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corde sensible (artyom)

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corde sensible (artyom) - Mar 5 Mar 2019 - 18:05

Colère. Sourde. Sombre. Agonisante. Colère. Les mains qui tremblent, le souffle court. Elle pourrait en pleurer, de rage, de dépit, de fatigue aussi. Lassée. Tellement lassée. Tu t’attendais à quoi Malkina ? Ca fait six ans qu’elle est morte, enterrée là, sous terre, dans un cimetière poussiéreux, avec juste sa fille pour seule visite, des fleurs dans les bras, à nettoyer la tombe religieusement. Tu pensais quoi Malkina ? Qu’il allait attendre ? Il ne l’a jamais aimé, enfoiré de première.
Elle a ces souvenirs qui s’emballent, qui vont et viennent, ces années de colères, de violence, son père qui frappe sa mère, comme un doux refrain. salope, pute, trainée, les insultes faciles pour une femme qu’il n’a jamais aimé. Femme même pas foutu de lui donner un gosse, juste une pauvre gamine inutile et a moitié fêlée. Malkina cachée sous la table, Malkina cachée sous le lit, Malkina qui ne fait pas un bruit pendant que sa mère pleure.
Sa mère qu’est morte et enterrée.
Et bon sang ce qu’elle lui manque.
Elle réarrange une étagère dans son magasin poussiéreux, pas de clients aujourd’hui, juste cette mauvaise nouvelle qui pourri l’atmosphère, ça sent les ordures, ça lui laisse un goût âcre sur la langue. Elle s’en doutait un peu trop, cette nana qui a presque son âge, jolie blonde qui se pavane aux bras de son père, peut être que dans dix elle aussi pourrira sous terre. Ou peut être avant.
Elle se déteste de penser comme ça Malkina, mais faut croire que des années passées au sein de la Bratva ont corrompu ce qui restait de blanc, lui ont fourré des idées noires dans le crâne bien plus envahissantes, le pardon c’est pour les faibles, et Malkina n’est plus faible. Depuis longtemps. Du moins c’est ce qu’elle essaye de se convaincre quand elle se regarde dans le miroir le matin, l’eau glacée sur la peau comme un rappel, t’es bien vivante gamine.

Y a les jours qui s’enchainent, l’idée plantée qui prend forme, c’est terrible, elle se réveille la nuit dans un sursaut de colère, la sueur le long des tempes, dans le dos, alors qu’elle revoit les images, son père étalé sur le pavé, le cœur bouffé et elle qui rigole. Ca t’apprendra qu’elle se voit murmurer, dernier baiser sur les lèvres glacées du condamné, elle sort du lit pour aller vomir. T’as encore le choix Malkina. Pourtant quelque chose au fond d’elle lui fait comprendre que non, le choix elle ne l’a jamais eu, qu’elle n’en est pas encore là, quand il sera parti là peut être qu’elle pourra commencer, effacer son passé pour s’élever. Plus de regrets plus de colère, plus de douleurs et de souvenirs, enterrer le tout, faire son deuil une dernière fois, plus rien pour l’atteindre comme ça.

Toc toc. Déguisée, camouflée, visage dissimulé sous la capuche sombre de son manteau. C’est officieux, le cœur qui bat, ça pourrait la faire chuter. Mais y a une certitude au fond de son cœur, comme si c’était le bon choix, troisième œil qui guide la voie alors qu’elle ouvre la porte du Chernobog, inspire un grand coup pour chasser toute appréhension de son visage. Marchander avec les dieux est dangereux. C’est ce qui lui répète en boucle Alla, quand elle lui démêle les cheveux, quand ses doigts usés parcourent la peau encore trop douce du visage de Malkina. Fais attention à toi princesse. Pourtant elle sait. Qu’Artyom Kozyrev est la clé, la solution. C’est son instinct qui hurle, quand elle le croise dans les couloirs, quand leurs regards se fracassent le temps d’un instant. Y a quelque chose dans l’air, entre eux, elle serait stupide de penser qu’ils sont liés par une espèce de loi supérieure, mais parfois elle se prend à imaginer qu’il voit en elle autre chose qu’une simple humaine, qu’il croit en elle comme elle croit en lui.
Alors elle tente le tout pour le tout Malkina. Place son cœur sur le plateau, s’incline un peu trop bas, offre sa nuque en signe de soumission à celui qui fait frémir la Bratva. Mais pas elle. Elle n’a pas peur. Jamais. Ses démons sont ailleurs, et ce soir elle a décidé de s’en débarrasser. « Pardonnez-moi de vous déranger. » la voix claire, posée, elle est décidée. Dans son ventre ça crame, ça brule, le cœur qui bat à cent à l’heure, quand elle réalise ce qu’elle s’apprête à demander. « J’ai besoin de votre aide » alors qu’elle redresse lentement la tête, cherche les yeux du terrible, lui montrer qu’elle joue sa vie, qu’en refusant ça serait la condamner.
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