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So Take this Night [Flashback]

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So Take this Night [Flashback] - Mar 28 Aoû - 21:10

Je me concentre sur les infos que je lis et relis sur mon pc portable, pendant que je me brosse les dents. Je me rince la bouche avec une lampée de whisky de la bouteille posée sur la tablette où trône la petite télé de la chambre, un peu piteuse tant elle est ancienne. L’ordi, jai investi au premier versement. Je ne roule pas sur l’or, j’en ai pris un pratique et fonctionnel, sans fioritures, sans capacités spécifiques. Je fais mes recherches sur le quartier où je dois me rendre, ce soir. Mes lèvres se remuent silencieusement quand j’imprime à force de ressasser les différentes directions que je peux suivre en cas d’exfiltration. Je les répète intérieurement jusqu’à ne plus buter sur l’enchaînement des rues ou sur les endroits que je dois suivre comme balises et points de repères. La gourmandise me prend de me servir un nouveau godet. Je vais devoir me laver les dents à nouveau. Le regard un rien fatigué que je me pose dessus dans la glace de la salle de bain ne me plaît pas plus que ça, d’autant que je ne vais pas encore beaucoup dormir cette nuit. Je me rase les joues. Retaille au ciseau les quelques poils de barbe qui se rebiffent autour de la moustache. Douche bouillante, pour me décrasser un bon coup avant de me mettre en route, la peau rosit sous la condensation étouffante, mais ça me fait du bien. Un rien d’ordre dans mes cheveux, et je suis paré. J’enfile des fringues discrètes. Ce soir, je dois faire le chauffeur pour une jeunette dans un quartier chaud de la ville. Pour du matériel médical. Avant d’accepter, j’avais vérifié que ça ne pourrait pas servir à de la fabrication de drogue. Drôle de demande, quand même. J’avais besoin de thunes, pour ma mère, et pour quitter ce trou à rats. Devant le lit, j’hésite une petite minute devant le paquet que j’avais ramené de l’autre nuit.


Un Glock neuf millimètres. Pas l’arme la plus précise, puissante, ni même élégante. Mais facile à trouver. Pas cher. Suffisant. Je la passe dans un holster d’épaule. Je n’ai pas de permis pour ça. Pas encore. Mais ce soir, ça peut chauffer. J’abandonne le holster, clope au bec, quand j’arrive dans la voiture. Je le glisse dans l’interstice du boitier sous mon siège. On ne sait jamais, le job est bien payé mais pas sans risques. Je relis le dernier message de ma commanditaire pour ce soir. Je me rappelle sa voix. Si douce mais ferme à la fois. Drôle de contraste. Je commençais à me développer une petite clientèle… Et même si mon emploi principal était important, Aislinn n’avait pas besoin de moi tous les soirs, loin de là. Ce soir j’étais en congés, mais je prenais le prépayé sur lequel la patronne devait appeler en cas de pépin. Espérons qu’aucune de mes obligations ne finisse par se télescoper avec les autres.


Je laisse le blouson de cuir ouvert sur mes épaules, pour me laisser une bonne liberté de mouvement. Et finis par écraser le mégot et le virer dehors d’une pichenette. J’attends en vue du McDrive où j’ai donné rendez-vous à la minette. Je regarde les environs. Je prends mes marques sur les environs. On ne sait jamais, je préfère être trop prudent que pas assez. Personne en planque ou en surveillance dans les environs. Une jeune femme arrive et s’asseoit sur une table extérieure. Je roule au pas à côté. C’est l’heure.


Je sais pas pourquoi, j’ai un sale sentiment.


Je stoppe le véhicule en double file à côté de la barrière qui délimite le parking de l’espace extérieur de restauration. Je baisse le volume de la radio dans l’habitacle.



| Madame Vendôme ? Je suis Torben Rawne. Montez. |
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So Take this Night [Flashback] - Mer 29 Aoû - 9:58

Pour la quatrième fois en quinze minutes, je regardais ma montre, comptant chaque seconde qui passait. L’heure du rendez-vous approchait.
Plusieurs semaines auparavant, le corps d’un homme arriva sur ma table d’autopsie. Le meurtre avait été fait de manière efficace et propre mais avec un semblant de haine ou de colère dans la méthode. La victime était en réalité un homme suspecté de viol et recherché par les forces de l’ordre. En passant le cadavre au peigne fin, j’avais retrouvé des empreintes et des traces d’ADN. Les unes avaient fait remonté le dossier d’un ancien militaire du nom de Rawne alors que les bribes d’ADN n’étaient pas assez nombreuses pour constituer un vrai profil.
Depuis, il n’y eut plus ce genre d’affaire et personne ne prit la peine de remonter la piste du militaire. D’après son dossier, il s’était rangé et était devenu entrepreneur. Lorsque j’avais voulu faire le lien entre les victimes, les témoignages, les plaintes et l’assassiné, je ne trouvai absolument rien qui menait de près ou de loin à ce type. Il était inconnu au bataillon.

J’avais donc décidé de mener ma propre enquête. La photo que j’avais aperçu de lui ne payait pas de mine, mais quelque chose en était ressorti. Mon instinct, d’habitude présent que pour semer le chaos autour de moi, me dictait de le rencontrer. Mais pourquoi ? Avait-il réellement un lien avec cette affaire ? Et comment aborder la chose ?
Je décidais de l’appeler. De lui demander une protection pour récupérer du matériel médical qui arrangerait mes conditions de travail. C’était un échange illégal et je ne le lui dis qu’à demi-mot. Malgré tout, il semblait assez vif d’esprit pour le comprendre. Il ne posa pas beaucoup de question, se contentant du lieu de rendez-vous, de l’heure et de la date.
Je m’attendais à quelqu’un de peu aimable, voir taciturne et je fus surprise de l’entendre aussi professionnel. Ses sons bas avaient quelque chose de suave, sans pour autant que je ne m’y attarde dessus.

Ainsi, quasiment dix jours après, je me retrouvais dans le bus en direction des quartiers protégés par la Bratva et où il risquerait d’y avoir de la chauffe. Je l’avais fait une fois, seule. Je m’étais montrée assez convaincante pour qu’on me laisse tranquille et je me promis de ne plus jamais y retourner. Dorénavant, cette promesse ne tenait plus.
Nous devions nous voir sur un parking d’un vieux fast-food aussi délabré que son personnel. Sans prendre le loisir de commander à boire, je m’assis directement sur un des bancs accrochés aux tables. Mon jean collait à ma peau et la sensation de moiteur que je ressentais était très désagréable. Mon cœur battait rapidement et je dû me concentrer pour me calmer, garder la tête froide. Ce n’était pas maintenant qu’il fallait se défiler.

Juste devant moi, une voiture se stoppa et je relevai la tête. La vitre laissa voir le même type que sur la photo, mais avec quelques rides discrètes supplémentaires. Il avait l’air fatigué sous ses airs sérieux.

« C’est moi. »

Sous son ordre, je me contentai de me levais pour contourner la barrière ainsi que la voiture. Je n’avais pas pris de sac à main, me contentant de mes papiers dans une poche et des billets dans l’autre. J’avais fait l’effort de revêtir les habits les plus basiques que j’avais, entre tennis de ville et gilet noir. Le pantalon que je portais était très vieux mais encore en état : je ne portais jamais de jean, je détestais cela. Cependant ici, il était avant tout question de survie.

Ce ne fut que lorsque je m’assis dans son véhicule antique que je percutai. Sous l’émotion, j’avais écouté sagement mais en réalité, jamais je n’aurai dû monter. Où pensait-il aller avec cela ? Et où m’emmenait-il ?

Je fus cependant rassurée de constater que les routes devenaient de plus en plus gâchées et peu entretenues. Egalement, le type de bâtiments changeaient sans cesse. Au bout d’une minute que nous roulions je décidai de briser ce silence pesant :

« Merci d’avoir accepté. »

Sa présence me perturbait : il était comme moi. Je ne pouvais dire exactement son identité, mais il était sûr qu’il était habité par le divin.
Je regardai sa main sur le levier de vitesse, inspectant par œillade discrète comment il était fait. Bien que mon attitude et mon faciès restèrent froids et distants –et que les battements de mon cœur étaient revenus à la normale-, je ne pouvais m’empêcher de ressentir une forme d’attirance. Evidemment, je mis très rapidement cela sur un raisonnement logique : il était le seul repère de ‘confiance’ tant que je serai dans ce quartier. Ainsi, toutes mes émotions se turent, restant muettes au fond de moi.

« J’ai cru comprendre que vous étiez dans l’armée avant. Cela signifie-t-il que vous êtes équipé ? »

Je regrettai immédiatement d’avoir posé la question. Même s’il était armé, on ne ferait jamais le poids contre les russes. Non pas que j’espérai que quelque chose se passe mal, mais je préférai envisager toutes les possibilités, surtout la pire.

« C’est à gauche au prochain feu. Il faut suivre la grande allée. »

En route pour l’Enfer.
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So Take this Night [Flashback] - Mer 29 Aoû - 10:37

Je lui intime de monter avant même de la « voir » précisément, avant même de la ressentir, avant même de me demander si c’est bien elle. C’est obligatoire, il n’y avait que très peu de chances que ce soit une coincidence. Je ne croyais pas aux accidents. Le moteur ronronne doucement, sans faire trop de bruit. La caisse est nickel, mais elle est vieille. Pas super fiable. Je n’ai pas encore les moyens de m’en racheter une genre grosse cylindrée allemande, hyper sécurisée et tout le toutim, que je conduirais en costard, gants de cuir et lunettes noires à la « Transporteur ». La jeune femme me confirme que c’est bien elle. D’une voix calme, qui se veut sans doute pleine de maîtrise. Décidée plus qu’assurée. C’était en général ce genre de contrats qui valait le mieux le coup, compte tenu du fait que ces gens savaient ce qu’ils risquaient, qu’ils s’y étaient préparés comme ils pouvaient. La jeune femme semble plutôt jolie, de là où je suis. Je fais mine de mater mes rétroviseurs pour être sûr que je ne suis pas déjà suivi, on ne sait jamais dans quel coup fourré on se jette, quand on accepte ce genre de contrat. Ses vêtements ne payaient pas de mine, mais je devinais des formes très féminines là-dessous. Et une gueule d’ange.



Ce que je ressentis quand elle eut contourné la barrière pour de bon m’enflamma d’un coup aussi sûrement que j’avais toisé de face un lance-flammes. C’était une déesse. Je le sentais. Et pas n’importe laquelle. Je sentais bien son pouvoir. Et j’étais subjugué par ce que je ressentais. Pas au niveau émotionnel ; elle craignait ce que la soirée pouvait devenir, et sans doute dans cette crainte se trouvait un peu d’excitation, mais je sentais surtout une grande détermination qui forçait le respect. Cette jeune femme n’était pas du genre à se laisser faire. Mais il y avait autre chose. Comme si je la connaissais. Comme si elle était comme moi. La dernière fois que ça m’avait fait ça, c’était en présence de l’autre radasse qui m’avait crâmé la tronche. Là c’était semblable, mais tellement différent en même temps. Plus fort. Je déglutissais pour me refaire une contenance quand elle entra dans la voiture. Je ne souffle mot, plus perturbé que je n’aurais su le dire. Je ne savais pas trop quoi dire alors dans un premier temps j’essayais plus de me concentrer sur ma route que sur ce qu’elle était vraiment. Chloé me remercia. Je hochais la tête, essayant encore et toujours de retenir la tentation de lire en elle. J’ai du mal à ne pas la regarder.




| Ne me remerciez pas, je ne fais que mon travail. « Assurez votre sécurité ». Oubliez les sousous de votre compagnie si vous vous faites casser la gueule. Dans l’endroit où on va ce soir, ils peuvent rien pour vous. Moi je peux. |


Je connaissais un rien l’endroit. Ses bars, ses trafics, ses putes. La zone était chaude et les mecs du coin ne se roulaient pas les mécaniques, loin de là. Les locaux sortaient leurs armes au moindre souci et ça défouraillait sévère, vous pouvez me croire. J’étais encore en train de m’acclimater aux mafias locales, à leurs usages et à tout ce qui pouvait me servir dans ce travail. Je ne me vantais pas, mais il valait mieux que Chloé soit accompagnée d’un mec qui avait fait pas mal de zones d’opérations dans sa vie plutôt qu’un bleu qui y connaissait rien. Je ressens quelque chose qui me perturbe, d’un coup. De l’attirance ? Je risque un regard dans la direction de la jeune femme, alors qu’elle me demande si je suis équipé. En temps normal, j’aurais fait une vanne. Là, je laisse juste courir mon regard sur mon épaule gauche, où elle peut peut-être apercevoir une légère bosse contre ma veste.


| Plus le coin est chaud et plus je sors couvert, madame. | Ah, ben j’ai finalement pas pu m’en empêcher. | Et oui, j’étais dans l’armée. Légion Etrangère pendant quinze ans. Enfin, seize. Sergent dans une section de reconnaissance, pour tout vous dire. C’est aussi sur le site. |


Je lui donne du « madame » d’un ton sans doute déconcertant pour elle tant il est naturel ; je n’envisage tout simplement pas d’appeler un contrat autrement. Et maintenant que j’ai une vague idée de ce qu’elle est vraiment, je sais que je me battrais comme un lion si c’est ce qu’il faut. Je hoche la tête quand elle donne sa direction. Je suis le feu et l’allée. Je me gare un peu avant, sur le bas-côté. Je la dévisage.


| Votre accent me dit quelque chose. Vous êtes française, non ? J’ai l’impression de vous connaître. Mais je suis sûr qu’on ne s’est jamais vus. Sinon, je vous aurais reconnue. |


Belle, le regard si vif, si perçant. Et cette aura… Mais au loin, on voyait son rendez-vous qui l’attendait. Je la regarde à nouveau.


| Bon, voilà comment on fait. Je vous laisse faire votre « deal » quel qu’il soit. A aucun moment je ne regarde ce que vous transportez, je fais un job légal et j’entends qu’il le reste. Je reste deux pas derrière vous sur votre droite. Pour me laisser une ligne de vue dégagée sur le groupe d’en face, avec la ligne de tir correspondante. Si ça chauffe, je vous donnerais du « madame » et sortirais une excuse pour qu’on se tire. Si ça doit arriver, vous battez en retraite sans courir mais sans vous arrêter non plus. Jusqu’à la voiture. Je laisse les clefs dessus. Je vous suis aussi vite que possible, en arrière-garde pour éviter que ça dégénère. Si je n’arrive pas, ou si vous entendez des coups de feu, vous démarrez et vous mettez les bouts ; je me débrouillerais. Si tout se passe bien, la situation sera exactement la même sur mon positionnement, les coups de feu en moins. Ok pour vous ? Comment vous vous sentez ? |


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So Take this Night [Flashback] - Sam 8 Sep - 16:46

L'homme a mes côtés était à la fois pragmatique et empreint d'un certain professionnalisme. Il savait ce qu'il faisait et il s'échinait visiblement à le faire bien. Je ne préférai pas insister de mes œillades curieuses et me contentai alors de regarder droit devant moi. Je savais peu de choses sur lui. Même en énumérant mentalement chaque pièce que contenait son dossier, je n'arrivai pas à le cerner complètement. Quelque chose clochait. Il était comme moi, d'un côté, mais ce sentiment de bien-être naturel ne pouvait qu'être faux. Je n'avais pas le droit de me sentir plus à l'aise que cela en présence d'un homme, bien au contraire. Si je ne maîtrisais pas la situation alors je me mettrai inutilement en danger.

« Les sousous ? » J'haussai un sourcil, assez amère « Si je vous ai appelé, c'est parce qu'il est évident que je n'ai pas assez d'outils en ma possession pour préserver mon intégrité physique et morale. »

Mon ton ne se haussa pas mais ma voix resta ferme. Le garde du corps se permettait de porter un semblant de jugement sur quelque chose qui ne le regardait pas et dont, en prime, il ne pouvait en saisir toute l'ampleur. Le poisson qui se débattait dans les filets du prêcheur c'était lui, non moi.

Son humour ne m'atteignait guère, je n'étais pas là pour cela. Un coup d'oeil à ma montre me permit de constater que l'heure de rendez-vous avez les caïds approchait, tout comme notre voiture de l'endroit propice.

« Légion étrangère ? » Mais il ne me laissa pas renchaîner qu'il questionna mon accent. Cela m'arrangea, je m'apprêtai à lui poser une question identique « En effet. Je suis originaire de France, région parisienne plus précisément. Ma famille y a ses racines depuis quelques générations maintenant. Et non, en effet, nous ne nous sommes jamais croisés. J'ai un cercle de connaissances très restreint ce qui me permet de particulièrement bien me rappeler de tout le monde. »

Ayant toute ma famille en France, je ne pouvais m'empêcher de nous chercher ce point commun, comme si je voulais qu'un infime fil ne nous relie, de près ou de loin. Je ne comprenais pas pourquoi j'en avais besoin, mais au fond de moi, l'idée m'apportait une certaine sérénité. Ou peut être que cela lui en apportait à Elle. D'ailleurs, Elle était totalement muette. Ni bien ni mauvaise, simplement sourde à mes appels. Aucun sentiment n'émanait, ne ressentant rien vis à vis de la situation. Alors je l'oubliai assez vite, revenant au moment présent, dans cette voiture dont chaque vis grinçait.
Je ne perçu pas immédiatement ce qu'il avait voulu dire par ce sentiment de déjà vu, de déjà rencontré. Pour ma part, j'étais bien trop terre à terre pour comprendre que c'était au delà du physique, mais plus de tout ce qui sommeillait en nous. Ou peut être ne voulais-je pas le savoir, comprenant qu'il était comme moi et même peut être comme elle.

La voiture s'arrêta près d'un trottoir, à une dizaine de mètres du hangar où j'avais rendez-vous. Son briefing fut particulièrement clair et précis, et je ne fis qu'hocher la tête jusqu'au moment où il me demanda si tout était compris.

« Je n'ai pas un eu un enseignement aussi militaire que vous mais je ne vous ferai pas défaut. J'aimerai cependant que nous rentrions tous les deux si c'est possible. Vous avez attiser ma curiosité, du moins assez pour que je veuille vous connaître un peu plus. »

Je me félicitai intérieurement de ce placement d'intérêt qui remontait plutôt au dossier du principal suspect, qu'à cette discussion décousu à l'intérieur de cette carlingue.

« Mais nous remettrons ça à plus tard. Pour ma part, je n'aurai qu'une condition, vous n'intervenez réellement qu'en cas de danger et n'interférez pas dans les affaires. Si je dois laisser le matériel ici, ce ne sera pas un problème pour moi. »

En effet, si l'on restait en vie, ce serait divinement mieux.
Une fois prête, je sortis de la voiture, mon sac sous le bras. Il était petit et peu vaniteux, n'attirant ni l’œil ni la convoitise. Le stress ne grandissait que peu, en réalité c'était plutôt l'appréhension : j'espérai que tout cela en vaille la peine. Je n'avais besoin de rien , surtout pas de danger dans ma vie, mais je n'avais eu que cette solution pour faire sortir le lapin de son terrier.

Le hangar était ouvert et des hommes de mains circulaient devant. Avant même que je n'ai pu entrer, l'un d'entre eux m'arrêta, débitant quelques mots russes. Il fut immédiatement flanqué de deux autres gars. Dans un coup d’œil discret, je remarquai Torben derrière moi, comme prévu.

« Bonsoir messieurs. Je suis la légiste. »

Encore quelques mots incompréhensibles avant qu'on ne me somme, dans un anglais approximatif, de rester là. Au bout d'une minute, l'homme avec qui j'avais déjà fait affaire se pointa.

« Mademoiselle Vendome ! C'est toujours un plaisir de vous voir... »
« Bonjour monsieur Dragskaï, de même. »
« Vous êtes venu en compagnie d'un ami ? »
« Disons une protection supplémentaire. Je préfère me prémunir de certains manutentionnaires un peu trop zélés. »

L’aplomb dont je fis preuve le fit sourire avant d'éclater de rire, les cicatrices de ses joies déformant totalement son visage. Il était laid à souhait. Pourtant, je restai stoïque.

« Je n'aurai besoin que de quelques burins et des scies. »
« Si je ne vous connaissais pas, j'aurai dit que vous étiez bouchère. »
« Oh vous savez, au fond, l'art de découper les chairs est quasiment similaire. »

Il fit volte-face, m'invitant à le suivre. Ainsi, je fais un signe de tête à Torben et nous pénétrâmes dans l'entrepôt rempli. Il nous emmena un peu plus loin, tirant une caisse avant de lancer trois ordres à ses hommes. En quelques secondes, la table devant moi fut rempli de nouveaux outils, tous aussi exotiques les uns que les autres. En réalité, j'en avais les trois quart mais c'était pour une bonne cause, alors je ne fis pas ma fine bouche.
J'examinais ceux qui m'intéressaient et je pris le temps de les toucher. A côté de ça, le patron parlait tantôt à ses hommes, tantôt à moi. Je lui répondais toujours, jetant quelques coups d'oeil aux alentours malgré tout.

« Eh bien... Semblerait-il que le choix soit difficile aujourd'hui ? »
« Oh. Je vous retarde ? Alors je vais pr... »
« Pas vraiment. Mais ça faisait un moment que l'on ne vous avait pas vu dans le coin. »
« Certainement. »
« Et il semblerait que certains de nos hommes ont disparu. »
« ...et ? »
« Et vous travailler pour la police. »
« Je suis légiste en effet, pour qui me paye. Je n'ai aucune relation avec les inspecteurs chargés d'enquête si vous voulez tout savoir. »
« Allons mademoiselleVendome... Ne me prenez pas pour un imbécile. Vous travaillez pour les forces de l'ordre, vous pouvez avoir le matériel qui vous chante aux prix les plus bas mais vous venez fouiner dans le quartier. On ne vous a pas vu depuis quelques semaines, le même temps où mes hommes sont portés disparus ou morts. Et aujourd'hui, vous venez accompagnée. Vous avez quelque chose à vous reprocher et j'ai la forte intuition que nous aussi. »
« Monsieur Dragskaï. Il y a méprise. »

Je fronçai les sourcils en reculant serrant l'une des scies sans fil que je n'avais pas reposé, dans la main. Tout à coup, le hangar se fit beaucoup plus petit et le passage pour la sortit beaucoup plus étroit. Avec la chance que j'avais je pouvais soit mourir ici, soit arriver à me protéger en sacrifiant un innocent. Le seul qui ne parlait pas russe, évidemment.
Alors je gagnais du temps.

« Il n'y a rien a me reprocher. J'étais en congés. Le matériel que vous vendez est de bien meilleure qualité que ceux auxquels le gouvernement a accès. »

Mais au vu de la tête des russes, la discussion était close depuis quelques secondes déjà.

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So Take this Night [Flashback] - Lun 10 Sep - 22:14

Je sens une forme de respect que la jeune femme nourrit pour moi et pour mes compétences. Je suis allé droit à l’essentiel, pas sans mon franc-parler habituel mais pas sans prendre de gants pour autant. J’adaptais toujours le langage au maximum avec ma clientèle. Il ne fallait sans doute pas compter sur moi pour emprunter un ton ampoulé et il ne fallait pas non plus se montrer trop exigeant sur la syntaxe, je parlais comme je pensais et je n’avais pas fait d’études, tout en me découvrant un intérêt pour la lecture et le beau verbe qu’un peu tard, pendant les longues soirées de déploiements à l’étranger, en Afghanistan ou en Centrafrique par exemple. Quoiqu’il en soit, il y a quelque chose qui me rend un rien plus familier de la jeune femme que d’habitude. Comme une forme je ne sais pas… D’appétence. Comme si nos caractères ou nos personnalités étaient faites pour s’entendre. Ne pensez pas une seule seconde que je croyais dans ces fables de coups de foudre amoureux ou d’amitié, ce genre de choses n’existait pas, et je n’aurais jamais l’outrecuidance de croire que c’était un quelconque « charme naturel » de votre serviteur qui opérait. Déjà, je manquais de la vexer par mon franc-parler un rien trop équivoque.


| Je pourrais assurer votre intégrité physique. Pour la morale, c’est surtout vous que ça regarde. Je peux juste m’assurer que vous ne fassiez ou ne subissiez rien ce soir contre votre gré. |


Je pensais bien que c’était de ça qu’elle parlait mais l’étrange tournure de la conversation m’avait fait froncer les sourcils. C’était étrange. J’avais l’impression de la connaître. Mais c’était différent de la dernière fois que j’avais eu cette sensation, avec Calliope. Je ne ressentais pas le désir oublié d’un amour antérieur. Je ressentais autre chose, et ce n’était pas du « rien », pas du tout. Comme une forme de complétude, de paix intérieure. J’avais l’impression d’être au bon endroit au bon moment. Pour l’une des premières fois de ma vie, je me sentais à ma place, dans cette voiture et avec cette femme. Etait-ce parce que le métier « rentrait », ou parce qu’elle se disait française ? Cela dit, j’accuse réception de l’information sur ses origines, sa solitude apparente. Inutile de tergiverser. Même si nous étions peut être d’une ascendance proche ? Comme avec l’autre récurrence… Nous nous étions croisés auparavant, quand Torben et Chloé n’existaient pas ? Aucune idée. Je ne connaissais pas encore grand-chose à ce monde qui s’ouvrait à moi. Nous arrivons près de la destination. Elle hoche la tête, concentrée. La peur existait mais ne prenait pas le dessus sur le reste. Et sa curiosité flamboyait plus que jamais dans son âme. La jeune femme me confirme avoir bien compris… Mais me surprend, à me demander si on pouvait rentrer ensemble. Je me demandais ce qu’il y avait derrière ça. Mafia ? Son fameux « groupe » ? Ou alors… Non, il n’y avait rien dans son cœur qui semble indiquer un sous entendu plus graveleux et plus intime. C’était de la vraie curiosité. Partagée. Comme avec Calliope, mais le sentiment était différent.


| D’accord. Je vous ramènerais chez vous, si vous préférez. |


J’avais répondu avec une certaine neutralité, mais j’étais ferme sur ce que je voulais aussi, et ce sur quoi j’étais d’accord. Je hochais bien sûr la tête en guise d’acquiescement quand elle me dit qu’elle ne voulait pas que j’interfère. Ce qu’elle me dit ensuite m’interpella un peu plus. Ce transfert n’était pas si important pour elle ? Alors je me retrouvais dans quoi, concrètement ? Une espèce de négociation entre gangs ? Le test d’un nouveau fournisseur illégal ? Dans un quartier aussi mal famé, si elle n’était pas très sérieuse en affaires nous risquions d’avoir de gros gros problèmes. Vous pouvez me croire. Je connais peu la pègre locale… Mais j’ai déjà traité avec des criminels endurcis et ils avaient la gâchette facile à la moindre contrariété. Je coule un regard inquisiteur dans la direction de Vendôme, quand elle me sort ça. Je la jauge. Elle semble sûre d’elle. Intérieurement aussi. Je la suis donc.


Nous avancions vers le hangar et des types que je sentais comme armés (et prêts à se servir de leurs armes) surveillaient les environs, ce qui acheva de me convaincre que toute cette histoire était une mauvaise idée. Je prends ma position, et j’entends les premiers échanges. L’anglais de ces mecs confirme qu’on est bien dans l’empire des Popov qui prospéraient dans le coin. L’homme confirme qu’il connaît ma cliente sous le nom qu’elle m’avait donné, et ce n’était visiblement pas la première fois qu’il la voyait. Elle me présente comme sa sécurité, ce qui durcit intérieurement la vigilance des gardes qui me dévisagent. Certains craignent ce que je peux faire, d’autres auraient bien envie de me faire ravaler ma moustache. Elle explique sa demande et je note qu’elle répond avec aplomb. L’inquiétude ne monte pas. Je reste sur mes gardes, mais tout semble se passer comme sur des roulettes. Nous pénétrons l’intérieur du bâtiment et je note que Vendôme touche les ustensiles. Elle n’a pas peur d’être prise. Mais quelque chose se passe mal. Je sens l’ambiance changer. Subtilement d’abord. La satisfaction que je prenais comme réelle pour l’homme de voir ma cliente n’était pas aussi simple. Elle était surtout dirigée vers moi, et le fait que j’étais seul. Ma main ne glisse pas vers mon arme. Mais je sens que les gros bras se durcissent encore. Si je prends mon arme comme ça, ils vont me tirer dessus sans sommation ; je le sens dans leur cœur. Disparus ? Morts ? Police ? J’étouffe un juron sous ma moustache.


Dans quoi me suis-je encore fourré ? Rassuré par l’âge, le sexe et le métier de ma cliente, j’étais passé à côté de quelque chose. Et ces mecs nous en voulaient visiblement ; ils faisaient le lien entre la française et les revers qui les touchaient. Et tout part en sucette alors que je sens l’inquiétude et la culpabilité de la jeune femme grandir et enfler dans son corps. Mais je me concentre sur les individus en face.


Je m’éclaircis la voix. Tout le monde est surpris et se retourne vers moi.



| Madame ? Je vous amène la mallette ? |


Quelle mallette ? Qu’est ce qu’il fout ? Qu’est ce qu’il veut ? L’incompréhension est générale et ma conscience se strie de points d’interrogation qui émanent de partout, sauf de Chloé, qui se met à courir comme une dératée vers la sortie. Et je dégaine mon arme que je pointe droit sur celui sur ma gauche, près de l’entrée. Deux tirs, sans la moindre hésitation. Une demie-seconde m’avait suffi à comprendre, à saisir la couleur de son âme. Il allait tirer. Pris de vitesse, l’arrière de son crâne explose et des fluides rougeâtres explosent sur la porte coulissante du hangar.


| Courez ! |


Elle a déjà saisi. Elle se barre déjà. Je tire encore, mais les coups suivants sont moins précis parce que les mecs ont répliqué. Les balles fusent et claquent comme des bourdons déchainés contre la cloison derrière moi, la perforant de part en part en faisant crisser le métal. Je réplique et vide le chargeur, sans tirer au hasard mais cadence rapide pour les faire se baisser derrière les établis et les rangées de caisse. Je cours à mon tour. Bruits de pas. Cris en Russe. Une balle me frôle tout juste et leur colère qui vient à moi est si forte qu’elle me brûle presque les fesses. Je me retourne alors que Chloé démarre la voiture et allume les phares. Réflexe, ou à dessein pour les éblouir ? Je tire mes deux dernières balles et je saute dans la voiture.


| Roule roule roule roule ROULE ! |


Pied au plancher sinon on finit en tartare avant demain matin. J’avais quelques petites questions à lui poser, à cette… Flicaille ? Ca puait le coup fourré.
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So Take this Night [Flashback] - Ven 5 Oct - 13:29

Tout se passa beaucoup... Beaucoup trop vite.
Mon corps tremblait légèrement, comme des grelottements alors que mon coeur battait à tout rompre. J'étais dans un moment où je pouvais basculer de la vie à la mort en un battement de cil. Chaque geste m'était compté et il ne fallait pas que je me rate. En moi, ça grondait. Je ne voulais pas mais je savais que je pourrais pas le retenir. Sa voix emplie ma tête qui était prête à exploser. Si Torben n'avait pas été là, peut-être alors que j'aurai tué ces hommes.

Ses ordres me ramenèrent à moi et je m'exécutais, sans laisser le temps à ma seconde conscience de faire des siennes. Bouge, bouge, BOUGE !
Je n'avais pas envie de le laisser derrière. Il ne fallait pas que je laisse derrière.
Ce qui résonna dans mon instinct fut de tout faire pour ralentir les Russes et laisser une marge de manœuvre à Torben.
Lorsque je grimpai dans la voiture, je mis les plein phares, espérant que mon garde du corps trouverait malgré tout le chemin dans la fraction de seconde où je risquai tout. Par réflexe je me baissais, au cas où des balles traverseraient le pare brise. Je ne souhaitais pas mourir immédiatement.

Rapide et incisif il toucha quelques uns des badauds avant de plonger sur les sièges. Le type n'avait pas fermer la portière que j'étais déjà partie, dévalant la rue à toute vitesse, prenant les quelques virages dans un crissement de pneus.
Quand nous fûmes sûrs que plus personne n'était à nos trousses, je ralentis légèrement le pas et Torben vint à côté de moi. Ma cage thoracique se soulevait encore bien vite, n'arrivant pas à faire redescendre l'adrénaline.

« Avant-toute chose : je ne vous ai pas menti, que cela soit bien clair. Je suis médecin-légiste et je travaille pour le gouvernement. Je suis sur une affaire avec cette racaille et... »

Je ne sais pas ce qui me prit je donnai un coup sur le volant.

« Ça m'a échappé. Vous n'étiez pas un élément indispensable mais je préférai vous ramener vivant, vous comprenez. J'ai déjà deux jours de retard, je n'aimerai pas m'en rajouter. »

Non... Non, cette fichue adrénaline ne voulait pas redescendre. Si bien que je ne me reconnaissais pas. C'était réellement la première fois que ça m'arrivait d'être prise dans une fusillades musclée avec une testostérone d'enfer qui jaillit de tous les côtés.

« Je pensais que l'espèce... d'affinité que j'avais su nouer avec eux depuis tout ce temps pouvait m'être utile. En fait pas du tout. Je les ai sous-estimé. »

J'évacuais un soupir qui me brisa le cœur et allégea mes poumons. Ce ne fut qu'à ce moment là où je jetai un œil vers l'homme.

« Sinon, vous allez bien vous ? Ils n'ont pas l'air de vous avoir blessé. »
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So Take this Night [Flashback] - Sam 6 Oct - 16:16

Quand je pointe mon arme droit vers les portes du hangar, j’essaie de faire en sorte que mes deux dernières balles comptent. Mais de nuit, avec l’adrénaline et les mouvements en face, ça n’a rien de facile. D’autant plus que leurs propres projectiles vrillent l’air avec le vrombissement de bourdons propre aux munitions de gros calibre ; du neuf millimètres, rien de moins. Imprécis et peu performant dans un duel sérieux, mais qui avait une puissance d’arrêt terrible. Si je me faisais toucher par un de ces trucs, ça allait me faire un gros trou par là où ça passerait. Le premier tir tape trop haut, claquant contre la porte métallique de l’endroit. L’autre, corrigé mais mal assuré car j’avais dû baisser la tête par instinct au même moment, dévie trop sur le côté et frôle un type que je ne visais pas. Ils m’alignent et là, je me dis quand même qu’il est temps de prendre la seule décision qui s’impose ; reculer en quête de la fuite ou d’un couvert. Je reviens dans la voiture au moment où Vendôme la démarre. Le vieux tacot obéit sans broncher. Ouf ! Je n’aurais pas eu le cœur à expliquer à mon contrat qu’on allait mourir à cause d’un carburateur qu’il fallait changer depuis un moment, mais que je n’avais pas eu les thunes pour le faire.


Elle a des réflexes, Vendôme. Pied au plancher, elle fait crisser les pneus en virant à cent-quatre-vingt-degrès et nous remet dans le bon sens. Je serre les dents alors que j’essaie de reclaquer la portière mais l’embardée du véhicule me rallonge dans le fond des sièges alors que je pousse un juron. Mais le véhicule se stabilise et nous entraîne hors de distance. On sera poursuivit, sans aucun doute, mais la jeune femme semble prendre des directions erratiques pour semer nos poursuivants. Ce serait bien le diable que ces salauds nous retombent dessus et au moins, j’avais un autre chargeur de réserve dans la boîte à gants. Inutile comme toujours, de trop en emporter ; je n’étais plus soldat mais Garde du Corps, une trentaine de balles suffisait à gérer l’essentiel des situations. En général dans mon métier, on finissait le boulot ou on mourrait avant de se retrouver à court de munitions. Je sens la peur de la jeune femme, qui la pousse à ces excellents réflexes de conduite. Je passe entre les deux sièges avant et me contorsionne pour me rassoir à côté d’elle, la dévisageant alors que je ressentais un gros méli-mélo d’émotions, dont certaines violentes. Maintenant, il me fallait des explications. Et elle me confirme bosser pour le gouvernement. Je fronce les sourcils, ne comprenant pas tout de ses explications.



| Vous êtes flic dans la scientifique, et vous enquêtiez ? Putain mais ça ne vous a pas effleuré l’esprit que ça aurait été utile de me mettre au courant avant ? |


C’est vrai quoi, avant de me rendre dans une souricière j’aurais quand même apprécié de savoir ce qui nous attendait ! Mais non, elle n’avait pas jugé utile de me prévenir. Et une flic quoi, merde ! J’avais assez de casseroles au cul pour m’inquiéter du fait de bosser avec une nana qui bossait chez les mecs en bleu. Bon, elle n’avait pas l’air de s’intéresser à mon cas. Et je me rendais compte que j’avais touché un mec par balles sous les yeux d’une fliquette. Merde… Putain, dans le genre marrade, Torben, tu fais encore dans la déconne à plein régime. Je sens tout le stress de ma vis-à-vis, et un rien de culpabilité aussi.


| Ouais, ça va moi. Plus que le mec qui s’est pris une bastos. C’est quoi ce délire ? C’est hors procédure, ou tout a été enregistré ? Et pourquoi c’est une légiste qui se retrouve à faire le sale boulot ? |


Ca sentait la merde à plein nez, cette histoire. Torben… Dans quels draps t’es-tu encore fourrés !
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So Take this Night [Flashback] - Lun 8 Oct - 20:38

« Comme je vous ai dit, il n'est pas question de mensonge. »

J'essayais de gagner du temps. Si je n'arrivais pas à lui faire avaler des couleuvres, il allait surement se contenter de me faire disparaître. Car en réalité, je n'avais aucun motif.

« Oui c'est dans la procédure et non, vous ne deviez pas être au courant mais maintenant, considérez que c'est fait. Je n'avais pas prévu le coup des hommes disparus. Ça se passait très bien jusqu'à ce soir. »

C'était stupide car en fait, mon enquête, c'était lui. J'avais fait tout ça... Pour lui. Mais comme je le pensais plus tôt : interdiction de lui avouer quoi que ce soit, au risque de me retrouver involontairement au pied du mur et Seigneur, que je détestais ça.

La bile me monta dans la gorge, frôla ma langue, avant que je ne me force à la ravaler. Pas ici. D'habitude je voyais des corps déjà morts, sans assister aux manœuvres de terrain. Ici, la scène avait été d'une rare violence et... Et je la sentais, elle, se réveiller, me cracher dessus, me rendre coupable pour tout ce que j'aurai pu faire et que je n'ai pas fait.
Oui, c'était une mauvaise idée.

« Ecoutez, je suis désolée. Et arrêtez de me crier dessus. Il ne vous arrivera rien ni de la part de la police, ni de la part de ces types, n'ayez pas peur comme ça. Celle qu'il connaissent, c'est moi et moi seule et si quelqu'un devait avoir des problèmes, ce serait certainement ma personne. Donc je vais me ramener chez moi et vous pourrez repartir chez vous. »

Je continuais inlassablement de réfléchir, d'imaginer comment la situation aurait pu mieux se dérouler. Il fallait absolument que je fasse des recherches sur ce qu'avait dit le chef de la bande. Des hommes disparus... Bluff ou non ? Aucune idée. Tout ce que je savais, c'était que je n'avais pas plus d'information sur Torben qui était quand même l'archétype du protecteur à la fois professionnel mais très impliqué.
Je ne souhaitais pas apporter de l'eau à son moulin quant à ce soir. La discussion était déjà assez animée comme cela et je m'en voulais assez d'avoir complètement foiré mon coup.
Ça aurait du bien se passer. Pourquoi le destin m'avait-il abandonné à cet instant ?
Je me réjouissais de l'absence de caméra de vidéosurveillance et autre joyeusetés du genre. Avec ceci, les mafieux ne se seraient jamais établi ici. En même temps... Je ne savais que lui dire. Mes coups d'oeil rapides dans le rétroviseur central m'indiquèrent qu'à priori, personne ne nous suivait. Cependant, un pic d'anxiété fit hérisser les petits cheveux de ma nuque : et s'ils me retrouvaient ? Après tout ils connaissaient mon nom, mon prénom et savaient que j'étais du gouvernement. Ils pourraient facilement savoir où j'habite et mes habitudes de vie. Je n'étais plus en sécurité et, pourtant, je ne savais pas quoi faire pour autant.

Perdue dans mes pensées, je ne vis le feu rouge qu'au dernier moment et frénai donc un peu sèchement.

« Désolée. La fusillade m'a perturbée. »

C'était vrai. J'étais totalement ailleurs.

« Mais nous sommes bientôt arrivés. »

Que quelques pâtés de maisons et ça ira bien. J'ai l'argent dans mon petit sac, il suffira que je m'arrête à l'angle d'une rue et je ferai le reste à pied. Si jamais ils retrouvaient Torben avant moi et tentaient de le faire parler, il ne dirait rien, car il ne saurait rien. Je pouvais au moins prendre cette précaution, après toutes celles que j'ai visiblement laissé échapper ce soir.
Quel gâchis. J'aurai pu. J'aurai pu faire et avoir tellement plus. Ca ne me ressemblait pas et pourtant....
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So Take this Night [Flashback] - Jeu 11 Oct - 21:05

Pas question de mensonge ? Mais ça commençait à me courir grave sur le haricot là, putain de merde, elle se prenait pour qui ? Bien sûr qu’elle m’avait menti ! En tout cas, elle ne m’avait pas tout dit, et j’étais très bien placé pour savoir que ça revenait un peu au même au fond. Surtout sur une information aussi essentielle que celle-là, c’était compliqué de dire et d’assumer qu’on venait de buter quelqu’un sous le regard d’une personne qui devait être de la maréchaussée. Autant dire que je m’étais encore mis dans de beaux draps. Elle me précise, Vendôme, que ce qu’elle a fait est bien dans la procédure mais je la dévisage interloqué ; elle me prend pour un con, ou je n’ai toujours pas compris comment cette ville fonctionne ? Et en plus je ne devais pas être au courant. J’étais pourtant sûr qu’en Amérique des preuves indirectes ne pouvaient pas suffire, et apparemment elle n’en était pas à son cou d’essai. Autant que je mette les pieds dans le plat vues les circonstances, il était clair que la tempête de merde qui s’annonçait était encore pour ma pomme.


| Ah, et donc, ça vous fait trop rien que j’ai tiré sur un mec sans savoir dans quoi concrètement je me lançais ? |


Bon, je ne disais pas à haute voix qu’il était mort, mais c’était ça ou coma et je n’avais plus du tout senti d’émotions dans ce type. Si je devais parier un billet, je pourrais sans doute le miser sur une balle en plein cœur, ou en plein dans l’artère qui partait vers le cou, poumon au travers. A cette distance, ça ne pardonnait pas. Mais je ne savais plus très bien, tout s’était passé si vite. Je l’avais vu s’écrouler, j’avais senti le flot de ses émotions se couper d’un coup d’un seul, en écho du coup de feu. Et c’était fini. La vie tenait à ça, au bout du compte. Vendôme essaie de me calmer mais je suis stupéfait qu’elle prenne ce qui me taraude pour de la peur. Quoi de la peur ? Qui a peur ?


| Je veux d’abord l’assurance que je serais pas poursuivi pour l’échange de coups de feu de ce soir. |


Putain de merde, c’était pourtant moi qui avait tiré le premier. Mais enfin Torben, la prochaine fois tu ne feras pas de recherches superficielles sur tes clients. Mais en même temps comment j’aurais pu deviner qu’une flic demanderait les services d’un garde du corps ? Ils n’avaient pas les ressources en interne pour ce genre de choses ? Plus j’y réfléchissais et moins je croyais à son histoire. Pourtant, je ne ressentais aucune mauvaise intention à mon endroit. Mais tout ça, c’était bancal. Elle s’excuse, dit qu’elle est perturbée. A plus d’un titre. Etrangement, j’ai moins envie de l’engueuler. Et plus de la réconforter. Repousse ton pouvoir Torben, ce n’est pas le moment. Mais il y a peut être autre chose… Ce je-ne-sais-quoi qui me taraude depuis tout à l’heure. Et elle aussi, je l’ai bien senti. Nous passons les derniers instants en silence. Elle, chamboulée à l’intérieur. Moi, perturbé par l’impression que j’avais été salement utilisé.


| Pourquoi moi ? | fut tout ce que je trouvais à dire quand le véhicule se stoppa.
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So Take this Night [Flashback] - Ven 12 Oct - 17:07

Je n'avais plus envie d'affronter quoi que ce soit, ni qui que ce soit, pour ce soir. Je voulais m'échouer chez moi et qu'on me laisse tranquille jusqu'à ce que je le décide. Tout avait mal tourné et le garde du corps commençait à démanteler ma thèse. Je ne voulais pas le blesser, je voulais simplement le prendre en défaut pour en savoir plus sur lui. Rien de mieux qu'une situation un peu moins évidente que d'autres pour débusquer un homme, mais tout ce que j'obtins furent des coups de feu et un type totalement alarmé.

« Je n'ai aucune assurance si ce n'est ma parole. Mais je sais que ça ne fait pas tout le travail. Vous êtes connu des services de police, de manière passive. Je ne saurai pas vous dire si on vous interrogera ou pas. Tout ce que je peux affirmer c'est que le gouvernement ne court pas après les mafia. Donc à moins que ces dernières ne nous retrouve, sinon personne n'est censé venir vous déranger. »

Je garai la voiture dans une place large, libre, en parallèle de la circulation. Mon appartement était perdu dans un dédale de ruelles à partir de là. Le visage fermé, je ne savais pas quoi faire d'assez judicieux pour me sortir de cette situation.
J'attrapai mon sac qui était tombé entre mes jambes, l'ouvrant pour feuilleter les billets, quand il énonça un fait qui me fit frissonner. Pourquoi lui. Pourquoi lui, qui est un ancien militaire, quelqu'un de totalement inconnu, étranger et pourtant impliqué dans quelques dossiers épineux ? Pourquoi ?
Je devais trouver les mots, sans le provoquer. Ce ne fut qu'après un soupir que je lâchai alors :

« Vous avez vu des choses que peut-être même moi n'aurais supporté. Vous aviez l'air d'avoir des valeurs, une conscience. D'être quelqu'un. Je voulais faire d'une pierre deux coups : vous voir à l'action et faire avancer mes pistes. Vous avez l'air d'être présent dans des moments qui, pourtant, vous pourrez vous porter du tord. »

J'haussai les épaules

« Mais ce ne sont que des suppositions, je ne me suis pas attardée sur les faits. Si j'avais prévu que les Russes m'accuseraient de quoi que ce soit, je n'aurai emmené personne. Ni vous, ni moi. »

Je lui tendis alors le paquet de billets.

« Gardez tout. En guise de dédommagement. Si vous avez des frais d’hôpitaux supplémentaire dans le mois qui arrive, n'hésitez pas à me recontacter, vous avez mon numéro. »

Je sortis alors de la voiture sans demander mon reste.

« Merci monsieur Rawne et bonne soirée, autant que faire se peut. »

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