui parle de « notre » quartier. Il est drôle parfois, le Nava. Comme s’il était encore chez lui, alors qu’il l'a quitté maintes et maintes fois. On n’abandonne pas la Calavera, on ne laisse pas de côté les siens pour une envie subite d’aller faire des études. Ça, Jan ne lui pardonnera jamais. Alors ce quartier, Delray, il est à eux et pas à lui. La Famille Nava peut bien cramer dans un feu qu’il s’en foutrait le capitano. Ils ont abandonné. Ils se sont barrés, ont préféré faire leurs petites magouilles sans trop s’intéresser à la Calavera. Ils ont préféré leur nom à celui de la mafia.  « Je comprends… » qu’il murmure Jan, sans répliquer ce qu’il pense vraiment. Il a repris cette maitrise que la maladie lui avait bouffé au cours des deux mois derniers. Il est redevenu ce soldat que beaucoup avait en respect pour ses actes et pas uniquement pour sa violence. Alors face à la provocation inconsciente d’Aurelio, Jan ronge son frein, ou plutôt se mord la joue intérieure et ne réponds pas réellement. La mère du Nava est sympa et surtout elle fait du bon boulot avec les chicas. Mais le reste… Aurelio pourrait ramener quarante foie par jour qu’il n’en aurait rien à foutre le capitano. Il continuerait de le tester, de l’éviter personnellement et de mettre son nom en dernier sur les missions. Leur amitié s’est terminée au moment où il l’a abandonné. Car plus qu'orgueilleux, Jan est rancunier.
Ils tournent à gauche, la voiture ralentit un peu, le trafic diminuant à mesure que les quartiers deviennent plus pauvres. Et quand le médecin reprend la parole, d'un ton trop amusé vu la situation, Jan ne peut s’empêcher de tourner le visage vers lui. Pardonne ? De quoi il… Les yeux rivés sur la route à nouveau, il fronce les sourcils, symptomatique d’une incompréhension chez lui.  « Tu veux me retirer un rein ? » Qu’il balance, mi-amusé, mi-sérieux. Les réverbèrent s’allument, la voiture continue de ronronner tranquillement alors qu’une autre lui coupe la route et se place entre leurs proies et eux.  « Vu ce qui se passe avec ma peau quand il fait nuit, heureusement que je cicatrice bien Aurelio. J’serais plus en vie sinon.» les thaumaturges n’y pouvaient rien, un contre-coup divin est plus fort que leur magie. Les centaines de cicatrices nacrées sur tout son corps étaient les preuves d’une cicatrisation impressionnante. Certaines étaient plus boursoufflées que d’autres, comme celles de la nuque ou du cou, mais d’autres étaient presque imperceptibles. Il les aimait toutes Jan, et était presque heureux de ne pas les voir disparaitre sous les doigts des thaumaturges. Il n’y avait que celle de la joue, cinq petites griffures encore rosées, qu’il aurait préféré oublier. Elle avait les mêmes que lui. Ils étaient liés par leurs cicatrices à défaut de l’être par un patronyme.
La voiture devant disparut, la rue étaient à eux, une centaines de mètre séparant les deux bagnoles sombres.  « Et toi, tu tires toujours comme avec un pistolet à eau ? » qu’il balança, sourire bien trop grand vu la moquerie qui suintait de tout ses pores. Il fallait se préparer à toutes éventualités et même si cette mission n’était pas censé tourner au carnage, avec le Calavera on était jamais trop prudent. Les souvenirs d’une matinée au parc d’attraction en était la preuve.

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Aurelio Nava
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Empty spaces - Jeu 3 Jan - 16:08

Sarcasme.

Je l’entends. Nul besoin de mon don, nulle nécessité à posséder une thèse en psychologie, je vois ses mots devenir acide, sa salive poison. Cette mission, si elle a été invoquée pour nous rapprocher, me permet d’en déduire des choses aisées, des éléments que jamais je n’aurais voulu penser, affirmer : Alejandro me hait. Peut-être pas consciemment, sans doute pas volontairement, mais ses mots reflètent sa rancune tacite, tue, refroidie par le temps et dévorée par les vautours de son âme. L’amitié qui nous unissait n’est plus qu’un cadavre faisandé et oublié qu’un espoir fallacieux pour certain, véritable pour d’autre, souhaite ranimer. Ai-je vraiment la force de remonter ce torrent à contre-courant ?

« A peine mieux, avouais-je. Mais je suis un des mieux placer pour ôter les balles. Chacun son talent. »

Emplâtre sur jambe de bois, Alejandro n’en a que faire de mes excuses tournées, de mes slaloms. Il veut que je tue, que je morde à même l’âme de la Calavera, que je m’investisse en salissant mes mains, en couvrant mes bras et mon corps de sang. L’étrangeté du temps, de la croissance, de l’évolution, a tordu notre relation : plus jeunes, nos différences nous unissaient, nous renforçaient, comme deux organismes en symbiose. Aujourd’hui, elles nous séparent, nous propulsent loin l’un de l’autre.

Deuil.

Ma salive s’enfonce dans ma gorge, qui se noue. Je regarde tacitement un coup Alejandro, un coup la route, ne sachant lequel des deux me déprime le plus. Son sarcasme l’a enfermé dans un cercueil, il m’a clairement fait comprendre que ‘’J’étais mort pour lui’’. Depuis combien de temps ? Si longtemps. L’ami mort, l’homme demeure, nous en revenons aux cadavres et désormais je dois effacer Alejandro de ma liste d’amis, liste si fluette, si étiolée, le rayer et lui apporter des chrysanthèmes. Cela fait des années qu’il ne fleurit plus ma tombe. 

Silence.

Alors qu’il se gare. Les hommes sortent de la voiture et rentrent dans un bâtiment. Pour la forme, je le prends en photo, pour faire semblant, je prends quelques notes, quelques noms. Le moteur est coupé, seule la lumière des lampadaires nous éclaire , je ne distingue que quelques silhouettes, des mouvements abscons et sans importance.  On le sait, il restera là au moins deux heures. Les deux gorilles devant la porte s’allument une clope, l’un téléphone. Ils s’ennuient autant que nous, ils se parlent autant que nous mais au moins ils peuvent marcher, faire les cent-pas pour se vider la tête. J’en ai besoin, et aussi de vider autre chose.

Ma vessie.

J’ai une heure et cinquante minute pour pisser, minimum. Mais on doit observer les faits et gestes, l’attention des vigiles, les lumières qui s’allument et s’éteignent, les gens qui rentrent, ceux qui sortent, le temps qu’ils sont restés. On s’emmerde. Et je ne vais pas vidanger dans mon thermos, qu’il rêve ! Je le lui explique, de toute façon il n’a pas le choix.

« Je prends mon téléphone pour continuer la filature, si jamais il se passe quelque chose pendant ces deux minutes. »

Mes orbites montrent un vélo juste à côté, je pourrais l’emprunter en cas de poursuite soudaine, mais cela m’étonnerait. Je ne prends rien d’autre, ni mes clefs, ni mon porte-feuille, rien, prouvant ostensiblement que je reviendrais sous peu.

Déjà-vu.

Maintenant que je marche, je reconnais le quartier. Ses briques froides et ocres, ses immeubles ternes, reliés de câbles noirs ornés de chaussures pendantes, son goudron sale et dégoulinant d’eau des caniveau et des fuites. Et ses impasses sans lumière, sans vie, fermées par des grillages d’un vert éteint et rouillé où gisent des poubelles et des bidons calcinés. A quelques pas, vraiment, j’en connais une mieux que quiconque. Les coins sombres la nuit m’ont deux utilités, ou trois : vomir, forniquer ou peindre. Sous une lumière jaune grésillante, je le reconnais.

Salamandra.

Il est déjà passé par là. Entre deux conteneurs débordants de sacs poubelles noirs déjà visités par les rats et les chiens errants se dresse, sur un crépi théoriquement crème ou blanc, le portrait d’un homme allongé, toute en nuance de gris. Dans un style de cartoon macabre, le corps est décomposé, détaillé anatomiquement ; des parcelles de peau se soulèvent et l’on voit, couche après couche, la composition du corps de l’homme gras. Son cerveau est empli de chiffres semblables à des vers tandis que son cœur   déborde de billets et de pennys. Des nuances bleutées ça et là, des frissons sur sa peau, indique qu’il a froid car il est seul.

Graffitis.

Il y en a deux trois, sur l’œuvre, discrets, à côté de l’homme, et sur le reste des murs. Sinon, la peinture n’a pas changé, n’a pas bougé, j’en suis assez content. Derrière un bidon, je défais mes boutons et continue d’inspecter mon enfant tout en déversant les litres de thé sur le bitume froid. J’ai pris plus de temps que prévu, Alejandro va me défoncer, m’engueuler froidement, en silence, et alimenter de manière justifiée sa haine sur moi. Qu’importe désormais.

Trois.

Trois silhouettes au bout de l’impasse, qui me barrent la route alors que je veux rentrer. La coïncidence n’est pas. Je m’avance vers eux et réciproquement, sortir mon téléphone serait risquer, surtout s’il s’agit de rencontre fortuite, vue l’heure, ce sont peut-être des sans-abris voulant se refugier ici. Et je refuse de crier au loup sans preuve, bien que les statistiques soient favorables à ce que ce soit un prédateur. Ils sont à contre-jour, je ne discerne pas leurs visages, eux si. Par contre, je vois le prolongement de leurs mains, des battes télescopiques sorties naturellement, sans appel ni tir préventif.

Scalpel.

Il est dans ma manche, prêt à trancher, prêt à agir. Et d’un autre, j’use à grandes effluves mon Don. Ils se précipitent vers moi. Je les reconnais alors que je sens leur haine. Des gamins qui ont mis en cloque leurs conquêtes, leurs amours éternelles mais gâchés par la précipitation. Leurs trois femmes ont avorté chez moi, ils ne pensent qu’à elle. Ils les aimaient, même s’ils les battaient, je le sens au plus profond de mon être. J’essaie de les raisonner.

En vain.

J’esquive un coup de batte et répond aussitôt d’une estafilade, sa joue est tranchée, un flot de sang balafre sa doudoune et le mur peint. Mais ils sont trois et je reçois un coup sur l’épaule, auquel j’arrive approximativement à répondre. On échange, je les blesse fortement à chaque fois mais ils sont plus nombreux. Une attaque me surprend, la douleur parcourt ton mon bras et je lâche mon arme dégoulinant de liquide écarlate, glissante.

Désarmé.

Les images affluent. Ils étaient tout les trois en haut de la rue, en train de fumer une clope devant un bar. Ils ont vu la voiture d’Alejandro passer, il est connu chez nous,  et ils l’ont  vu se garer. Je perçois le doute, ils n’étaient pas sûr, mais nous on quand même suivis de loin et m’ont vu sortir. Et là, la rage. La colère. Et maintenant, ils la déversent sur mon corps ; l’ire des maris répudiés désinhibés n’a plus de limite. Je sens mes côtes craquer, une molaire tomber sur ma joue, de nombreux hématomes se former. Ils ne s’arrêteront pas tant que je ne suis pas mort.

La Mort.

Ils s’arrêtent car ils la sentent. Ils se relèvent, chuchotent terrifiés. Alejandro est au bout de la rue. Je souffle, me perçoit-il :

« Juste, ne les tue pas. »

Ce n’est pas de leur faute. Ils auraient pu être bons, le monde les a rendu ainsi.
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Alejandro Flores
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ANNEES : 40 ans.
CŒUR : (en couple) Sous des yeux noirs, le coeur palpite à un rythme incontrôlable.
RÉINCARNATION : (Ah Puch) Dieu Maya de la Mort
TALENT(S) : (Découpe charnelle) Doigts pareils à des scalpels (Aspiration vitale) L'eau du corps absorbé, laissant l'autre pareil à un désert. (Animorphose) Petit chat devenu jaguar (Croque-Mitaine)
FACTION : Calavera
OCCUPATION : (Capitano) En charge des combats clandestins et de surveiller les p'tits chats. Boxeur professionnel spécialité en vale tudo et propriétaire d'un club d'entrainement.
GENÈSE : (Primus) stade 5
TALON(S) D'ACHILLE : La Calavera ✙ Joaquin Costilla ✙ Son orgueil, à la limite de la connerie ✙ Les p'tits chats ✙ Carmen Benitez
JUKEBOX : The Sun, frida Sundemo
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"SO MUCH WAS SAID IN THE UNSAID"


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Empty spaces - Ven 4 Jan - 21:48


AURELIO & ALEJANDRO
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Aurelio a raison, il n’a peut-être pas le talent pour tirer mais pour retirer des balles sans causer trop de dommages, il est doué. Parfois, Jan oublie que l’ancien ami a étudié la médecine, qu’il ne l’a pas apprise sur le terrain comme beaucoup de sicario qui se retirent eux-même les plombs (Jan en premier sur la liste, les cicatrices peu ragoûtantes pour le prouver). Et il sait, au plus profond de lui, qu’Aurelio a eu raison de partir étudier, qu’il a eu la chance de pouvoir choisir sa voie à défaut de se la retrouver sous le nez sans pouvoir la refuser. Mais la rancoeur, l’abandon et la jalousie sont des caractéristiques fortes chez le capitano. Il aurait pu tout avoir Jan, s’il avait fait preuve d’un peu plus de caractère. S’il avait dit non à l’héritage, réclamer sa liberté et fuit avant de devenir esclave d’une identité. Il aurait pu, oui, mais au fond, l’a-t-il déjà voulu ? Lui-même est incapable d’y répondre, existence qu’il l’aime mais qui est la seule qu’il ait connu en fin de compte.
La voiture continue de rouler, se fait plus lente, plus calme quand les hommes de devant s’arrêtent et sortent pour entrer dans un énième bâtiment. C’est long, les planques, ça ne lui ressemble pas et ne lui a jamais plu au second. Mais parfois, faut bien revenir aux bases, histoire de ne pas oublier d’où on vient et surtout qu’il faut être capable de tout faire quand la guerre n’est pas loin. Manquerait plus que le capitano ait perdu ses talents en traque. Et puis la réalité qui lui revient en pleine gueule, le regard qui suit le corps mobile d’Aurelio. Il a envie de pisser. En pleine mission. Qu’il pisse à côté de la bagnole (pas sur les pneus hein), mais qu’il ne s’éloigne pas trop. Comme le médecin l’a si bien fait remarqué, lui sait correctement retirer les balles à la différence du capitano. Pas le temps de rouspéter ou de lui faire comprendre que Jan viendra le chercher par la peau des couilles s’il ne revient pas dans deux minutes que le chirurgien disparait. Une respiration trop longue, agacement profond chez Alejandro qui se perçoit aussi sur son faciès. La mine est soucieuse, les sourcils froncés, il ne sait plus trop quoi penser d’Aurelio, aimerait bien se tromper sur son implication qui laisse à désirer et balancer à Joaquin que le soldado se tient réellement à carreaux mais… Au fond, la trahison, bien que seulement dans la tête du dieu de la Mort, est toujours aussi intolérable. Jan a toujours eu peur de l’abandon, même s’il ne l’évoquera jamais. Il y a eu d’abord sa famille, abandon d’amour, abandon d’une tendresse. Puis Martel, abandon tout court. Puis le reste a suivi. Et le dernier fut Joaquin, abandon après un trop-plein d’amour et de désir. Et même si lui est revenu, même si la relation a été entamé et que les deux gradés ne peuvent plus se séparer en privé, la peur reste toujours ancrée. Lui qui a toujours reculé quand le coeur bourdonnait un peu trop fort, il espère qu’avec le commandante, l’amitié et la nécessité d’être à deux rompra le mauvais sort.

Un regard sur la montre de l’ainé, le bracelet de cuir noir élimé qu’il apprécie caresser du bout des doigts quand il est dans ses pensées Jan. Ça fait plus de trois minutes qu’Aurelio a disparu. Capitano jusqu’au bout de l’esprit, il essaye de se concentrer sur la mission, sait pertinemment que les hommes suivis ne vont pas sortir de là avant une heure et que… Une pause de 30s pour aller vérifier si Aurelio ne s’est pas simplement pissé dessus, ne viendra pas mettre en danger la mission. Jan réfléchit, se déteste un peu de ne pas attendre et sort en prenant soin de fermer derrière lui. Ce serait con de se faire piquer la bagnole même si Cornucopia n’est pas un quartier où les vols sont habituels. Trop bobo, trop friqué, trop surveillé aussi.
Le pas léger, les jambes qui se dégourdissent, il aurait presque un sourire Jan, si une étrange sensation ne lui tailladait pas le ventre à mesure que ses pieds le mènent dans une allée quelques mètres plus loin. Il les entends, les souffles acharnés d’hommes qui frappent. Il reconnait aussi le bruit d’un objet contre des os qui craquent. À force de combattre, le capitano a enregistré chaque sonorité qui lui rappellent les duels sur un ring ou dans la terre, dans le sable ou sur l'asphalte. Il sait quand quelqu'un se fait battre. Le corps tourne à l’angle et la silhouette se stoppe net en voyant le spectacle. Trois hommes, trois jeunes plus précisément qui frappent le soldado à l'aide de battes de baseball. Pas une seconde de réflexion, Jan ne court pas mais ne presse pas le pas. Il ferait presque les gros yeux en découvrant des visages qu’il a déjà vu dans les rues du quartier mexicain. Les coups se sont arrêtés, les gosses qui ne peuvent s’empêcher de regarder le capitano s’approcher. Ils ne fuient pas, sachant pertinemment qu’il vaut mieux discuter avec Flores que de se penser capable de se cacher plus tard.  « ¿ Quién os creéis que sois ? » C’est dit un peu trop haut, avec un peu trop de colère mais sans crier. Le corps qui se plie, la main qui se positionne sous la tête d’Aurelio, l’homme est en sale état, la caboche et le corps ne sont jamais gagnants contre trois battes de baseballs.   « J’vais pas les tuer, tu m’prends pour qui, un monstre ? »  Ça sonne presque rigolo quand c’est prononcé par Alejandro. Les yeux sont relevés vers la bande de mômes  «  Vous et moi, on discutera demain. Et pas la peine de vous cacher sous les jupons des mamas. ¿ Entendido ?… Volver a casa !» Et la bande disparait sans demander son reste. Pourquoi Aurelio, ça Jan n’en sait rien et il s’expliquera avec les gamins. « Bouge pas la tête, j’dois vérifier que t’as rien de pété au niveau des cervicales… J’ui pas doc mais j’ui pas con… Putà mais t’as fait quoi pour agacer trois mômes…  Et sur ces derniers mots, les doigts commencent à palper la colonne, les épaules, tout ce qui a pu être déboité ou pété sous les coups de battes. Jan a trois minutes avant que l’inquiétude de rester si loin de la cible pointe le bout de son nez. Trois minutes pour vérifier si Aurelio peut continuer. C'était pas censé se passer comme ça, Jan est capitano, pas infirmier.


trad : "vous vous prenez pour qui ? " "compris ? rentrez chez vous !"

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Aurelio Nava
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : Le Pape
FACE : Alfonso Herrera
DOLLARS : 426
SACRIFICES : 239
PORTRAIT :
ANNEES : 36 révolutions
CŒUR : Marié à la Tequila
RÉINCARNATION : Quetzalcóatl, Serpent à Plumes et roi de Tula. Co-créateur de la Terre et Père de l'Humain, dieu nourricier, de l'Ordre, de la Sagesse, de la Loi, du Vent et de la Lumière. Etoile du Matin chassant les ténèbres.
TALENT(S) : Souffle Empathique (Respirer vos émotions, sentiments, pensées) - Plantes Sanguinaires (Du sang pousse la Flore) - Morsure Osseuse (Contrôle des Os)
FACTION : Calavera
OCCUPATION : Gynécologue voleur d'organe et oreille attentive du Planning Familiale
GENÈSE : Primus stade 3
TALON(S) D'ACHILLE : L'humanité la plus pure : les enfants
Empty spaces - Mar 8 Jan - 18:30

Douleurs. 

La sensation s’avère particulière, étrange, celle des doigts qui glissent le long de ma nuque, pour  que je ressente chacun de mes os, de mes vertèbres sous la pression des doigts de mon supérieur. Ils réveillent chacune des cellules endolories qu’ils touchent, doigts électriques, et propagent les sensations anesthésiées par l’adrénaline. Dès que je sens la main descendue trop bas sur mes épaules, je la saisie de ma paluche libre, Jan perd son temps, excepté pour les cervicales, je sais exactement où j’ai été touché, avec quelle pression et force, et ce que mon corps a subi. Mais j’admire son professionnalisme, il m’émeut autant que m’attriste, ce reflex demeure excellent à avoir, cependant bien trop symptomatique d’une vie excessivement violente.

« Prend mon poignet gauche. »

Ma main droite se pause sur mon épaule gauche. Il sait bien faire vue comment il tient mon bras, mais en temps normal je suis meilleur dans ce domaine. D’une injonction visuelle, je le lui dis. « Tire. » La chorégraphie macabre se lance, l’épaule se remet tandis que je retiens un couinement de douleur. Après avoir craché un flot empli de sang , je me relève difficilement. Mon regard tangue et ma vision est obstruée par le gonflement d’une arcade et d’un œil. Plusieurs côtes brisées, l’omoplate probablement fêlée, plusieurs traumatismes musculaires aux jambes et aux bras qui m’ont protégé, les os de ma main gauche semblent comme broyés et je sens mon visage congestionné de toutes parts. De nombreux hématomes ont dû fleurir mais je ne crains les hémorragies internes, cependant, entre ma vision floue et tanguante et le bourdonnement dans mes oreilles, je présume une potentielle commotion.
D’un geste approximatif, j’essuie mes lèvres écarlates puis tâte mon visage boursouflé, éveillant lentement l’affliction dans chacune des parcelles sous ma peau. J’ai du mal à tenir debout, entre la faiblesse de mes jambes, le tremblement de l’adrénaline et le vacillement permanent que je perçois. Mais je vais bien.  
Je m’appuie sur un mur proche, déposant une emprunte vermeille sur la paroi, à quelques décamètres de ma propre signature, et m’empare de mon téléphone. L’appareil s’ouvre instantanément sur l’application GPS. La voiture que l’on piste n’a pas bougé, je le montre à Alejandro. Il faut juste que je reprenne mes esprits avant de marcher. Juste quelques secondes. Juste quelques respirations, douloureuses, difficiles et saccadées.

« J’ai avorté leurs femmes, crachai-je. »

De but en blanc.

Tueur.

Dans le silence macabre de la rue, ourlé d’une bruissement lointain du ballet perpétuel des voitures. Je souris à Alejandro, sans les dents qui doivent être rouge. Moi aussi j’ai ôté des vies, peut-être plus que toi mon grand. Cette note sordide en tête, cette fausse compétition dépourvue de médaille imagine, je l’efface de mon esprit et je marche, espérant que le mouvement fasse toile blanche dans le vortex de mes pensées.
Lentement, en boitant, mais j’avance vers la voiture. Dès l’angle de l’impasse, on a le visuel sur la bicoque à inspecter, à surveiller. Tout semble si immobile, comme couvert de toiles d’araignée. Eternel et poussiéreux, perpétuel. Combien d’heures se sont écoulées dans ce monde obscur de violence ? Je ressens des années, mais ce ne sont que quelques miettes de minutes ; je ne suis plus dans le même siècle, dans la même époque, le temps a fuit de ma bouche en compagnie de mon sang. J’ai vieilli d’un coup.
Non.
Cette fatigue je la connais mais je n’arrive à la saisir.

« Je les ai libérées du carcan de ce mari imposé par les circonstances, je leur ai données une vie, une liberté. »

Mes mots sont lents. Un par pas, un par mettre.

« Et leurs maris, leurs amants éphémères d'une nuit, espéraient avoir un avenir dans le gamin. Une sécurité. Une garantie à l’éternelle affection. »

La voiture est à quelques enjambées et, à l’intérieur, m’attendent des fils et une aiguille pour coudre mes quelques plaies ainsi que des anti-douleurs tant mérités. Je les attends avec hâte.

« Je le leur ai ôté et ils me haïssent pour ça. »

Leurs femmes sont parties, pour la plupart, assez loin. La distance demeure le meilleur bouclier contre la violence d’un homme désespéré et colérique. Je m’assoie enfin sur le siège passager, ma trousse de secours posés sur mes genoux. J’abats le pare-soleil et ouvre le miroir. Dieu que j’ai une sale gueule ! J’émets un petit ricanement qui torture chacun de mes membres, s’en suit irrémédiablement une grimace. J’espère cependant juste ne pas salir la voiture d’Alejandro plus qu’autre chose.  Et après avoir gobé les cachets calmants l’affliction, je sors enfin d’un plastique une aiguille.

« Mieux vaut que je sois l’être haï, voilà mon rôle. »

Fatigue. 

Elle me rappelle la veille de mes partiels post-redoublement. Ce symptôme si particulier, je le reconnais désormais : l’abus de ma magie, de mes talents à lire les émotions, les pensées, les souvenirs dans l’air tout comme transmettre les miens. Aussitôt, je clos les vannes de mes arcanes avec une difficulté jamais autant éprouvée tout en étant submergé d’une culpabilité infinie : je ne veux entrer dans la conscience d’Alejandro sans son autorisation. J’y ai failli. L’habitacle déborde désormais de nos souffles, tout s’y mêle, s’y mélange et devient une mélasse inextricable. Maintenant que je le sais, je décèle avec aisance la signature empathique d’Alejandro. Je la reconnais entre mille.

« Tu n’as pas changé. »

On dirait une sentence qui sort sans que je ne le contrôle. Mais je suis épuisé et commence à avoir des difficultés à parler. Et je m’en veux particulièrement d’avoir user de mon don sans m’en rendre compte, comme un débutant, comme un gamin, surtout en sa compagnie.
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Alejandro Flores
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Empty spaces - Mer 9 Jan - 21:47


AURELIO & ALEJANDRO
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Il parle Aurelio, parle, encore et encore et ne laisse pas Jan réagir. Il n’en est même pas capable le capitano, l’épaule remise en un crac et il s’est laissé surprendre par quelque chose qui ne connait que trop bien. Il s’en rappelle des entrainements avec l’héritier Nava, il se souvient parfaitement de ce que fait son pouvoir. Les sensations inspirées, les émotions ressenties sans pouvoir s’en protéger. Il a la tête qui bourdonne Jan, le coeur aussi, qui bat la chamade sous l’afflux de colère, de peur, de rage, de culpabilité, une soupe émotive qu’il ne peut digérer. Il pourrait arrêter de respirer, ça fonctionnerait, mais il tomberait aussi dans les vapes sans oxygène. À choisir, il préfère encore se taire. Alors les mots d’Aurelio, ses pas, ses explications, Jan les entend à peine, tentant de se protéger de ce qui afflue dans son cerveau en trouvant d'autres stratagèmes. Rien à faire, rien ne fonctionne, Jan n’est pas habitué à ressentir autant à la différence de l’homme qui marche devant lui. Mais il a quand même des difficultés Aurelio, ça se voit dans sa démarche. Le don, le contre-coup, la douleur de l’attaque, le soldado ne va pas pouvoir rester très longtemps debout à cette vitesse, tout comme le capitano qui a besoin de fermer son coeur et sa tête.
La voiture est rejointe, le dos contre la portière, le souffle est brute et les paupières clignent sous l’afflux émotif qui diminue doucement. Surement les sentiments des gamins qui disparaissent maintenant qu’ils ne sont plus dans les parages. Il a perdu en défense Jan, en abandonnant l’amitié avec le Nava. Avant, c’était plus simple, ils s'entrainaient et gagner en défense comme en attaque. Mais peut-être que ça ne vient pas que de la rupture amicale, cette difficulté à se mettre derrière la muraille, que le réveil hâtif du dieu dans sa carcasse le rapproche un peu plus de ses homologues divins. Ou que c'est son coeur le fautif, lui qui explose un peu plus chaque jour sous des émotions qu’il pensait à jamais éteintes.Trop de raisons qui peuvent expliquer son incapacité à se protéger d'Aurelio et ça l'agace.

Il réussit quand même à ouvrir la porte Jan et à se hisser sur son siège, le regard rivé sur la rue. Il se souvient du téléphone montré, de la position gps. Ils sont encore dans la course, la voiture d’en face n’a pas démarré. Ça va le faire. Sauf si Aurelio n’arrête pas son don. Dans ce cas-là, le quarantenaire ne retiendra pas ses lames non plus, il ira taillader dans la caboche du soldado pour stopper toute cette culpabilité et cette colère.
Jan étouffe un léger rire face à la répliques de l’ancien ami. Un sourcil est arqué, la nuque bascule et se pose sur l’appuie-tête. Ça fait moins mal comme ça. « Tu ne me connais plus Aurelio… »  Un sourire, pas lumineux, pas solaire, pas beau. Un sourire qui lui demande de se taire.  « Par contre toi t’as pas changé, toujours à te prendre pour un martyr ! » Les épaules sont haussées, il le sent, Jan, que le don a cessé quelques instants avant qu’il prenne la parole. Plus de bourdonnement, plus de flottement, rien que l’impression d’avoir été piétiné de l’intérieur.  « Recommence pas ce que tu viens de faire. » C’est un conseil plutôt qu’une menace. Jan sait que les dons ne peuvent être maitrisés parfois et après une agression comme celle qu'Aurelio vient de subir, ça peut se comprendre mais ça ne s’excuse pas.  « Ces filles n’en voulaient pas, t’as fait ce qu’il fallait. J’parlerais aux gamins, ils se tiendront à carreaux… Tu veux de l’aide avec ton aiguille ? Et fait pas ton premier de la classe, j’ai pas été la fac mais j’sais recoudre une tête de con comme la tienne ! Allez, file la moi. » Et cette fois-ci, le sourire est amusé, sans artifice ou colère. Si on peut rapiécer la peau, on peut peut-être rapprocher aussi les hommes.

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Aurelio Nava
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Empty spaces - Jeu 10 Jan - 17:49

«  Vas-y, fais toi plaisir.   »

Il me fait sourire, il ne devrait pas, mes côtes me heurtent à chaque soupir trop fort, trop prononcé. Mais qu’importe, voir la colère se dissiper sur son visage m’apporte un réconfort et une joie incommensurable, comme un premier rayon de Soleil après la pluie ou se nuage qui se pousse pour chauffer un court instant la peau froide lors d’une promenade printanière. Elle est toujours là, sa colère, elle est compréhensible et justifiée, d’autant plus que je suis énervé, pour les mêmes raisons.

«  Je suis désolé, je ne me rendais même pas compte, comme si j’avais pris un coup sur la tête.   »

Je tente l’humour, terrain sur lequel je n’ai jamais brillé.

«  Vraiment, je déteste ça, je m’en veux.   »

Connaître les émotions de quelqu’un n’est pas un cadeau, plutôt une malédiction ; percer des mensonges et des façades n’apporte que trop rarement de bonnes choses, de bonnes découvertes. Mais violer l’intimité des gens, je le refuse la plupart du temps car il s’agit à la fois de vol, de souvenirs, d’émotions, d’intimité, que de destruction. L’âme humaine s’avère si sensible, comme un mannequin de toile d’araignée où un seul fil brisé suffit à en faire vaciller l’équilibre. Je respecte leurs pudeurs car je le suis moi-même, pudique. Or, ma magie me met aussi à nu. Elle me place devant le plus précieux des joyaux, gardé par le plus farouche des écrins, je me pose là, tout autant dévoilé. J’impose une vision de moi-même aux gens que je viole mentalement. Et je l’ai fait à Alejandro. Trop peu de temps pour que ce soit à ce stade, mais il l’a senti, il m’a senti.

«  Par contre, j’ai...   »

Du mal à m’exprimer. Littéralement. Je le vois qu’il s’en rend compte, en même temps, il a les deux mains autour de mon sourcil, en train de recoudre mon arcade. Pense-t-il qu’il me fait mal ? Non. Je lève juste un doigt pour pas qu’il ne m’interrompe.

« Je n’ai jamais été premier de la classe.   »

J’émets un petit rire. Suivi d’une grimace de douleur. Les côtes, le crâne. Les cachets mettent du temps à faire effet, encore une quinzaine de minutes, je l’espère, avant que la peine ne soit effacée partiellement. Cependant, entre temps, elle continue de s’éveiller pernicieusement à chacun de mes mouvements, de mes souffles.

«  Et...   »

Mes mots ont du mal à sortir, la commotion est presque certaine. Rien de grave sur le long terme, mais la soirée risque d’être capricieuse.

«  Je me suis peut-être trompé.   »

Soubresauts.

Presque comme si je bégayais ou étais essoufflé. Je fais une pause et prends la plus grande inspiration possible, puis une seconde. Je continue de sourire, tout va bien.

«  Tu as changé, mais tu es la même personne  . »

La nuance, certes faible, demeure.

«  Comme… Un...   »

Cette fois-ci, se sont vraiment les mots que je ne trouve pas, l’image, la métaphore, l’explication. Aucun problème physiologique. Je plante mon regard dans celui du pilote-couturier, il est concentré mais a l’habitude de faire des sutures, cela se voit.

«  Quand un vase se brise, tu as trois solutions. Tu le répares,   dis-je après une pause,  tu en fais une mosaïque ou tu le jettes.   »

Tu es le même. Dès que je t’ai senti, je t’ai reconnu. Et j’ai aussitôt compris pour mon pouvoir. Tu m’es si limpide.
Ta signature prospère, malheureusement. Comme une boule d’éponge sous l’estomac, un tantinet douloureuse, plutôt gênante, et qui, quand on se concentre dessus, s’étend de bas en haut, dans le creux des reins, un léger frisson, dans la gorge qui se noue, dans les yeux qui s’emplissent d’émotions, et dans les lèvres au plus beau des sourires, palimpseste d’une tristesse viscérale.  Tu sais, je sais, ce qui chasse ce parasite qui saccade le travail du diaphragme. Pourtant, des piques électriques l’en empêchent, puisant ses racines dans ces mêmes viscères et alimentant par la même occasion ce vortex interne. Couple vicieux de deux symbiotes qui ne réclament qu’une seule chose pour se taire.

Chaleur.

L’exaltation d’un sourire sincère, la flamme d’une caresse amicale, des mots sortis d’une étuve fraternelle. Voilà les remèdes à tes maux, ils n’ont point changé.
Tu es la même personne, Alejandro.

«  Tu es le même vase.   »

Avec peut-être un peu trop de colle pour te reconnaître du premier abord, je te l’accorde.
Je me rends compte que je n’ai pas arrêté de parler pendant la suture, ne te laissant pas placer un mot, alors que mon phrasé s’avère lent et douloureux. Je me rends aussi compte de ce que je ressens, soudain, comme si j’ouvrais enfin les yeux, comme si ce ralenti exacerbait chaque émotion en moi. Ou bien est-ce la douleur et l’usage de mon don ? Tout ressort d’un passé enfoui, avoir effleuré l’âme de mon ami a eu l’effet d’un geyser émotif et je me retrouve à fleur de peau. Mes mains tremblent, mon œil encore capable se met à briller, je ressens une certaine clarté dans le torrent de pensées qui affluent.
Pourtant. Pourtant je n’y arrive pas. Je n’y arrive plus. Autant les mots ne sortent pas, car indécis et apeurés, autant ils ne veulent pas sortir par peur de l’inconnu. Et ma diction continue de se dégrader.

«  Mais je n’y arrive plus.   »

Chaque syllabe me demande un effort inconsidéré. Mon visage respire la faiblesse, je déteste cela, mais mon demi-regard s’acharne d’une ire infinie contre cet état, menace de s’exorbiter et de déverser cette colère de l’homme faible sur Alejandro s’il m’interrompt alors que je m’exaspère à ne plus articuler.

«  J’ai toujours eu du mal à communiquer,   clamai-je, fier, d’une seule traite d’un souffle retrouvé.  Mais je ne sais plus comment te dire, te transmettre, quoi que ce soit.   »

Effondrer.

L’épuisement s’empare de moi. Je suis hagard, mon regard pointe vers mes pieds tandis que ma main, auparavant si vindicative, tombe mollement vers la mallette de soin. Je sors les ciseaux convoités pour couper le fil de la suture terminée. Mes émotions veulent hurler tandis que mon corps veut juste se replier sur lui-même et se bercer du silence faussement réparateur.
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Alejandro Flores
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : Jojo
FACE : Diego Luna
DOLLARS : 7709
SACRIFICES : 4021
PORTRAIT :
ANNEES : 40 ans.
CŒUR : (en couple) Sous des yeux noirs, le coeur palpite à un rythme incontrôlable.
RÉINCARNATION : (Ah Puch) Dieu Maya de la Mort
TALENT(S) : (Découpe charnelle) Doigts pareils à des scalpels (Aspiration vitale) L'eau du corps absorbé, laissant l'autre pareil à un désert. (Animorphose) Petit chat devenu jaguar (Croque-Mitaine)
FACTION : Calavera
OCCUPATION : (Capitano) En charge des combats clandestins et de surveiller les p'tits chats. Boxeur professionnel spécialité en vale tudo et propriétaire d'un club d'entrainement.
GENÈSE : (Primus) stade 5
TALON(S) D'ACHILLE : La Calavera ✙ Joaquin Costilla ✙ Son orgueil, à la limite de la connerie ✙ Les p'tits chats ✙ Carmen Benitez
JUKEBOX : The Sun, frida Sundemo
RUNNING GUN BLUES :


"SO MUCH WAS SAID IN THE UNSAID"


"THE DEEPER YOU DIG, THE DARKEST IT GET"




Empty spaces - Ven 11 Jan - 17:18


AURELIO & ALEJANDRO
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Il prend l’aiguille le capitano, s’affaire à réparer au mieux l’arcade explosée d’Aurelio. La voiture n’est pas le meilleur hôpital qui existe, mais il est fin Jan, il peut se hisser sans se retrouver bloquer entre le volant et le fauteuil. Pas le plus doué, mais le plus rapide quand il y a urgence, le fil s’imprime dans la peau avec facilité. Il est habitué, à force de se rapiécer à la va-vite quand l’hybris se développe sous les lames trop pressantes. C’est ça, de vouloir se prendre pour un dieu alors qu’il n’est qu’une pâle copie de la déité. Jamais il ne sera Ah Puch et c’est ça qui dérange le monstre en lui et le fait déraper. Jamais le vassal ne sera assez fort pour le porter là où sa place se situe. Le dieu devra faire avec, accepter les défauts de l’humain comme à chaque récurrence. Pourtant, il y croit, en Jan. Il sait au fond que le capitano est l’un des rares à lui convenir parfaitement. Jamais il ne s’était réincarné en un homme qui ne montre rien de ce qu’il est réellement. Jamais il n’a choisi cette stratégie pour faire plier les autres, jamais il ne pensait qu’une bouille comme ça pouvait faire autant de dégât sur Terre.
L’oreille attentive, il reste muet Jan, écoute le flux de parole lent d’Aurélio. Le sourire est là, parfois, amusé face à la remarque sur le 1er de la classe. Il buvait trop ? Ou ne faisait pas attention ? Ça pique sa curiosité à Jan, lui qui l’a toujours élevé à un rang bien au dessus de ce que le Nava lui raconte. Aurelio et Jan, c’était comme des jumeaux. Deux enfants héritiers de familles puissantes, deux purs produits du Mexique, deux gamins qu’on attendait au tournant pour la suite de la Calavera. Mais Aurelio avait l’éducation alors que Jan avait la violence. Deux processus différents et on voit le résultat. Celui qu’on imaginait devenir une des voix de la Calavera est devenu médecin et fuyard. Et celui qu’on voulait en haut de la mafia est devenu second. L’un et l’autre n’ont pas réussi ce que leur famille souhaitait mais sont-ils malheureux pour autant ? Jan dirait non, quant à Aurelio… il n’en sait rien. Il ne sait plus rien du jeune homme qu’il a aimé comme un ami fidèle et détesté comme un traitre à sa cause.

L’aiguille file encore, s’arrête une seconde quand le soldado parle de lui. Il a changé Jan, oui. Plus violent, plus jovial, plus furieux, plus captivant aussi. Plus, tout court, sans pause ou retour arrière. Lui n’a pas été jeté comme les débris du vase, il a été reconstruit encore et encore, les fêlures devenant des cicatrises dont le corps s’est paré d’années en années. Un coup d’oeil rapide, ça le dérangerait presque, Jan, de se savoir si lisible pour Aurelio, alors que lui… Ne sait rien de son ancien ami. L’arcade recousue, les ciseaux sont rapprochés du fil alors que la déglutition devient difficile. Le moment est gênant.  Les mots sont de plus en plus difficiles et il sait, Jan, que le contre-coup s’amuse avec la fierté du Nava. Il a usé trop fort de son don et maintenant en paye le prix. La suture terminée, le corps devrait se reculer, le visage aussi, mais Jan n’en fait rien. Il hésite entre le frapper jusqu’à exploser sa jolie gueule ou lui dire ses quatre vérités. S’il n’y arrive plus, c’est qu’il n’y a rien à dire. C’est lui qu’est parti, lui qui l’a abandonné, lui qu’a préféré le reste du monde à celui qu’on lui offrait. La rage dans la gorge a un goût acide.
Il recule enfin, le dos contre le fauteuil, les yeux rivés sur la mission.  « P’tètre parce qu’il y a rien plus à transmettre Aurelio.» La voix est monocorde, sans colère.  « C’est toi qu’est parti et qu’a changé. Pas moi. Moi je suis resté, j’n’ai rien abandonné… J’n’en étais pas capable.» Lui n’avait pas le courage de partir, lui n’a jamais pu s’imaginer sans la Calavera, sans les siens. Lui n’y a jamais pensé à vrai dire, car il est à eux autant qu’ils sont à lui.  « Pourquoi t’es revenu ?» Les yeux restent imperturbables, ne cillent pas.  « Pourquoi t’as pas été bosser ailleurs ? T’aurais pu faire carrière dans une autre ville, des gamines à sauver, y’a pas qu’à Arcadia que t’en trouveras. » Une seconde de pause, une respiration.  « Pourquoi t’es revenu ?» Répétition, et cette fois-ci, le visage se tourne, les prunelles sombres sont celles du gamin qui a compris que son ami ne reviendrait plus. .

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪


You were a star, my dear, the brightest in all the skies. But stars burn out, my dear, and everything golden dies.


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Aurelio Nava
- GODS AMONGST MEN -
BLAZE : Le Pape
FACE : Alfonso Herrera
DOLLARS : 426
SACRIFICES : 239
PORTRAIT :
ANNEES : 36 révolutions
CŒUR : Marié à la Tequila
RÉINCARNATION : Quetzalcóatl, Serpent à Plumes et roi de Tula. Co-créateur de la Terre et Père de l'Humain, dieu nourricier, de l'Ordre, de la Sagesse, de la Loi, du Vent et de la Lumière. Etoile du Matin chassant les ténèbres.
TALENT(S) : Souffle Empathique (Respirer vos émotions, sentiments, pensées) - Plantes Sanguinaires (Du sang pousse la Flore) - Morsure Osseuse (Contrôle des Os)
FACTION : Calavera
OCCUPATION : Gynécologue voleur d'organe et oreille attentive du Planning Familiale
GENÈSE : Primus stade 3
TALON(S) D'ACHILLE : L'humanité la plus pure : les enfants
Empty spaces - Mar 15 Jan - 18:46

Ralenti.

Le temps file lentement, me laissant apprécier chacune des secondes, chacune des images que m’envoie Alejandro. Il semble si impassible, son masque ne tremble pas, mais j’entends la colère dans sa gorge. Et ses mots. Ses mots s’avèrent faux, sans qu’il ne le sache, sans qu’il ne le comprenne. Un à un je les encaisse, dans ce vertige d’une lenteur exacerbée, comme des balles dans mon corps, des lames s’enfonçant dans ma chair. Je m’y étais préparé. Le kevlar que j’ai improvisé ne sert ; inutile, alors que mes émotions rôdent sur mon épiderme, à la commissures de mes lèvres et dans l’angle mort de mes yeux, mon bouclier demeure faillible.

Soupir.

Et douleur, donc, physique cette fois. Elle s’atténue, doucement, s’enfonce dans des draps opiacés mais demeure, pernicieuse, dans mes os, dans mes tempes. Je me concentre dessus car elle me manque déjà, bien moins dure que les mots d’Alejandro. Je regrette les anti-douleurs, je regrette le thé, je regrette d’être venu. La joie s’efface de mon être alors que je me tourne vers mon compère d’une nuit, sans aucun sourire, sans aucune émotion, rien. Mes yeux se closent et je secoue la tête sporadiquement avant de retrouver ma place initiale, bien plus confortable.

Inconnu.

Nous sommes deux inconnus dans la même voiture, sous le même toit, forcés de se parler, de tisser des liens. Mais, nous ne le sommes point, un voile nous sépare, un tissu de mensonges et de temps, d’années écoulées, qui nous rebute autant qu’il nous plaît. Cette relation, bien plus simple, semble inconsciemment nous satisfaire.

« Tu crois que j’ai voulu devenir gynéco ? »

Le sourire me revient, un petit rire avec, léger. Mes muscles ne souffrent plus, endormis, alors je l’apprécie.

« Enfin, quand même. Sérieusement. »

Je me pointe de la main. J’ai l’air stupide, complètement blessé, et j’essaie de lui faire comprendre, car je dois économiser mes mots, que je n’ai pas la gueule de l’emploie, que je n’ai jamais voulu faire ça.

« Je n’ai pas eu mon mot à dire. C’est ma mère qui, continuai-je après une courte pause, ma mère qui a voulu que je fasse médecine. Et c’est elle qui a choisi ma spécialité. Je n’étais pas assez bon pour la chirurgie, tu sais. »

Je me souviens encore de son désarroi et de sa colère quand elle a su que je ne pouvais être chirurgien. Tant d’effort jeté, tant d’argent gaspillé, des hurlements hystériques : « Si tu ne peux voler d’organes, tu ne serviras à rien pour la Calavera. » Des insultes emplies d’une déception véritable, comme quoi j’étais « la honte de mon père », alors demander à faire de la pédiatrie ou de la psychiatrie, autant dire que je ne pouvais même pas en rêver.

« Elle a failli me tuer pour ça. »

J’attrape la mallette de soin et en sors des bandages. Je commence à préparer l’écharpe pour mon épaule endolorie.

« Je n’ai jamais voulu m’éloigner, je n’ai jamais eu la sensation de partir. Certes, je ne suis pas impliqué autant que toi, mais j’ai toujours voulu aider les miens. »

L’écharpe terminée après un claquement de ciseaux, j’enroule de nouveau le tissu. Je regarde les deux gardes, devant le bâtiment à surveiller. L’un des deux s’enfonce dans l’ombre, l’autre ne cille, toujours rivé sur son téléphone. On le scrute en silence, attendant de voir s’il va se passer quelque chose. Il revient en refermant sa braguette ; cela me rassure, je ne suis le seul à avoir des besoins naturels.

« Mais si tu veux que je parte, dis-le simplement. Je ferai ma vie ailleurs. Imagine-toi simplement que je peux enfin faire mes propres choix, je pensais que tu l’avais compris. »
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